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Eileen Demers, destination "Le Bonheur"

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MessageSujet : Eileen Demers, destination "Le Bonheur"
Jeu 7 Juil - 16:07



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Nous nous trouvons dans un appartement assez spacieux du centre-ville d’Ottawa. Deux personnes se trouvent dedans. Une jeune fille aux cheveux roses pâles, assise à une table, un dossier ouvert devant elle. Dans la cuisine, un grand blond avec un serpent tatoué sur l’épaule se fait du riz.

« T’en voudras Eileen ? »

La fille ne répond pas. Il fronce les sourcils et s’approche d’elle. Il s’arrête derrière elle, se penche et pose sa main sur son front. Eileen sursaute.

« T’inquiète, je vérifie juste que t’es pas malade. Tu me réponds pas en ce moment, t’écoutes au moins quand je parle ?

-          Désolée Flo. Ce dossier me prend la tête, littéralement. Mais je faire plus attention.
-          Mouais. Du coup tu veux du riz ou non?
-          Non merci, je mangerai dehors je pense.
-          Ok, ok. Mais fais gaffe à toi quand même. »

Eileen ne répond plus, elle s’est déjà replongée dans son dossier. Flo secoue légèrement la tête et retourne s’occuper du riz. Une fois préparé, il mange rapidement et enfile sa veste.

« Eileen j’y vais. Te surmène pas non plus! Et ce soir on fait la fête avec la bande d’acc ? Wil’ m’a dit qu’ils avaient une idée pour le prochain spectacle ! ça va être cool je pense.
-          D’accord. Je vous rejoindrai sur place.
-          Ok ok. »

Il s’approche d’Eileen et tendrement lui ébouriffe les cheveux.

« Prends soin de toi, jeune fille, je t’ai pas sauvée pour que ta tête explose à force de réfléchir. »


Pour toute réponse la jeune fille se contente d’un sourire un peu rêveur. Flo soupire en souriant lui aussi et sort. Eileen attrape alors un stylo et commence à remplir le dossier.

Eileen Demers
who is
here ?

◮ Genre : Femme
◮ Naissance : (Année/Lieu) 1998, Ottawa
◮ Groupe : (Humains/Monstres/Golden) Humain
◮ Orientation Sexuelle : Eileen ici marque une pause. « En quoi cela les regarde-t-il? On demande vraiment de ces choses de nos jours… Enfin, soyons honnête. ». Elle écrit donc, dans sa petite écriture en patte de mouche : Indécise
◮ Autre : (Emploi/Niveau d'étude...) Membre de la troupe d’artistes de rue « The Way », serveuse, tente de suivre des cours du soir



Eileen se lève et va chercher un verre d’eau dans la cuisine. Elle le boit en entier d’un coup et le repose. Elle se dirige vers un bureau où de multiples papiers se trouvent. Après avoir fouillé quelques minutes, elle en sort une grande enveloppe marron.

« Vous voilà. Je n’en reviens pas d’avoir résisté à l’envie de les lire jusqu’à maintenant. »

Elle l’ouvre et en sort de nombreuses lettres. Elle en sélectionne quelques-unes et les lit.

« Eileen est une fille enthousiaste, motivée. Elle sait ce qu’elle veut dans la vie et s’accroche pour y parvenir. Elle est assidue, réfléchie et posée. Parfois, elle peut sembler être sur un petit nuage, mais en réalité, elle a bien les pieds sur terre. »


Eileen rit doucement.

« Oh, que tu es gentille Lisou. Tu n’as pas tout à fait tort, mais tu mens en disant que j’ai les pieds sur terre. Je suis souvent loin dans mon esprit, et tu le sais très bien. »

« Différente. C’est le mot. Quand vous la rencontrerez, vous la trouverez étrangement naïve, pure. Un peu comme une enfant qui aurait grandi trop vite. C’est une danseuse, une jongleuse, une chanteuse. C’est une artiste en fait. Une artiste s’étant créé tout un monde. Ah ça, Eileen, elle en a de l’imagination. Et elle l’utilise à bon escient, sachez-le. »

Un sourcil se lève sur le visage de la jeune fille. Elle passe la main dans ses cheveux roses, les joues légèrement colorées.

« Pas toujours, Anthony. Mais ta description me fait étrangement plaisir. »

« Eileen, quand je l’ai trouvée, était une petite bête apeurée. On l’aurait cru tout droit sortie de la SPA. Mais une fois qu’elle a été apprivoisée, elle s’est épanouie, elle est sortie du cocon. Je l’ai vue se transformer en ce papillon rose plein de vie. Elle est prête à voler de ses propres ailes, je le sens. Elle, qui a toujours eu besoin d’un filet de sécurité, peut aujourd’hui l’enlever. Elle saura se débrouiller et se rendra compte qu’elle n’est pas « seule ». Elle qui a eu une vie si difficile a su s’appuyer sur ces difficultés pour grandir, elle ne s’est jamais laissé abattre. Et puis, Eileen, elle a le travail dans la peau. Depuis le temps qu’elle travaille comme elle le fait. C’est une acharnée, une perfectionniste. Elle est prête à 1000 et un compromis si ça peut aider. C’est une brave fille, une gentille fille. Et c’est de la vraie gentillesse dans son cœur, pas de la gentillesse intéressée. Par contre, elle est incapable d’être seule. Même si elle est autonome, pour être heureuse, elle a besoin d’une bande autour d’elle. Sinon elle déprime. Je ne sais pas comment elle fait, elle reste efficace quand elle est triste, mais elle qui a tant d’humour et un si joli sourire, c’est quand même mieux quand elle fait exploser sa joie. Prenez-en soin, c’est ma petite protégée. »

Les yeux d’Eileen se voile légèrement. On remarque que son regard devient un peu plus triste.

« Flo, tu me ferais presque pleurer. Et pourtant tu sais que j’ai appris à les enfouir mes larmes. Aujourd’hui, plus rien ne peut me les tirer. Il n’y a que le rire qui veut bien sortir. Est-ce par choix ? Je le pense. Mais je continue de me dire que cela pèse un peu trop. »

« Sourire ! Vitalité ! Joie ! Elle est tout ça notre Eileen. Mais c’est un bonheur paisible qu’elle émet. Elle est étrangement calme, malgré le fait qu’elle soit pleine de vie. Son caractère est si apaisant. Il suffit qu’elle pose sa main sur la mienne pour que je me détende tient ! Et puis sa voix… Toute douce, toute mimi ! Comme elle en fait ! Eileen c’est la meilleure ! »

Eileen secoue la tête, un sourire exaspéré aux lèvres : « Ah, tu ne crois pas que tu en fais un peu trop Wil’ ?

D’ailleurs, vous en faites tous trop. Je ne suis pas cette fille calme et sereine dont vous parlez. Je suis caractérielle, susceptible, maladroite, râleuse… Je ne suis pas aussi forte que vous le prétendez. Peut-être suis-je assez bonne comédienne pour FAIRE la forte, mais ça, l’art de jouer, c’est vous qui me l’avez appris ! En tout cas, Flo a raison sur un point, sans vous, je déprime. Et je deviens bonne à rien, je t’assure Flo. Tu ne me verras jamais aussi efficace que lorsque je me sens bien. Merci, vous tous, de me prêter votre force. »

Elle sourit doucement, de ce sourire paisible à propos duquel le dénommé Wil’ a écrit. Elle glisse les lettres dans son dossier et continue de remplir le formulaire.

he
ad
bo
dy
◮ Origine/Type : Canadienne
◮ Taille & Poids : Eileen hausse les sourcils. « Sérieusement ils demandent de ces choses… ». Elle écrit cependant : 164 cm pour 49kg
◮ Corpulence : La jeune fille soupire mais s’exécute : Mince. Peut-être un peu trop. J’ai beaucoup maigri. Je ne fais cependant plus peur à voir.
◮ Couleur des yeux : Vert
◮ Couleur des cheveux : De base châtain clairs mais désormais colorés en rose pâle
◮ Autre : (Grains de beautés/Tatouages/Piercing...) Rien.
◮ Style vestimentaire : Eileen lève les yeux au ciel. « Ils doivent être effrayés de recevoir une punk anarchiste je pense ! ». Elle écrit tout de même à la suite, dans un geste rapide et agacé : Je crée moi-même mes affaires, ce qui donne une bonne touche d’originalité et beaucoup de couleurs. Parfois cela va bien ensemble, parfois non.

La jeune fille regarde son formulaire complet. Elle y joint son CV, quelques bulletins ainsi que des lettres de recommandation écrites par certains de ses anciens employés. Elle se lève et s’étire. De grosses cernes sont apparus sous ses yeux. Il est facile de voir qu’elle dort mal depuis quelques temps. Eileen soupire et vérifie une dernière fois si son dossier est bien complet. Elle y glisse deux photos d’identité et finalement le glisse dans une grande enveloppe. Elle attrape sa veste pleine de couleur et son sac. Dans celui-ci elle met son portefeuille, ses lunettes de soleil et l’enveloppe. Elle se dirige vers le bureau et y attrape une feuille vierge sur laquelle elle écrit : « Je suis sortie poster le dossier. Croise-les doigts pour moi ! Désolée pour le léger bazar, je range en rentrant, promis. Bises, Ei’ ». Finalement la jeune fille se dirige vers la porte et sort de l’appartement. Elle descend rapidement les escaliers et se retrouve dans une des rues bondées d’Ottawa. Son regard se perd soudain au loin. Elle a besoin de courage pour avancer.

Histoire


Alors Eileen plonge la main dans son sac rouge en toile, fouille un moment, et en sort un petit portefeuille. Elle l’ouvre et en sort une vieille photo abimée depuis le temps. Deux personnes se trouvent dessus : l’une a les cheveux blonds, ou bien châtains clairs, en bataille, et un grand sourire heureux. Elle semble enfant, peut-être a-t-elle huit ans. L’autre est âgée, elle doit avoir une soixantaine d’année. Eileen se penche et embrasse la vielle dame. Alors, elle murmure, d’une voix douce, cristalline :

« Grand-mère, grand-mère tu me manques. J’ai beaucoup changé depuis ta mort, tu sais ? J’ai dû faire des efforts que tu n’aurais pas imaginés. Mais en ce moment, j’ai tellement besoin de toi. On m’avait déjà enlevé mes parents, pourquoi m’a-t-on enlevé toi aussi ? Toi qui a toujours été là pour moi.  Je me souviens de ce que tu m’as dit, ce jour-là. Tu sais, je m’en souviendrai toujours. Ta tête toute ridée était si sérieuse, alors qu’habituellement, tu étais toujours farceuse. Tu m’as attrapé le visage par le menton afin que je ne zieute pas ailleurs, et ton regard sévère s’est posé sur le mien espiègle. Alors, ta voix grave s’est élevée, un peu plus forte que d’habitude, un peu plus autoritaire aussi. Et tu m’as dit : « Eileen. Il y a quelque chose d’important que tu dois savoir. Sache que tu seras toujours l’amour de ma vie. Je t’aime plus fort que je n’ai jamais aimé quiconque, je t’aime plus que ma propre vie. Pour toi, je donnerais tout. »

Du haut de mes dix ans, je ne comprenais pas. Je t’ai dit, avec ma voix d’enfant, avec mon zézaiement : « Tu donnerais même les dents de papi ? ». J’ai vu le coin de tes lèvres frissonner. Tu as voulu rire ce jour-là, parce qu’encore une fois je te taquinais sur le fait que tu gardais le dentier de grand-père alors qu’il était mort depuis plus de vingt ans à la mine. Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que j’étais cruelle de t’embêter là-dessus. Excuse-moi, grand-mère, je n’étais qu’un gosse ne pensant qu’à jouer. Ce jour-là, tu as tout de même forcé tes lèvres à rester en place, et tu as ravalé ton rire. Tu l’as gardé dans ta gorge, dans les profondeurs de ton gigantesque ventre. Tu mangeais trop, grand-mère, c’est pour ça qu’il était si grand ton bidon. Mais je l’aimais bien, ton bidon. Tu as continué. Toujours avec le même ton solennel, le même air glaçant : « Eileen, aujourd’hui, je n’ai pas envie de rire. Aujourd’hui, j’aimerais que tu m’écoutes plus sérieusement que tu ne l’as jamais fait, afin que les mots que tu vas entendre restent non pas gravés dans ton cœur, mais dans ton esprit, cela te sera plus utile. ».

Je n’ai plus osé répliquer. J’ai hoché la tête, et tu as aussi hoché la tête, satisfaite.

« Dans la vie, des fois, tu peux te croire perdue. Tu peux être face à des décisions qui dépassent ton entendement. Tu peux ne pas savoir du tout quel choix est le bon. Je me suis moi-même retrouvée face à cela. J’ai aussi dû me confronter aux aléas de la vie. Cette vie qui a pris mon fils, me laissant avec comme uniques propositions de garder le fruit de son amour, ou de l’abandonner dans un orphelinat. Je t’ai gardée, Eileen, sais-tu pourquoi ? »

Je fis non de la tête, n’osant plus émettre un son. Tu ne parlais jamais de papa, cela te faisait pleurer. Ce jour-là, dans ton gigantesque ventre, tu as rajouté au rire tes larmes. Ta joie et ta tristesse sont allés s’y cacher.

« Je t’ai gardée, parce que j’avais beau être perdue, je savais quel était mon but. Mon but était de te permettre de vivre une belle vie, pleine de joie, de bonheur. Je ne savais pas comment j’y parviendrais, mais je savais que je le pouvais. J’ai mis du temps, je me suis perdue, mais je pense être arrivée à destination. Vois-tu où je veux en venir, Eileen ? Je veux que tu comprennes, que peu importe à quel point tu te sens perdue un jour, si tu as un but, une destination, aussi longtemps que cela te prenne pour y aller, tu y parviendras, tant que tu n’abandonnes pas. »

Que tu étais bête grand-mère. Croyais-tu vraiment qu’un enfant de dix ans comprendrait ce que tu racontais ? Mais tu n’avais pas le choix, je le sais bien. Tu n’avais aucune idée de combien de temps il te restait à vivre. Au final, tu as lutté contre une tumeur durant 6 ans. Je ne saurai jamais t’exprimer convenablement l’admiration que j’éprouve pour toi. Tu n’en as jamais rien laissé paraitre, tu as toujours fait passer mon bonheur avant tout. Merci grand-mère, merci pour tout. Je m’excuse, grand-mère mais j’ai aujourd’hui encore besoin de toi.

Lorsque tu es morte, je n’ai rien compris. Je ne te savais même pas malade. Tu avais des légers vertiges, mais tu prétextais toujours une anémie, et je te croyais. Je ne t’aurais jamais cru capable de mentir. Ta sage bouche me paraissait trop propre pour être mensongère. J’éprouve de la rancœur, grand-mère, en me disant que pendant six ans tu as lutté seule. J’aurais voulu t’aider. Tu as tout caché. Pour moi, je le sais, mais à ce moment-là, c’est à moi que je dois en vouloir.

A 16 ans, je me suis retrouvée seule, sans famille, sans habitat. Je n’avais pas les moyens de payer le loyer de notre maison. J’ai alors dû la quitter. J’ai vendu quelques affaires que nous avions, mais la plupart du mobilier n’était pas à nous mais au propriétaire, je n’ai donc pas gagné grand-chose. Finalement, j’ai dû m’adapter, faire avec comme on dit. J’ai arrêté mes études. Cela revenait trop cher. J’ai fait de la garde d’enfant. De l’aide scolaire, jamais à des plus de dix ans, je ne m’en sentais pas capable. Comme tu m’avais appris à coudre, j’ai fabriqué mes propres habits. Je récupérais les chutes de tissus chez de véritables couturières, j’achetais des hauts à 2 sous et les coupais pour leur donner une seconde vie. Les motifs, les couleurs… je mélangeais tout. Rien n’allait ensemble et on me voyait de loin. Mais je n’avais pas d’autre choix. J’ai volé pour me nourrir, désolée grand-mère. Cela me permettait de payer le loyer de mon petit deux pièces. Tu sais, je n’ai jamais cessé de penser à tes paroles. Je me suis toujours donné une destination. A cette époque, mon but était de continuer à vivre. Malheureusement, le temps était cette fois limité.

Un jour, j’ai rencontré ce garçon. Il était tout ce qu’il y a de plus atypique. Un grand dadais de 1m92 me disait-il. Percé et tatoué de partout. Il venait souvent dans ce bar où je travaillais depuis un peu plus de six mois comme serveuse. Je travaillais tard à ce moment-là. Je commençais à 19h et ne finissais jamais avant 3 ou 4h du matin. Ce n’était pas facile et j’avais beaucoup maigri. Il m’a vue de loin et a remarqué ma fatigue. Il est resté tard, ce soir-là. Il m’a aidé à ranger la salle. Nous nous sommes finalement assis quand tout était propre et il m’a demandée de lui raconter ma vie. Il disait qu’il sentait que j’avais quelque chose à partager. Il était étrange, grand-mère, mais je n’avais pas parlé de ma vie à quelqu’un depuis ta mort. Alors tout est sorti. Les larmes coincées dans ma gorge se sont échappées, mais aussi des rires. Des rires nerveux, des rires fatigués, ainsi que des rires heureux. Ce garçon était gentil, grand-mère, il m’a rendue le sourire. Lui aussi était seul. Enfin, orphelin. Seul non. Il avait une bande. Une bande d’artistes de rue. Des musiciens, des jongleurs, des magiciens, des acrobates, des danseurs ! Il m’a demandée de chanter. Je n’ai d’abord pas voulu. Puis il m’a dit qu’il m’avait souvent entendu le soir, quand je rangeais. Je chantais cette chanson française, « De si de larmes », grand-mère, parce que tu la sifflotais tout le temps. Alors j’ai laissé les sons s’envoler d’entre mes lèvres. Timidement au début, puis plus assurément. Et j’ai vu le sourire du garçon. Quand j’eus fini, il me serra dans ses bras et s’exclama avec un enthousiasme communicatif :

« Je m’appelle Augustin, mais on m’appelle Flo’ parce qu’Augustin ça sonne mal ! Et toi tu vas apprendre à jongler et chanter en même temps ! »

J’ouvris des yeux ronds. Que me racontait ce fou ? Mais en même temps, c’était un espoir qui naissait.

« Déjà, qui c’est ce type qui te fait bosser si tard ? Il n’en a pas du tout le droit ! T’es surchargée ma grande ! Donc on va lui causer et on va améliorer tes horaires. Toi tu vas faire partie de notre petite troupe tu vas voir, et comme ça t’auras assez de thunes pour suivre des cours du soir au bout d’un moment. Cette année tu mets tout de côté, et l’année prochaine ça ira comme sur des roulettes ! »

Grand-mère, tu l’aurais entendu parler tes poils se seraient hérissé ! Mais ce garçon était si vivant, si heureux, si confiant, qu’il changea ma destination « continuer à vivre » en « vivre en étant heureuse ». C’est ce fil qui m’a aidée.

Dès le lendemain il me présenta à la troupe. La compagnie « The Way ».

« Pourquoi « The way » ? » leur ais-je demandé.

C’est une blondinette aux multiples couettes qui me répondit, les joues légèrement rosies. C’était Lisou, elle était plus timide que les autres mais pour lutter contre cela elle faisait du théâtre.

« Ici, aucun d’entre nous n’a eu une vie facile. Nous sommes tous seuls, sans famille je veux dire. Mais finalement, « The Way », c’est le chemin que nous empruntons tous pour nous guider vers une forme de bonheur. C’est ce qui nous donne de la force. »

Je hochai la tête. J’avais un peu l’impression de t’entendre, tu sais. Je compris vite que leur meneur était Flo’. Il dirigeait tout avec un sérieux assez surprenant. Il partait à la recherche de personne « comme nous ». Il disait qu’il avait le flair pour trouver les gens malheureux et leur permettre de sortir le pied qu’ils avaient déjà mis dans la tombe. Ce n’était pas joyeux, mais c’était vrai. Avant qu’ils ne me récupèrent, je craignais d’abandonner.

L’année passa. Mes cheveux avaient été teints en rose pâle. Ils disaient que c’était plus drôle si on était tous « différents ». Et c’est vrai qu’on ne se fondait pas vraiment dans la masse. Tout le monde se tournait sur notre passage. Je fus acceptée pour des cours du soir. Mais ces cours étaient bien trop chers. Mon loyer et ma nourriture devenaient impossibles à payer, malgré les sous rapportés par nos petits spectacles et mon salaire de serveuse. Les membres de la troupe me logèrent alors chez eux, chacun leur tour. Au bout de deux mois, je ne pus plus supporter d’être un tel fardeau. J’entendis parler d’un site. Un site aux propriétés étranges. Apparemment, il permettait d’exaucer un vœu. Je passai une nuit dehors, sur un banc, à y réfléchir. Je sentis cette hésitation me parcourir. Je pouvais changer le cours de ma vie. Te faire revenir ? Demander de l’argent ? Souhaiter… le bonheur ? J’étais perdue. Totalement. Et alors, j’ai repensé à toi, grand-mère, à tes sages paroles. Je me suis demandée quel était mon but. Ma destination était « Le bonheur ». Ce site pourrait-il me l’apporter ? Non. La joie, les plaisirs, tout cela n’est rien s’il n’a pas de raison d’être. Et si la nature t’avait prise à moi, ce n’était pas en te ramenant que le bonheur reviendrait. C’était inutile. J’ai alors pris une meilleure décision. J’ai ravalé mes peurs, ma fierté, et comme toi avec ton rire et tes larmes, les ai enfoui dans mon ventre. Je me suis levée et suis rentrée. Avant d’aller dormir, j’ai passé des heures à chercher des bourses, des cours du soir à prix réduits. Et j’ai trouvé cet endroit. Des cours offrant aux étudiants au meilleur dossier une possibilité de réduction. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’en remplis les papiers.

Grand-mère, j’ai une question. Comment faisais-tu pour tout garder dans ton ventre ? Etait-ce grâce à sa grande taille que tu ne souffrais pas ? Parce que le mien semble sur le point d’exploser à tout moment. Grand-mère, j’en ai dans le ventre, j’en ai sur le dos, j’en ai des fourmis dans tout le corps tant cela pèse. Grand-mère, tu as tant fait pour moi. Aujourd’hui, je veux bien y retourner, mais j’ai une faveur, une dernière faveur, à te demander. Tu disais toujours que j’étais une petite fille forte. Mais ma force, c’est la tienne en vérité. Celle que tu m’as donnée tout le temps où tu étais à mes côtés. Alors, s’il te plait, grand-mère, où que tu sois, prête m’en encore un peu. Je ne suis pas perdue, mais pour continuer à avancer, je risque d’en avoir encore beaucoup besoin. »

Les passants autour d’Eileen la dévisage, la contourne, la bouscule. Elle reste au milieu de la rue, sans bouger. Elle passe doucement son doigt sur le visage de sa grand-mère, puis finalement range la photo. Elle regarde le ciel gris, autour d’elle.

« C’est vrai qu’il était censé pleuvoir aujourd’hui. Je vais vite rentrer avant de finir toute mouillée. »

Eileen sourit en regardant ce gigantesque ciel. Elle songe au ventre de sa grand-mère, chargé d’émotions, et murmure.

« Peut-être que c’est ça, ton secret, grand-mère. Tes rires, tes peurs, tes colères, tes pleurs… tu ne les gardais pas en toi, mais tu les envoyais là-haut. Tu avais bien raison. »

Elle fourre les mains dans les poches de son long manteau plein de couleurs et fait demi-tour afin de rentrer dans son logement de la semaine. Elle sourit, car elle sait qu’elle n’est pas perdue.

.


Le Joueur

◮ Prénom/Surnom : Zoé, toujours les mêmes surnoms ^^
◮ Âge : 17 ans
◮ Comment as-tu trouvé le forum ?Partenariat ^^
◮ Et comment tu le trouves, maintenant ? Encore mieux qu’au début !
◮ Qu'est ce que t'inspire le mot "Outaouais" ? Se référer à cette fiche
◮ Quelque chose à dire ? Désolée pour l’extrême longueur de cette fiche, vous venez de lire ma première nouvelle je crois.




Dernière édition par Eileen Demers le Jeu 7 Juil - 16:30, édité 1 fois
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MessageSujet : Re: Eileen Demers, destination "Le Bonheur"
Jeu 7 Juil - 16:29



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Re-bienvenue !
J'adore la façon dont tu as écrit.
Comme dit, je te veux comme grande-soeur pour mon TC.
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MessageSujet : Re: Eileen Demers, destination "Le Bonheur"
Jeu 7 Juil - 17:00


Humain
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Humain

Personnage sur l'avatar - Anime : Elizabeta Héderváry (Hungary) - Hetalia: Axis Powers.


You’ve got to take your mind off him
But not with aspirins


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OMFG ❤

Ta fiche est trop belle, trop jolie ! Un peu triste mais tellement belle que j'ai même pas pleuré /PAN. On a juste envie de prendre Eileen dans nos bras et de lui faire un gros câlin.... !

Donc je te valide Of course ❤️

Petits liens utiles
Après la validation

Rescencement de ton avatar : WWW.
Fiche de Relation : WWW.
Demande de RP : WWW.
Le Flood : WWW.
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MessageSujet : Re: Eileen Demers, destination "Le Bonheur"
Jeu 7 Juil - 17:07



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Merci vous deux ♥
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MessageSujet : Re: Eileen Demers, destination "Le Bonheur"



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Eileen Demers, destination "Le Bonheur"

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