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Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.

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MessageSujet : Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.
Mer 27 Juil - 20:19


Golden
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Golden

Démon : « Iactura », petit-frère jumeau de Desiderium, le panda oeuvre à faire culpabiliser Éloïse sur la perte de son premier enfant. Il aime à l'inquiéter et grossir ses frayeurs, principalement sur la potentielle perte de leur second bébé, vociférant que celui-ci la haïra de toutes façons de ne pas connaître son grand-frère.
Personnage sur l'avatar - Anime : O.C. - Sakimichan.


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Éloïse Hildegarde ; Desmiers de Chenon
who is
here ?

◮ Genre : Femme.
◮ Naissance : 1978 (38), Versailles.
◮ Groupe : Golden.
◮ Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle.
◮ Autre : Photographe/graphiste professionnelle.


Calme ⁑ Silencieuse ⁑ Protectrice  ⁑ Directe ⁑ Franche ⁑ Directive ⁑ Ingénieuse ⁑ Prudente ⁑ Distinguée ⁑ Taquine  ⁑ Douce ⁑ Bornée ⁑ Cartésienne ⁑ Passionnée ⁑ Gloutonne  ⁑ Organisée ⁑ Fidèle ⁑ Revancharde ⁑ Impartiale ⁑ Incorruptible  ⁑ Flemmarde ⁑ Moralisatrice ⁑ Confiante ⁑ Détendue ⁑ Généreuse ⁑ Maniérée ⁑ Froussarde ⁑ Orgueilleuse ⁑ Joueuse ⁑ Exploratrice ⁑ Casse-cou ⁑ Mélancolique

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◮ Origine/Type : Française/Type caucasien.
◮ Taille & Poids : Un mètre soixante-quatorze & soixante-huit kilos.
◮ Corpulence : Moyenne.
◮ Couleur des yeux : Naturellement bleue/vert, porte des lentilles gris clair.
◮ Couleur des cheveux : Initialement châtain moyen, teints en rouge cerise.
◮ Autre : Grain de beauté sous le sein gauche. Tatouage démarrant d'entre ses clavicules et s'étendant jusque sur sa poitrine. Oreille droite percée trois fois à l'hélix. Oreille gauche percée une fois à l'hélix.
◮ Style vestimentaire : Maquillage et style vestimentaire très pin-up des 50's, rockabilly. Tente de rester féminine et soignée malgré son début de grossesse. N'enlève jamais son alliance, sous aucun prétexte.
Histoire
Le soleil perce à travers les persiennes, lentement, comme pour ne brusquer personne. Pourtant, un râle se fait entendre malgré tout. Une voix s'élève, forte bien que féminine, et un autre râle se perd, ricochant dans le silence de la pièce. Bientôt, un morceau au drôle de marron paraît sous la couverture, puis s’agrandit. Et c'est finalement une masse de cheveux digne d'un lion, ébouriffée à souhait, qui coule jusqu'entre les reins d'une singulière Vénus. Ses yeux s'ouvrent, délivrant leur couleur semblable à la jade, mais elle les frottes malgré tout, pour s'assurer qu'ils ne tentent pas de la replonger entre les bras de Morphée. Ce que la personne, étendue à ses côtés, n'aurait certainement que moyennement apprécier. Elle tourne la tête, après s'être mieux installée, assise dans le lit, le dos contre la tête de celui-ci. Et une drôle de grimace déforme, un court instant, son visage aux traits de chérubin. Sans vergogne, elle replie une jambe vers elle, pose le pied sur l'épaule de ce jeune homme encore assoupi, et le pousse ainsi jusqu'à ce qu'il chute des draps. Son petit rire, cristallin, enchanteur, ne pardonne pas son geste, mais le miel de lueur dégoulinant de ses joues rosées fait élégante diversion à ce semblant de méchanceté. Véritable angelot enveloppé dans ses draps rêches, s'efforçant de caresser de leur mieux sa peau de porcelaine, elle monopolise tout en simplicité l'espace de cette étroite chambre. Les ombres jouent, paressent contre sa poitrine, puis s'étirent, se pliant, tombant à ses pieds comme dans une supplication alors qu'elle se déplace sur cette couche bruyante. Son corps se penche, ses bras s'étendent jusqu'à sa victime encore sonné au sol, et bientôt elle le rejoint, dans un autre petit rire, se blottissant contre lui. Ses bras l'entourent, l'enlacent, la garde du froid encore cruel de la saison. Et elle se perd dans son odeur, dans la vibrance de cette fragrance masculine qui l'apaise toujours. Ses lèvres se glissent contre son cou, avant qu'elle ne vienne mordiller son oreille, taquine, et le même jeu d'attirance que la veille reprend sa danse exotique, le flot de caresses accélérant les battements de coeur et, par extension, les respirations. Leurs souffles se pressent l'un contre l'autre, s'écrasent, se confrontent, le drap venant les recouvrir, abritant leur rencontre.

Encore une fois, ses yeux peinent à s'ouvrir. Elle se soulève, le corps  douloureux, et se crispe presque instantanément. Un coup électrique, comme une violente décharge, lançant son bras, faisant tourner son esprit pendant une fraction de secondes. Ce temps, même si court et insignifiant, niche déjà à ses yeux pâles de lourdes larmes de douleur, de tristesse. Le rêve avait tourné court. La tendresse, la passion, a cédé la place à une sorte de rage profonde. Son amour pour son petit-ami la retient pourtant, la tient silencieuse, presque muette. Elle secoue la tête, avec une sorte de détermination pitoyable, et sort du lit, en laissant tomber les draps tâchés de minuscules cercles cramoisis. L'une de ses mains remonte jusque devant son visage et, les larmes revenant à la charge, elle rit amèrement. Elle s'est elle-même enfermée ici. Elle s'est coupée de sa famille, d'une mère aimante, d'un père soucieux, pour suivre cet amour fou. Mais vivre à deux dans un petit appartement n'est pas tâche aisée. Et, sans moyens, sans emploi, elle n'est qu'un poisson à la merci d'un requin. Le pas lent, lourd, difficile, elle s'avance vers la salle de bain et, une fois la destination atteinte, se poste devant le miroir, redoutant pourtant de regarder celui-ci. Les hématomes de la dernière fois ont a peine eut le temps de s'éclaircir que, déjà, elle remarque une nouvelle atrocité. Le sang séché à ses lèvres craquelées glisse sur sa langue un goût répugnant, bien qu'imaginaire, de fer. Elle a fuit, à vouloir la grande vie, la majorité à peine installée dans ses valises. Mais ce n'était pas tout-à-fait comme elle l'avait espéré. Elle se penche en avant, comme pliant sous son propre poids, et rit encore, d'un rire rendu rauque par sa gorge sèche et serrée. Il n'y avait décidément pas de prince charmant.

Ce jour est un jour différent. Aussi souvent et fort que possible, elle fait tourner cette pensée dans son esprit. Le coeur battant à tout rompre, bruyant tambour emprisonné dans sa cage thoracique, elle s'empresse de finir de réunir ses affaires, lançant presque les vêtements qu'elle entasse dans sa valise. Toute la matinée, assise sur le canapé, elle a remué cette option. Trop effrayée auparavant d'opter pour, elle a fini par en venir à ce point de non-retour. Ses mains, tremblantes, hésitantes, viennent effleurer son fragile cou sur lequel tournent de longues et épaisses marques violettes. Elle ne parle plus à ses amis, ne parle plus à sa famille, reste cachée ici comme un meuble, un objet. Elle ne fait jamais qu'attendre son retour. Ce jour, finalement, frappe à sa porte. Parti ce matin, il ne revient qu'à la fin du week-end et n'a pas pu l'emmenée par faute de moyens. C'est l'occasion rêvée. Stressée, à la frontière d'une folie murmurant son prénom, elle se tourne sans cesse, guette la porte comme s'il menaçait de revenir par surprise. Mais il n'y a jamais que le son de son souffle anarchique. Pourtant, le moindre semblant de bruit l'affole. Il est temps de partir. Appuyant son poids sur sa valise, elle la ferme d'un coup sec, et, en larmes sous la pression étouffante, quitte ce lieu maudit. Les sortes de spasmes de son corps n'arrange rien à son état et, lorsqu'elle sort son téléphone portable de sa poche de jean, c'est après trois tentatives qu'elle parvient ainsi à appeler sa mère. Celle-ci, comme si elle attendait depuis toujours son appel, décroche presque immédiatement. Et la voix effondrée de l'autre côté du téléphone lui dit alors venir la chercher.

Sur le balcon relié à la salle à manger, assise sur une chaise longue dépliée, elle regarde le ciel tournant doucement, les nuages amplifiant cette impression de ronde magique. Revenir à la maison aura été une véritable délivrance. Les premiers temps, avec de lourdes histoires de plaintes, avaient été complexes, principalement quand il avait fallu photographier toutes les marques que son ex-petit-copain avait laissé sur son corps meurtri. L'esprit vagabondant, elle ne remarque pas les amis qui se réunissent dans son dos pour la surprendre, sautant au-devant d'elle en criant un grand coup. Elle hurle à son tour, en se redressant vivement, puis éclate de rire. Cette histoire a fait beaucoup de bruit, et beaucoup sont venus la soutenir. Elle se lève, enlace cette joyeuse troupe d'idiots heureux, et soupire d'aise. Ici, l'air est bon. Les gens sont aimables, gentils, et la protègent de ce mal qui l'a frappée et traumatisée. Pourtant, souvent, de mauvais souvenirs, peuvent naître les promesses de bons souvenirs. Emmenée un soir par une amie à une expo photo, elle y découvre la passion de la photographie de paysage. Et opte alors pour se remettre à étudier, afin d'obtenir, bien que très en retard, un baccalauréat professionnel de photographie. Les études sont complexes, surtout pour quelqu'un n'ayant plus pour habitude d'étudier, mais la volonté reste intacte. Jour après jour, elle se consacre de plus en plus à cette vocation, reprend de sortir, reprend goût à la vie, et photographie de très nombreux paysages aux allures de petits coins de paradis. Ce sont ses versions de cabanes d'enfant, ses secrets bien gardés, malgré qu'elle soit âgée de la vingtaine. Ses parents et amis, rassurés de la voir redevenir légèrement plus sociable, moins craintive, soutiennent ses efforts, fidèles piliers portant le poids d'un passé sur lequel elle tente de tirer un trait.

Le soleil n'est pas encore levé, mais les oiseaux les plus matinaux chantent déjà, à chants doux, discrets. Perchée dans un arbre, son appareil photo fidèle dans les mains, vieux polaroïd dont elle est tombée amoureuse dans une brocante, elle admire les couleurs dansant dans le ciel. Les premières couleurs du jour. Le bleu, petit à petit, s'étire, s'étend, glisse sur l'horizon et gagne une teinte rosée, laquelle plonge sans retenue ensuite dans une onde orange, puis d'un rouge flamboyant. Les environs s'embrasent, un instant, d'un feu comme réservé, d'un feu si longtemps admiré que l'on ne sait certainement plus en voir la vraie beauté. Pourtant, tout ce qui se déroule sous ses yeux lumineux, comme vivants d'une essence propre, elle a le sentiment de le vivre pour la première fois, encore une fois. Depuis l'obtention de son appareil, c'est une tradition de se lever avant l'aurore, pour prendre en photo un nouveau jour de liberté. Personne ne s'en inquiète, tout le monde en comprend le sens. La peur, qui niche encore en son coeur, parle sans honte de cette histoire qu'elle a vécu, à laquelle elle a réussi à survivre. Et c'est avec un bonheur immense que, chaque matin, elle se perche dans son arbre, pour immortaliser son existence aux travers de celle de la vie. D'un geste ample, mais adroit, elle replace derrière son oreille trois fois percée une longue mèche d'un rouge vibrant. Ses yeux, camouflés, protégés semble t-il, par un iris gris factice, avalent les couleurs, les lumières, comme une seconde naissance. Cette muraille qu'elle s'est construite, afin de n'être ni reconnue, ni plongée dans le passé, la garde à la fois ouverte et recluse, prudente mais fugitive de son propre château. Elle vit, stable de par les contraintes qui jonchent son chemin, une vie plus noble, sans dangers qui ne viennent d'elle-même. Un instant, elle baisse la tête, r-ajustant le bustier emprisonnant ses courbes généreuses, et admire, sur ses seins, cette rose fleurie, épanouie, qu'elle a souhaité gardé à jamais encrée dans sa peau. C'était une douleur juste, pleine de sens, un acte entièrement réfléchi, comme si elle criait que l'ange aux ailes arrachées avait trouvé un autre moyen de rejoindre ses confrères dans le coton à la douceur idyllique des nuages.

La vie, ce n'est pas seulement une horde de petits plaisirs. Pour en profiter, et elle le savait bien, il fallait aussi donner une contre-partie. La sienne, du fait du rang plutôt important de sa famille, fut de devoir accompagner quelques de ses amies à de nombreux gala de charité. Et c'est ainsi que, verre à la main, elle se retrouve au milieu d'une foule à la passion dansante inévitable. Les robes tournent, quelques rires cassés s'élèvent parfois, bruits d'apparences comme obsolètes mais reines de ces lieux. Son diplôme en poche, et un travail dont elle a rêvé dans les mains, elle refuse avec politesse de photographier les invités, précisant à chaque fois que ce n'est pas de son domaine. Alors, la foule se rassemble un peu, bavarde autour d'elle, même si bientôt elle n'est plus qu'un sujet, et non plus certainement une personne réelle. Les regards s'échangent, jacassent de ses talents, mais oublient certainement sa présence. Ainsi, elle s'esquive à ce brouhaha interminable, et s'en va retourner chez elle. Pourtant, quelques temps après, il est question à nouveau dune réception. Et ne pouvant pas y couper, ses mignons petits pieds s'y retrouvent à nouveau. C'est une ronde qui ne connait pas de fin, qui l'ennuie, mais à laquelle il lui a été expressément interdit d'échapper. Sa mère, en alliance de commérages avec ses amies, vise à lui trouver un mari, à ce qu'elle se pose et vive dans les rangs, afin de pouvoir s'assurer de sa sécurité et de son bonheur. Pourtant, ce n'est pas vraiment une idée similaire qui agite ses pensées et, contrainte de rester sur les lieux, elle finit par saisir une opportunité à laquelle nulle n'aurait pensé en sortant de son sac à main son fidèle ami l'appareil photo, pour prendre quelques clichés des environs des jardins luxuriants. Cette jolie trouvaille de brocante, cependant, lui ai confisqué la fois suivante, censé faire office de motivation à se qu'elle se mêle à la foule. Mais mince affaire n'étant pas, à ce gala décisif pour son existence, elle s'esquive encore à la foule, et rate une première fois l'occasion de rencontrer le fameux prince charmant tant attendu.

C'est à la fois suivante seulement, plusieurs mois après, que sa bonne étoile lui porte chance. Vêtue d'une longue robe bustière noire donnant une vue appréciable sur ses contours quels qu'ils soient, elle reste posée sur le bord d'une fontaine décoratif dans le jardin d'une somptueuse demeure aux attentions superflues. Ses yeux, délivrés de leurs lentilles grises, observent avec lassitude les environs. Personne, cette fois-ci, ne semble intéressé par sa présence, même si ce n'st pas un fait la dérangeant particulièrement. Posant sa coupe sur le rebord, près de ses cuisses croisées, elle en dessine le tour du bout de son index, comme une enfant. Alors seulement, après s'être plainte à voix haute, ne pensant être entendue que d'elle seule, elle surprend cette impressionnante carrure qui lui répond. De fils en aiguilles, une conversation se lança. Et pour n'être pas surpris ou interrompus par d'autres invités optant pour l'option sage du jardin, ils filèrent tout deux pour s'en éloigner. Cette nuit, doucement remuée de caresses, de baisers ardents, à peine éclairés par un zippo maladroitement posé à faire guise de lumière, elle s'offre à Marius comme une amoureuse, quand bien même il s'agit alors de leur première rencontre. Reposée contre son épaule, entre ses bras, tout deux à peine couverts d'un drap fin et fatigués de leurs ébats, elle lui propose, le coeur en joie, d'être son amant. Offre que celui-ci accepte, avant qu'ils ne sombrent ensemble dans le sommeil.

Le lendemain, leurs chemins se séparent, après s'être si étroitement entrelacés, et elle joue d'un jeu malicieux à faire croire qu'ils ne se sont jamais rencontrés. Pourtant, tout deux ont disparu au même instant de cette soirée, et revenus presque simultanément. Personne, cependant, certainement encore gorgé d'alcool, ne semble le remarquer. Dans la voiture la ramenant chez elle, sur le chemin du retour, elle regarde l'extérieur par sa vitre, voyant s'éloigner progressivement, comme un rêve, un mirage, le lieu de leur rencontre. Et elle sourit, si joyeusement, de cet instant magique passé dans son étreinte, dans sa chaleur comme un cocon protecteur et bienveillant. Ses pensées, de longs jours durant, restent accrochées à ses mains qui, bien que calleuses, ont suivi avec tant de souplesses ses formes, épousé ses contours avec autant de charme et d'harmonie. C'était un élan de fougue, de folie, mais il s'y dessinait déjà pourtant l'esquisse d'une passion certaine, à laquelle elle se refusait avec fermeté, bien qu'en rêvant encore. Le destin, coquin de cette inclinaison, semblant alors lui-même éprit de ce duo atypique, croise et recroise à de nombreuses reprises leurs chemins. Et cette force qui l'avait tout d'abord effrayée, se métamorphosant en délicatesse, puis en amour, elle succombe finalement à son charme.  

Le son bourdonnant des réacteurs de l'avion lui font froncer les sourcils. Et, un certain poids sur les tympans, elle peste encore d'avoir mâchouillé tout ses chewing-gum avant même d'être arrivée à l'aéroport. Tournant doucement la tête, elle observe le grand homme à ses côtés, qui semblent maladroitement installé sur son siège, lui donnant un amusant air gauche. Elle soulève une main, avec lenteur, et la pose sur sa cuisse pour la caresser, avant de lui sourire. Dans quelques heures, ils seront loin du territoire français. Bientôt, une hôtesse passant, elle retire sa main pour ne pas paraître vulgaire, et retourne la tête vers le hublot situé de son côté. A travers, elle observe l'aile de l'avion, énorme oiseau de métal, et soupire de ne pas pouvoir le prendre en photo. L'espace d'un instant, alors qu'elle replace une mèche rouge ayant glissé sur son visage délicat, elle songe à ce petit objet qu'elle espère retrouvé intact. Son compagnon de route remarquant certainement cet air soucieux, il lance le dialogue et, alors détendue au simple son de sa voix, elle jette loin d'elle ces pensées grises. Jusque là, se rassure t-elle, il n'y avait jamais eu de véritable problème. L'avion quittant enfin le sol, elle s'écrase dans son siège, grimace à ses oreilles à la sensation encore étrange et déplaisante, puis pose sa tête contre l'épaule du boxeur. Il n'y avait pas beaucoup de sensation qu'elle n'aime pas à ce point-là, cette pression impérative, ce sentiment d'être réduit à quelque chose de tout petit, de minuscule. Fermant ses yeux, elle imagine déjà l'Amérique, où ils se rendent. Elle esquisse un petit sourire, rassurée de se dire que son métier ne la retient nulle part en particulier, et qu'elle peut ainsi suivre Marius sans trop de difficultés et, retrouvant la tranquillité du vol, s'endort avec lourdeur.

Ses yeux, aussi vivement qu'ils le peuvent, suivent les mouvements des deux hommes sur le ring. Marius esquive, frappe, puis reprend de ce jeu de jambe qu'elle lui a vu entraîné pendant de longs jours. Aujourd'hui, c'est un jour important pour lui. Il affronte celui qui a résisté à de nombreuses reprises à sa prise de titre. Déchaînée, elle tient à peine sur son siège, ferme les yeux avec insistance à chaque fois qu'elle craint de voir son compagnon esquinté. Pourtant, finalement, l'opposant tombe au sol. Et les bras se lèvent, des cris retentissant, l'arbitre baladant le bras de l'homme aux cheveux grisonnants comme s'il était la raison de cette victoire. Bien vite, dans cette ambiante euphorie, le grand boxeur se penche, se rapprochant des cordes du ring, et s'agenouille. Il sort de sa poche une boîte quelque peu déformée, et l'ouvre en face d'elle. Sa respiration se coupe. Ses yeux, grands ouverts, le fixent, voyageant entre son visage rougit par les coups et la gêne et cette petite boîte à la signification magique. Ses mots se suivent, font échos dans ses oreilles, rendant presque difficile de les entendre, et pourtant cette fameuse demande lui apparaît comme très claire. S'avançant, quelque peu vacillante d'émotion, elle pose ses mains hésitantes sur ses joues, et presse ses lèvres contre les siennes avec passion. Comme une enfant face à un sublime cadeau de Noël, elle frotte le bout de son nez contre le sien, le laissant passer à son doigt si gracile cette promesse. Les nouvelles locales parlèrent de ce coup d'éclat, lors d'une parution, puis le calme retombe.

Faisant signe à son mari, le laissant aller garer la voiture, elle sourit, rit tout bas. Les bonnes nouvelles, lui semble t-il, viennent par paire. Malgré les difficultés rencontrées afin de tomber enceinte, leurs efforts finirent par payer. En baissant la tête, elle regarde son ventre, à peine arrondit, le bonheur encré sur son visage ayant mûri. Comme un rêve se réalisant, elle retrace, en soulevant sa légère valise, le parcours de sa vie. De l'ombre à la lumière. Du silence au bruit. Ses pieds se soulèvent, se posent sur les marches les uns après les autres. Presque arrivé au quatrième étage, son esprit de vide brutalement. Quelque chose de chaud, longuement, coule entre ses jambes, une vive douceur venant vriller son bas-ventre. Son souffle, irrégulier de son escalade, accélère encore. Et, agrippant de l'une de ses mains la rambarde de l'escalier, elle se courbe, son visage se crispant de douleur. Bientôt, ses genoux tombent sur les marches, avec lourdeur, et un cri échappe à ses lèvres. Le lieu, autour, tourne, et elle voit défiler les rambardes au-dessus d'elle, avant de s'effondrer. Ses mains, protectrices, mais aussi désemparées, viennent pour l'une se poser sur, puis pour l'autre sous son ventre, tentant de le recouvrir. Terrifiée, elle ne parvient plus à bouger, et finalement quand ses esprits clairs lui reviennent, alors qu'elle saisit ce qu'il vient de se passer, elle fond en larmes. Elle se recroqueville, incapable d'appeler à l'aide, sans plus prêter attention au sang dessinant une sorte d'arc flou sur le sol du palier, et, ses yeux roulant vers l'intérieur de sa tête, perd conscience.

Le médecin est formel. Il lui faut du repos. Mais elle ne parvient pas à fermer l’œil. Roulée en boule sous sa couette, les rideaux tirés, elle refuse de voir la couleur du soleil. La perte de ce bébé, un enfant qu'ils avaient tout les deux tant attendu, l'a abattue, réduite à une enveloppe désertée. Ses yeux aux paupières lourdes fixent un point, au loin, dans la pièce, comme s'ils pouvaient traverser les murs. Et son coeur, serré, lui fait encore mal. Bien que le médecin ai parlé de cette fausse couche en des termes faits pour la déculpabiliser de cet accident, elle ne pouvait pas se pardonner d'avoir laisser mourir de la sorte son bébé. Pour elle, que ce fœtus ait été mal accroché dans son utérus n'était qu'une sorte de détail. Tendant sa main, à nouveau victime de délires, elle la referme sur le vide, avant de rire tout bas d'un rire menant aux larmes. La douleur était encore vive. Son ventre, encore, lui semble agité de cette déchirure violente, de cette coupure cruelle. Et la lame de la vérité, inlassablement, tourne et tourne encore dans ses entrailles, taillant tout sur son passage. Elle n'a pas la force de se lever, ni même de s'asseoir dans son lit. Pourtant, Marius prend grand soin d'elle. Et, pour le bien de son fiancé, elle se force, sourit de son mieux, ne s'autorise à fondre en larmes que dans ses moments de solitude. L'épreuve est dur, mais prouve avec les jours, les mois, la solidité de ce couple. Et bien que la vie ne soit plus la même, elle reprend encore son cours, sablier à la réserve épatante de sable.

Un petit rire, malicieux, amusé, résonne dans l'appartement. Et, allongée sur le ventre, au-dessus des draps de sa couche, elle admire cet Apollon à demi couvert seulement par la housse de couette. Tournant la tête et étendant le bras, elle attrape adroitement l'appareil photo sur sa table de chevet et, se redressant pour s'asseoir sans écraser aucun meuble de son doux prince charmant, le positionne devant elle. Elle cadre, par habitude, étudie les angles en un instant, et presse le bouton déclencheur. La photo, peu après, sort et, l'attrapant du bout de ses doigts aux longs ongles vernis de son rouge favori, elle l'agite un peu dans l'air, pour l'aider à apparaître. Finalement, l'image se faisant, elle la regarde, puis la tire devant elle, regardant à tour de rôle celle-ci et son fiancé. Elle rit encore, aussi discrètement qu'elle le peut, pour ne pas le réveiller, et repousse ses cheveux dans son dos après avoir reposé l'appareil, caché la photographie dans son tiroir. En le regardant, son esprit voyage, visite, un souvenir qui lui est cher. En voyage en Egypte, elle avait voulu prendre une photo des pyramides. Mais Marius, en grand inattentif qu'il était, était passé devant elle, en contre-bas de sa position. Il était donc apparu sur sa photo. Et, comme dans un flash, fait amusant pour une photographe, elle avait réalisé que son petit appareil pouvait immortaliser leur vie, leurs souvenirs. Elle secoue la tête, comme pour ironiser sur sa propre bêtise, puis la pose contre l'épaule épaisse du boxeur, le bout de l'index de sa main gauche dessinant des cercles sur son torse. Son coeur, fou amoureux, bat dans le rythme d'une sérénade amoureuse alors que, intenable, elle tente de son mieux de ne pas céder à l'envie de le photographier encore dans cet instant d'apparente faiblesse. Impatiente, elle se relève, ignorant bien le fait d'être nue, et se rue presque jusqu'à son ordinateur pour scanner sa photo, et en changer un peu les éclairages. Pourtant, presque automatiquement, son navigateur se lance, la laissant perplexe. Plusieurs fois, elle quitte la page, mais celle-ci ré-apparaît à chaque fois. Finalement, elle se saisit des lunettes qu'elle se doit de mettre devant l'ordinateur, les loges sur son nez adorable, et lit l'unique phrase apparente sur la page entièrement noire : « Une chance sur deux. » Le curseur se baladant dans la page trouve un espace de sélection de texte et, redressant un peu sa tête, elle entre-ouvre les lèvres. Le lien, qui semblait avoir déjà été utilisé parce que reconnu par son navigateur comme n'étant pas néfaste, étant ce fameux lien dont elle avait entendu parlé quelques fois. La page du vœu. Elle marque une pause, hésitante, et sourit. C'est un jeu d'enfant, une bêtise, et pourtant elle n'y résiste pas. Ses doigts, agiles et rapides, frappent contre le clavier avec détermination. Peu à peu, les caractères apparaissent : « Je souhaiterais avoir un enfant de Marius. ». Un « O.K » apparaît alors, sous la barre de sélection, et, en vitesse, elle s'empresse d'appuyer dessus, comme par peur que celui-ci ne disparaisse. Sans plus de vraie envie, elle retourne se coucher auprès de son bien-aimé, et, dans un soupir, rit. C'était une expérience amusante. Mais malgré tout le concept était ridicule. Après les étoiles filantes, les sites web. Et puis quoi encore ?

Son coeur, sur le point d'exploser, chante haut et fort. Et, trottinant dans l'appartement, elle renverse son sac à main dès la découverte de celui-ci, cherchant dans les affaires sur la table après son téléphone portable. En le voyant enfin, la narguant presque dans son immobilité, elle secoue la tête. Elle tourne, vivement, faisant virevolter la masse impressionnante de ses cheveux rouges, et s'élance vers la cuisine. Tirant une feuille de sopalin, elle y pose le petit appareil qu'elle tenait encore dans l'une de ses mains. Et, se penchant vers, l'observe encore. Le signe est formel. Elle agite les bras, confuse, et s'assoit sur une chaise, pour se donner un temps mort. Le monde tourne à l'envers. Mais c'est l'instant magique qu'elle avait attendu, qu'elle avait souhaité. Ses mains, redevenues hésitantes, se soulève de ses cuisses, frappent doucement sur ses joues, comme pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un rêve, puis se posent sur son ventre, qu'elles couvrent de caresses. Un torrent de larmes, avec une sensation d'eau froide, gagne ses yeux, puis en déborde. Et, son sourire, un sourire de grand bonheur, tremblote sous l'émotion. A nouveau, il lui ai donné la chance de porter un enfant. Les nausées matinales, l'aversion de l'odeur de la viande crue, les grands moments de fatigue, tout trouvait une explication. Elle relève la tête, pour regarder son téléphone portable au milieu du bazar causé par sa précipitation, mais ferme les yeux. Non, elle le lui dira lorsqu'il rentrera. Après tout, après trois test, il n'y avait plus de doute à avoir. Les heures interminables, trouvent enfin une fin. Et, son brave fiancé revenant du travail, elle vient à sa rencontre, larmoyante, pour lui annoncer la bonne nouvelle. Ni une ni deux, c'est une autre bonne nouvelle qui la fait chavirer. Les mots, encore, se suivent, mais elle garde les yeux et les oreilles grandes ouverts, afin de ne pas en manquer la moindre syllabe. Enfin, quand il eut fini, se sentant à la fois forte et faible, elle se jette à son cou, l'embrassant comme si elle ne cherchait qu'à faire qu'un avec ses lèvres. A cette embrassade qui prend fin, elle le regarde, débordante de ce bonheur insensé, et, la voix petite et faible, accepte.

Un mois et demi de mariage, une nouvelle bague au-dessus de celle de fiançailles, et le bonheur grandit dans son ventre. Les regards sont de miel, les paroles de sucre roux. Et l'arrivée au Canada marque un tout nouveau départ pour ce couple aux souvenirs nombreux, mais moins que ceux à venir, que l'on espère heureux et paisibles.





Le Joueur

◮ Prénom/Surnom : Red.
◮ Âge : Majeure et vaccinée.
◮ Comment as-tu trouvé le forum ? De partenaire en partenaire.
◮ Et comment tu le trouves, maintenant ? Très élégant.
◮ Qu'est ce que t'inspire le mot "Outaouais" ? Les petites racailles près de chez moi.
◮ Quelque chose à dire ? Rien de particulier.


Dernière édition par Éloïse H. D. de Chenon le Jeu 28 Juil - 21:28, édité 4 fois
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MessageSujet : Re: Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.
Mer 27 Juil - 21:58


Humain
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Humain

Personnage sur l'avatar - Anime : Elizabeta Héderváry (Hungary) - Hetalia: Axis Powers.


You’ve got to take your mind off him
But not with aspirins


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Bonsoiiiir et ReBienvenuuuue ❤
Très bel avatar :3 ! Bon courage pour ta fiche !
Si tu as des questions n'hésite pas !
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MessageSujet : Re: Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.
Jeu 28 Juil - 21:29


Golden
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Golden

Démon : « Iactura », petit-frère jumeau de Desiderium, le panda oeuvre à faire culpabiliser Éloïse sur la perte de son premier enfant. Il aime à l'inquiéter et grossir ses frayeurs, principalement sur la potentielle perte de leur second bébé, vociférant que celui-ci la haïra de toutes façons de ne pas connaître son grand-frère.
Personnage sur l'avatar - Anime : O.C. - Sakimichan.


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Merci beaucoup pour l'accueil, Murphy.
J'en profite pour préciser que, à présent, ma fiche est achevée.
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MessageSujet : Re: Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.
Ven 29 Juil - 21:32


Golden
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Golden

Démon : Type: Corbeau
Prénom: Malum
Caractéristiques: Oiseau assez imposant, il force Lys à assister à des choses morbides en l'y conduisant de façon subtile et est responsable de l'affectation de Lys à des patients dont la mort est assurée.
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COUCOU

Alors déjà BIENVENUE :Sushi:
JE SUIS FAN DES POLAROID OKAY ? C’EST MA PASSION.
J’ai beaucoup apprécier la fiche, le style d’écriture et l’histoire qui est so touchante ;- ;
Alors alors. Après réflexion, nous avons décidé de faire une exception pour vous concernant les démons. Pas quelque chose de désagréable non D8. Nous avons décidé de vous donner, à toi et ton chéri, des démons identiques, des jumeaux. Autre exception, contrairement aux autres goldens, ton démon sera visible par Marius, et celui de Marius te sera visible, pour deux fois plus de bonheur (Ou pas 8D). Après à vous de voir si vous voulez que tous deux soyez au courant ou le cacher l’un à l’autre.

BREF, voilà ton nouveau bébé (& par la suite, des petits liens pour bien débuter) :


Iactura❤ (ou "Perte")


Iactura est un panda. C’est le plus petit des deux frères. Ensemble, ils vont rappeler au couple l’enfant perdu, notamment en insistant sur leur fraternité. En effet, les deux pandas sont très liés. Ils rappelleront aux tourtereaux que leur futur enfant ne pourra jamais connaitre ce lien fort entre frères. Iactura fera tout pour faire culpabiliser Eloïse, en insistant sur le fait qu’elle va sûrement encore perdre son enfant et que de toute façon, il la détestera parce qu’il n’a pas eu son ainé. Il lui fera de fausses frayeurs à la moindre inquiétude de celle-ci.



Dernière édition par Lysandre Saltzman le Ven 29 Juil - 21:33, édité 1 fois
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MessageSujet : Re: Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.
Ven 29 Juil - 21:33


Golden
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Démon : Type: Corbeau
Prénom: Malum
Caractéristiques: Oiseau assez imposant, il force Lys à assister à des choses morbides en l'y conduisant de façon subtile et est responsable de l'affectation de Lys à des patients dont la mort est assurée.
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Petits liens utiles
Après la validation

Rescencement de ton avatar : WWW.
Fiche de Relation : WWW.
Demande de RP : WWW.
Lancer de dés : WWW.
Le Flood : WWW.
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MessageSujet : Re: Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.



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Éloïse H. D. de Chenon, polaroïd à la main.

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