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Jiro Waterford, japonais émigré

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MessageSujet : Jiro Waterford, japonais émigré
Mer 8 Juin - 21:46



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Jiro Waterford
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◮ Genre : Masculin
◮ Naissance : 1990 - Japon
◮ Groupe : Monstre
◮ Orientation Sexuelle : Hétérosexuel par défaut
◮ Autre : Itamae Sushi autoproclamé - Propriétaire d'un petit restaurant à Sushi

Depuis mon enfance, on m’a toujours dit que j’étais un garçon qui violent et c’est vrai, je le suis. Lorsque quelque chose se passe, je réagis toujours au quart de tour. N’étant pas doué avec les mots, je préfère régler les problèmes avec les poings quand je le peux.
Ce n’est pas que j’aime me battre. Au contraire, si je pouvais, je ne me battrais jamais. Mais en réalité, je ne me sens vivant que quand je me bats. On pourrait dire que c’est bestial, pas digne d’un humain, mais les humains ne sont-ils pas, à la base, eux aussi des animaux ?

C’est peut-être à cause de cette violence qui a toujours été présent en moi, mais lorsque je parle avec les gens, il m’arrive d’être brutal dans les mots que j’utilise, n’y allant pas par quatre chemins. Je ne connais pas la délicatesse, ou plutôt, je ne suis pas assez intelligent ou / et intellectuel pour savoir l’utiliser.
Généralement les gens ne sont pas d’accord avec ça, quand je dis que je ne suis pas intelligent. Ils disent que j’ai des facultés, que je peux faire quelque chose quand je le veux, mais je ne vois pas quelles facultés ni ce que je peux faire.
La seule chose que je veux bien reconnaître, c’est que j’ai à cœur de faire les choses bien. Quand je fais quelque chose, il faut que ce soit bien fait. Et si je ne parviens pas à réussir, je recommence encore et encore jusqu’à faire en sorte que ce soit bien. C’est pour ça que je n’aime pas laisser les autres travailler à ma place. Je ne délègue jamais mes activités, même si je suis à l’article de la mort.

Hé oui, je suis têtu. N’importe qui pourra le dire sans se tromper. Lorsque j’ai une idée en tête, j’irais jusqu’au bout pour l’accomplir, envers et contre tout et tout le monde, au risque de m’attirer des ennuis. Mais quand j’ai tort et qu’on me le prouve, je sais le reconnaître et ne m’acharne pas outre mesure.
Cependant, je suis toujours prompt à suivre mes idées, même les plus stupides ou irréfléchies et qui viennent d’un coup. Trop souvent, je suis plus mon cœur alors que mon esprit me dit plus tard, trop tard, que je peux et devrais faire autrement. Je suis trop impulsif, au risque de me retrouver dans des situations difficiles, agissant trop souvent avant d’agir.

Et ceci, c’est surtout pour des actes un peu violents. Mais au fond, je ne suis pas méchant. Je ne frappe que si j’ai une bonne raison de le faire. En réalité j’ai surtout besoin – c’est embarrassant à dire… J’ai besoin d’attention et de reconnaissance.
Ce n’est pas vraiment facile. Je ne suis pas doué avec les gens. En vrai, on pourrait même dire que je suis plus doué avec la cuisine qu’avec les gens. J’aime cuisiner, j’ai appris à aimer cuisiner, à faire de bonnes choses à manger. Et j’aime manger aussi ! Mon plat préféré étant les Kitsune Udon, mais ça on trouve difficilement au Canada…
Par contre, je ne vois pas d’alcool. Je n’en bois plus. À une époque j’ai beaucoup bu et ça m’a causé des problèmes. Alors même si parfois je me dis que j’aurais bien besoin d’un bon verre, je m’en tiens à mon régime sans alcool.

Mine de rien, j’ai beaucoup changé ces dernières années. Pour me résumer, on pourrait facilement dire que je suis quelqu’un de fiable et loyal mais qu’il vaut mieux éviter de m’embêter.
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◮ Origine/Type : Mi-japonais, mi-canadien
◮ Taille & Poids : 182cm pour 67kg
◮ Corpulence : Mince, aux muscules légèrement apparents
◮ Couleur des yeux : Bleu
◮ Couleur des cheveux : Blond cendré
◮ Autre : Des cicatrices plus ou moins marquées sur le corps.
◮ Style vestimentaire : Toujours propre sur lui, un minimum présentable, avec toujours au moins une chemise qu'il préfère blanche
Histoire
Tout commence à l'hôpital Matsuyamashin, dans la ville Matsuyama, capitale de la préfecture d'Ehime, au Japon.
Une jeune femme du nom de Futaba Kimura y travaillait en tant qu'infirmière. Elle était très dédiée à son travail, s'y impliquant énormément, si bien qu'elle n'avait que très peu de temps pour elle. À presque trente ans, elle était toujours célibataire et même si elle se disait qu'elle devait faire quelque chose pour remédier à cela, elle ne savait trouver du temps pour ça, étant trop exténuée pendant son temps libre pour prendre le courage de sortir.

Puis le destin vint frapper à sa porte. Non pas sous la forme d'un homme qui vint frapper à la porte de son petit appartement, même si ça aurait été amusant. C'était plutôt un patient, à l'hôpital. Il avait eu un accident malheureux en se cognant violemment la tête contre une enseigne d'un magasin.
Son arrivée avait faite parlé de lui parmi les infirmières. Un grand homme blond, aux yeux bleus, évidemment étranger, ça faisait tourner des têtes à l'hôpital. On aurait pu dire que c'était par un coup de chance que Futaba s'occupe de lui, parmi les autres infirmières. Mais en fait non, car ce n'était pas elle qui avait été désignée pour ça.
Cependant, c'est elle qui lui a fait signé les papiers pour sa sortie. Il s'appelait Ashton. Waterford, oui. Je n'aurais pas d'intérêt de vous parler d'autres personnes que de mes parents. Sur une petite plaisanterie quant à l'accident, les deux commencèrent à discuter puis à prendre un café ensemble, après le service.

Ashton était un agent d'escale commercial à l'aéroport d'Ottawa et pour une obscure raison avait été envoyé en formation de plusieurs mois auprès des collègues japonais, ici à Matsuyama. Il en profitait pour découvrir la ville comme il pouvait avec ses limitations de langue et surtout pour découvrir la culture culinaire japonaise.
Les discussions entre la japonaise et le canadien n'étaient pas aisées puisque Ashton ne parlait pas un mot de japonais et Futaba n'avait qu'une pratique et une connaissance réduite de l'anglais. Mais malgré ça, ils s'appréciaient bien.

Inutile de faire trainer l'histoire, vous vous en doutez, ils finirent en couple. L'infirmière était persuadée d'avoir trouvée là l'amour de sa vie, même sachant qu'ils finiraient par être séparés lorsque la formation d'Ashton serait terminée. Elle avait néanmoins pris la difficile décision de partir le rejoindre après qu'il fut rentré, le temps qu'ils s'occupent de tout chacun de leur côté.
Enfin arrivé le fatidique jour des séparations. Chacun savait que la douleur qui déchirait leur coeur n'était que provisoire, que bientôt ils seraient à nouveau réunis et que ça durerait toute la vie.
Futaba fit toutes les préparations de son côté. Elle quitta son travail, Ashton devant entamer tout de suite les démarches, pour qu'elle puisse retrouver un travail et obtenir permis de travail et carte de résidence permanente, elle quitta son appartement, devant vivre chez son petit-ami qui avait un appartement suffisamment grand pour deux, elle vendit ses meubles, sa voiture, elle n'en aurait plus besoin au Canada, et retourna s'installer chez ses parents le temps d'obtenir un appel indiquant que tout était prêt pour son arrivée.
Mais ce coup de fil n’arriva jamais. Des jours, des semaines passèrent et devinrent des mois. Elle était toujours là, à l’affut du téléphone, se jetant sur l’appareil dès qu’il sonnait. Mais jamais elle n’entendit au bout du combiné la voix sucrée de son amant.

Bientôt, trop tôt, les mois devinrent une année et il fut évident qu’elle avait été dupée, qu’on avait joué avec ses sentiments. Bien entendu elle avait essayé de le contacter, mais que ce soit ses appels ou ses lettres, ils n’arrivèrent pas à destination. Elle avait tout abandonné pour son idylle mais Ashton l’avait abandonné, elle, et l’enfant qu’elle portait et dont elle ne s’était rendue compte de l’existence que bien après son départ.

On arrive enfin dans le vif du sujet. Parce que même si la rencontre de mes parents fait partie de mon histoire, il n’en reste pas moins que vous êtes là pour mon histoire et non la leur !

Mes grands-parents vivent dans un petit village du nom de Iuchi et possèdent quelques rizières. Tandis que je grandissais dans son ventre, ma mère les aidait du mieux qu’elle pouvait, que ce soit à la rizière ou à la maison, puisqu’elle était sans emploi et ne voulait pas en chercher un nouveau avec un bébé en route.
Puis je naquis. Ma mère me disait souvent à quel point elle était surprise lorsqu’elle a vu mes quelques cheveux blonds et mes yeux bleus. Fut-ce en bien ou en mal, je ne l’ai jamais su, je n’ai jamais réussi à le lui faire dire.
Peu après ma naissance, ma mère retrouva un travail à l’hôpital qu’elle avait quitté et pendant qu’elle travaillait, j’étais laissé à la garde de mes grands-parents. Ils ont toujours été plus présents pour moi que ma propre mère, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Mes grands-parents ont eu la bonté de bien vouloir nous accueillir et s’occuper de nous, il était tout naturel qu’elle leur rapporte de l’argent en remerciement.

J’ai donc grandit dans les rizières, les pattes dans l’eau et dans la terre. Tout comme ma mère apportait une partie des revenus de la maisonnée, j’aidais à la culture comme je le pouvais. Enfant, ça m’amusait et j’étais fier de voir pousser le riz que j’avais planté et entretenu, ce riz qui finirait pas nous remplir le ventre.
Ainsi, devoir aller à l’école a été un déchirement. Je n’aimais pas l’école, je préférais travailler dans les rizières. Dans mes premières années de scolarité, j’ai été un élève dissipé, qui ne travaillait pas. Mes grands-parents m’ont vite recadré, me disant que si je n’avais pas de bonnes notes, ils ne me laisseraient plus les aider à la rizière.
Il va de soi que par ce chantage ils réussirent à me faire travailler et être relativement bien classé, même si je n’étais pas un élève d’exception. Néanmoins, si au niveau des notes ça se passait relativement bien, c’est au niveau relationnel que ça pêchait, et même le chantage des grands-parents n’y pouvait rien.

On se moquait de moi. Pour diverses raisons, les autres enfants de l’école me laissaient à l’écart et riaient de moi. Pour mes traits plus occidentaux que japonais, pour ma couleur de cheveux, ma couleur d’yeux, ces traits qui plus tard me rendirent populaire auprès des filles, mais aussi parce que je n’avais pas de père, j’étais le souffre-douleur de mes camarades.
Alors ces moqueries, j’y ai répondu de la seule façon que je connaissais. J’hurlais, je frappais, que ce soit des garçons ou des filles, ça ne faisait aucune différence pour moi. Ils étaient méchants, j’étais méchant. Seulement, je n’étais pas doué avec les mots, comme eux, alors ma méchanceté s’exprimait à travers mes actes, mes coups de poings, mes coups de pieds.
Cela m’a valu de nombreux problèmes, aussi bien à l’école où je me faisais parfois renvoyé pour quelques jours pour avoir cassé le nez à un de mes camarades, mais aussi avec les parents de ces enfants dont certains allaient loin pour arrêter la maltraitance sur leur bébé.
Mais avec ma mère et mes grands-parents aussi j’avais des problèmes. S’ils comprenaient pourquoi je me battais, ils ne comprenaient pas pourquoi je refusais de céder à leur chantage et à appliquer les conseils qu’ils me donnaient. Leurs punitions n’avaient aucun effet sur moi, pas plus que les disputes qu’on pouvait avoir.
Quand tout ça devenait trop insupportable, je m’enfuyais. Je courrais à travers Iuchi et je me laissais tomber entre deux rizières où, caché par les épis de riz croissants, on ne me retrouvait pas avant des heures, si on me retrouvait.
Ces rizières furent mon havre de paix et tandis que je grandissais, je m’y réfugiais de plus en plus souvent, appréciant le contact de la terre contre mon dos, le vent sur ma peau, le cri des insectes, les piaillements des oiseaux, le bruissement des feuilles. C’était paisible et je me disais que si je pouvais m’y fondre, devenir un caillou sur ces routes, un brin de riz dans ces rizières, ou même un yōkai vivant dans ce coin, je serais en paix.

En paix, sans plus avoir à me battre pour exister contre tous les petits caïds, sans plus avoir à revoir les mêmes policiers qui me ramassaient sur-alcoolisé dans la rue, sans plus avoir à lutter avec ma mère qui ne supportait pas que je puisse porter les cheveux longs, sans plus avoir à décevoir mes grands-parents sur mon indécision quant à mon avenir.

J’aurais voulu reprendre la rizière de mes grands-parents, mais ceux-ci, se faisant vieux, l’avait vendu à un riziculteur voisin, pour pouvoir couler une retraite paisible. Mes réclamations, ils les avaient balayées d’un revers de la main.
« Tu dois devenir quelqu’un d’important, pas un riziculteur. »
« Quelqu’un d’important » … À l’époque j’étais en rage, maintenant ça me fait rire. Ils ont toujours eu de trop hautes attentes de moi. Ils auraient voulu pour moi un travail intellectuel, où j’aurais eu de grandes responsabilités et un bon salaire. Cependant, je n’ai jamais été un intellectuel. Je n’ai toujours réfléchi qu’avec mon cœur et mes poings, trop utiliser ma tête me donne la migraine et je l’utilise mieux en la tapant contre celle de quelqu’un d’autre.
Mais mine de rien, par défaut, j’ai accepté la voie qu’ils voulaient pour moi. Sous leur influence et celle de ma mère, je me suis retrouvé à faire des études de médecine à l’université des sciences de la santé de la préfecture d’Ehime, à Matsuyama.
C’était vraiment difficile. Et surtout, ça ne me plaisait pas. J’ai néanmoins fait de mon mieux et c’est grâce à ça que j’ai décroché de la violence, de l’errance dans les rues, de l’abus d’alcool et des filles d’un soir. Je n’avais plus le temps pour tout ça, je devais m’accrocher, travailler mes cours comme un acharné pour pouvoir avoir la possibilité de passer à l’année suivante avec des résultats à peine passables.
Et ça a payé. Après ma première année, j’eu le plaisir relatif de me voir accepté en seconde année. Ce fut vraiment difficile et autant ma mère que mes grands-parents étaient conscients de tout le mal que je m’étais donné. Pour me féliciter, ils m’emmenèrent dîner dans un grand restaurant à sushi de Matsuyama, le Sumimoto.

C’était la première fois que je mangeais dans un restaurant à sushi et j’ai été extrêmement impressionné de voir se dérouler la préparation du sushi sous mes yeux. Car oui, pour l’occasion, ma famille avait mis les petits plats dans les grands et nous avait réservé la meilleure table, celle juste devant le chef.
L’expertise dans les gestes de confection des sushis, la précision des mouvements et surtout, la saveur des plats, tout cet ensemble m’envoutait et m’attirait d’une force que je n’avais jamais ressentie avant pour quoi que ce soit.
Après ce repas, je n’avais plus qu’une lubie : devenir apprenti dans ce restaurant. Sans le dire à personne, je me suis désinscrit de l’université, provoquant la colère de mes proches lorsqu’ils l’eut su, puis j’alla me présenter au restaurant dans lequel nous avions mangé pour demander à devenir un apprenti.

La réponse ne se fit pas attendre. Le chef, qui était aussi le propriétaire du restaurant, me regarda, m’examina, de longues secondes pendant lesquelles je lui rendis son regard avant de finalement refuser d’un seul mot et de retourner à sa cuisine, me laissant là, coi.
Sur le coup, je n’ai pas insisté et suis rentré chez moi. Le refus avait été tellement catégorique qu’il était difficile d’en redire quoi que ce soit. Néanmoins, je n’avais pas l’intention de rester sur un refus.
Le lendemain j’y suis retourné pour me confronter à un nouveau refus. Le jour suivant également. Et le jour qui a suivi encore. Jour après jour j’y suis retourné, demander à être prit en tant qu’apprenti, me voyant sans cesse recevoir un refus.
Je n’en démordais pas et chaque refus, au lieu d’ébranler ma résolution, l’alimentait comme du bois sur le feu. Si bien qu’un jour, après deux mois de demandes incessantes, le vieil homme qu’était le chef soupira profondément avant d’accepter avec un grand sourire.
Il ne l’a jamais dit, mais je suis persuadé que ces refus en chaîne n’étaient qu’une première étape dans l’apprentissage, une façon de voir le dévouement du futur apprenti à son travail. Un test que j’avais passé.

Et du dévouement, de la persévérance, c’était nécessaire. Je savais dans quoi je m’engageais, je savais que ça me prendrait des années pour n’avoir qu’un fragment de maîtrise de l’art de faire des sushis, que même après dix ans je ne saurais encore qu’un apprenti loin du niveau du chef du restaurant.
Mais je dois avouer que je ne m’attendais pas vraiment à ça. Mon premier travail, ce fut d’essorer des serviettes. Vous savez, ces serviettes chaudes, humides, qu’on vous donne au restaurant pour vous essuyer les mains avant le repas. Elles sont essorées à la main par les apprentis les plus récents, du moins au Sumimoto.
Je ne pus passer à la suite de l’apprentissage qu’après avoir su essorer des serviettes correctement. Cela m’a forgé la poigne mais m’a valu de nombreuses brûlures. Maintenant, je n’ai presque plus de sensibilité au niveau de la main.
Néanmoins, pendant cette période, j’ai pu beaucoup observer le chef et les autres apprentis dans leurs tâches respectives. J’ai beaucoup appris rien qu’en observant toutes les étapes de la création de sushi qui commence avec le choix des ingrédients.
L’étape suivant de mon apprentissage était la cuisson du riz. On m’apprit qu’il y avait plusieurs types de riz que l’on pouvait utiliser pour les sushis et que chacun de ces riz avait leur propre méthode de cuisson. S’il y avait déjà de nombreuses choses que je savais grâce à mes grands-parents, je n’étais néanmoins pas conscient de toutes ces particularités.

J’aimais beaucoup mon apprentissage mais je ne gagnais pas beaucoup, ce qui faisait que j’étais obligé de rester vivre chez mes grands-parents avec ma mère. De toute façon, quand bien même j’aurais eu suffisamment d’argent, je n’aurais pas eu le temps de chercher un appartement ni même de déménager.
Généralement, je rentrais avec ma mère en voiture, la voiture de sa mère qu’elle avait empruntée puisqu’elle ne s’était pas rachetée de voiture. Ou lorsqu’on finissait à des heures trop éloignées, c’était mon grand-père qui venait me chercher.
Et c’est un soir dans ce dernier cas, alors que ma mère était déjà rentrée depuis plusieurs heures et que mon grand-père était venu me chercher, que je surpris une conversation entre ma mère et ma grand-mère que je n’étais pas censé entendre.
Assurément, elles ne devaient pas avoir entendu la voiture arriver dans la cour, alors elles avaient continué à parler entre elles. Elles parlaient d’un coup de fil reçu en début de soirée. Je me souviens aussi clairement que si c’était hier ce que ma mère disait. « Ce n’est pas en rappelant après vingt ans qu’il va se faire pardonner pour avoir abandonné notre fils. »
Cette phrase m’a fait tiqué. Je savais bien entendu que le « fils » en question était moi. Et je pouvais facilement déduire de là qu’elles avaient eu des nouvelles de mon père. Je n’avais jamais posé de question sur mon père. Il n’était pas là et pour moi, enfant, adolescent, adulte, c’était tout ce que j’avais besoin de savoir.
Mais là, avec ce coup de fil, tout avait changé. Il avait tenté de reprendre contact. Il voulait me connaître, alors j’étais décidé à vouloir le connaître en retour. Cependant, ma mère ne voulait pas que ça arrive. Elle avait refusé qu’il vienne, qu’il me parle. Si je voulais le connaître, elle me parlerait de lui ! Avait-elle dit.

Ce qu’elle me dit ne me suffit pas. D’autant plus qu’elle le décrivait comme un être abjecte qui aurait profité d’elle. Ce n’était pas de la bonne foi, ça se sentait, je ne pouvais pas me fier à ses dires. Mais elle refusait que je l’appelle, que j’apprenne à faire connaissance avec lui.
S’il ne rappela pas par la suite, le coup de fil de mon père avait fait un mal incroyable à notre famille. Ça avait fait ressortir toutes les tensions entre ma mère et moi. Alors que nous avions toujours eu des relations cordiales, dignes d’une mère et son fils, nous commencions à présent à nous disputer sans arrêt. Tout d’abord sur le sujet de mon père, puis sur celui de mon apprentissage qu’elle n’appréciait pas, avant qu’elle commence à me reprocher tout ce qu’elle n’avait jamais su me dire. De mon côté, je n’étais pas en reste avec ce que j’avais à lui dire, mais je n’ai jamais été bon à parler. Cependant, je ne pouvais pas commencer à frapper ma mère, c’est ma mère après tout.
Mes grands-parents, eux, restaient neutres dans le conflit. Ils refusaient de prendre un parti ou l’autre et si je les comprenais, je leur en voulais tout de même de ne pas m’aider. Ma mère leur en voulait tout autant et bien malgré eux ils furent les victimes du conflit qui nous rongeait.

Je ne sais plus exactement ce qui l’a déclenché, mais un jour, en plein milieu d’une nouvelle dispute, je pris mes affaires, mes économies et me rendis à l’aéroport de Matsuyama seul et à pied, décidé à prendre l’avion et à aller retrouver mon père à Ottawa. Je ne savais pas où il habitait, mais j’avais son nom et son travail, du moins celui qu’il avait avant ma naissance, et j’estimais que ça devait être suffisant.
Le trajet de la maison à l’aéroport me prit toute la nuit et m’épuisa et ce ne fut que pour découvrir qu’il n’y avait pas de vol direct jusqu’au Canada. Bien sûr, à quoi je m’attendais ? Heureusement, l’agent qui m’accueillit fut assez aimable pour me trouver le moyen de me rendre à ma destination.
Le voyage pour Ottawa fut une aventure à elle toute seule. Puisque ce n’est pas la porte à côté, j’avais beaucoup de routes et j’y ait dépensé presque toutes mes économies. Arrivé à l’aéroport de Matsuyama, j’ai été obligé d’attendre le premier départ pour Narita, somnolant quelques heures sur les bancs d’attente. Le vol en lui-même fut trop court pour me permettre de faire une « nuit » décente. Cependant, arrivé à Narita, j’eu plus de temps pour ça, devant attendre la fin de l’après-midi pour mon vol suivant qui devant me durer une demi-journée et me coûter une fortune pour me rendre à Toronto, avant de finalement me rendre à Ottawa dans les quelques heures qui suivirent mon débarquement au Canada.
Pendant la majorité du temps que dura cette aventure, je dormi. Mal. J’avais fuis ma famille, mon pays, laissant en plan tout ce que j’avais, pour retrouver un père qui avait probablement une autre famille et qui ne voulait peut-être pas de moi. Et puis, le trajet m’avait consumé tout mon argent. Que ferais-je s’il devait me rejeter ? Cette question me tourmentait. Mais il était déjà trop tard.

En posant les pattes à Ottawa, je me sentais un peu comme dans un état second. Tout se passa un peu comme dans un rêve, si bien que mes souvenirs de cette journée me semblent trop beaux pour être vrais.
J’ai demandé, dans un anglais approximatif, à un employé où je pouvais trouver un dénommé Ashton Waterford. Mais c’était son jour de congé, dit-il. Cependant, il accepta de me donner son adresse, après avoir fait une recherche rapide et que je lui ai dit être son fils venu du Japon pour le retrouver. Il n’eut aucun mal à me croire, me disant que je lui ressemblais. Ma mère disait la même chose dans nos disputes, que je lui ressemblais trop.
Je crois m’être un peu perdu dans les rues d’Ottawa. Je crois avoir demandé mon chemin à quelqu’un qui n’arrivait pas à comprendre ce que je lui disais. Mais je suis quand même arrivé à bon port. Et j’avais peur de sonner à la porte. J’imaginais des tonnes de scénarios possibles et imaginables, autant joyeux que désagréables.
Avant que j’ai eu le temps de prendre mon courage pour sonner, la porte s’ouvrit d’elle-même sur une femme à l’air étonné avant de se refermer presque aussitôt sur quelques mots énervés que je n’ai pas compris.
Sorti de ma transe par cette apparition, j’entrepris de sonner. Une fois. D’autres cris colériques toujours incompréhensibles à mes oreilles. Deux fois. Encore des cris, d’une voix masculine cette fois. Je persévérais. Une troisième fois. Cette fois la porte s’ouvrit sur un homme qui me ressemblait étrangement. S’il avait l’air furieux en m’ouvrant, il se calma en me dévisageant d’un air particulier avant de me demander, froidement, ce que je voulais.
Je pris quelques secondes pour comprendre ce qu’il me disait et encore d’autres secondes pour trouver quoi dire en anglais, tentant tant bien que mal d’expliquer qui je suis et que je suis venu pour le connaître. J’ai répété ça plusieurs fois, dans mon anglais approximatif, essayant de me faire comprendre.
Mais quand il a réussi à me comprendre, j’ai cru qu’il allait exploser. J’ai vu ses yeux s’ouvrir au point qu’ils auraient pu sortir de leur orbite et son visage se fendre en deux dans un sourire. J’avais pris peur, ne sachant pas comment réagir à cela. Il me donna une tape sur l’épaule, passa son bras autour de mes épaules et me fit entrer chez lui, ne me laissant même pas le temps de retirer mes chaussures.
Je ne comprenais pas ce qu’il disait, parlant trop rapidement pour mon pauvre anglais, mais en entendant mon nom, je me doutais qu’il me présentait aux autres personnes présentes, c’est-à-dire la femme que j’avais vu plus tôt et une jeune fille qui devait avoir une quinzaine d’années.

Ça me mettait mal à l’aise, j’avais l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe dans cette famille qui n’avait pas de place pour moi, pour un enfant issu d’une aventure datant d’il y a des années de cela.
Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il s’est dit ce soir-là, ils parlaient trop vite pour que je puisse comprendre, et les quelques mots que j’attrapais et déchiffraient en vol n’avaient aucun sens pris ensemble. Je me retrouvais juste là, debout dans le salon d’inconnus qui parlaient de moi sans que je puisse comprendre ou dire quoi que ce soit, mais je me doutais que la conversation n’était pas tournée en ma faveur et lorsqu’on s’adressait à moi, on ne me laissait pas le temps de comprendre.
Finalement, après de longues minutes inconfortables, mon père m’invita, dans un anglais plus lent et compréhensible à mon niveau que tout ce que j’avais entendu ce soir-là, à me reposer dans leur chambre d’ami.
La nuit fut reposante malgré mes inquiétudes et mes tourments. Je n’aurais pas cru, mais à peine avais-je posé la tête sur l’oreiller que je sombrai dans un profond sommeil, alors même que je m’inquiétais pour le lendemain.

Le jour suivant, mes inquiétudes s’évanouir tandis que j’engloutissais mon petit-déjeuner, inhabituel pour mon palais familiarisé avec des repas japonais. Néanmoins, pour n’avoir que peu mangé les jours précédents, tout m’était délicieux.
L’accueil qui m’avait été réservé la veille avait été oublié au profit d’une ambiance plus chaleureuse qui me faisait sentir comme si je faisais partie de la famille. La femme de mon père se présenta, parlant doucement, peut-être un peu trop, me faisant un peu me sentir comme si j’étais idiot, pour que je comprenne. Elle s’appelait Grace et leur fille Layla.
Cette dernière, d’ailleurs, ne m’adressa pas la parole, se contentant de me fixer avec un air indéfinissable. Je faisais abstraction, difficilement, préférant me concentrer sur ce qui m’était raconté.
On me demanda comment j’étais arrivé jusqu’ici et je leur expliquai que j’avais fui la maison et utilisé mes économies pour prendre l’avion. Ils firent une drôle de tête et pendant un moment j’eu peur qu’ils me virent de chez eux sur le champ.
Mais au contraire, mon père me proposa de rester, non sans attiser des regards indignés de la part de sa femme et de sa fille. Bien entendu, je n’étais pas le bienvenu. Alors je déclinai l’offre, expliquant que je ne souhaitais pas m’imposer, avant qu’il soulève une question sensible : est-ce que j’avais les moyens de refuser sa proposition ? Je ne répondis pas, me mordant les lèvres. Non. Je n’avais pas les moyens et il le savait. Si je devais quitter sa maison, je finirais à la rue et qui sait ce que je deviendrais.

J’ai commencé à vivre chez mon père pour sa plus grande joie. Il semblait d’ailleurs le seul heureux de cette installation. Autant Grace que Layla étaient réservées quant à ma présence et moi mal à l’aise quant à leurs sentiments.
La chambre d’ami dans laquelle j’avais passé ma première nuit au Canada devint ma chambre personnelle où je m’installais que petit à petit, préférant garder mes affaires dans mon sac que dans les meubles de la chambre.
Mon père fit de son mieux pour que je sois à mon aise. Il me fit naturaliser au Canada, ce qui ne fut qu’une formalité une fois récupérés divers papiers du Japon, et me transmis son nom de famille, qui s’ajouta à mon nom de famille japonais et devint mon nom de famille usuel.
En remerciement pour l’accueil de la famille, je m’occupais de diverses tâches ménagères. Avec Grace, j’appris la cuisine, chose que je n’avais jamais faite avant, apprenant à confectionner des plats qui ne venaient pas de mon pays natal. Mais aussi, je faisais le ménage et m’occupait du linge.
Alors que je n’avais jamais rien fait de tel avant, pacha que j’étais chez mes grands-parents, mes débuts avaient été très maladroits et avaient apportés parfois plus d’ennuis que d’aide. Et j’appris à la dur que, par exemple, il ne fallait pas mélanger le blanc et les couleurs dans la machine à laver, au risque de quelques accidents.
Petit à petit, je fini par devenir un membre à part entière de la famille. Pour peu, on aurait pu croire que j’étais le fils d’Ashton et Grace Waterford, s’il n’y avait pas eu mon pauvre anglais. Certes je faisais de mon mieux pour améliorer mon anglais et depuis mon arrivée au Canada, je me rends bien compte que je suis devenu davantage bilingue, néanmoins j’ai encore du mal si les gens parlent trop vite.
Me fondant plus dans la masse, j’ai coupé mes cheveux longs qui posaient tant de problèmes à ma mère. Layla, elle, me dit que c’était dommage que je me fis couper les cheveux, qu’elle les aimait bien long, mais un peu trop tard. Si elle me l’avait dit avant, j’aurais probablement gardé les cheveux longs.

Ma mère appela. Elle demandait à ce que je revienne. Tout d’abord elle se faisait stricte, autoritaire, mais ça ne fonctionnait pas. Puis elle essaya de faire appel à mes sentiments, invoquant que je leur manquais à elle et à mes grands-parents. Ça ne fonctionnait pas plus. Je n’avais pas l’intention de rentrer. Après tout, elle m’avait menti. Et aussi, je n’avais pas les moyens de revenir, mais ça je me suis bien gardé de le lui dire.
Oui elle m’avait menti sur mon père. Elle m’avait dit toutes sortes d’horreurs sur lui, des choses que, avec l’aide du principal intéressé, j’avais réussi à démêler du vrai.
Parce que je ne m’étais pas abstenu de lui demander pourquoi il m’avait abandonné et ça avait été l’occasion pour lui de me dire tout ce qui s’était passé.
Comme ils avaient convenu, Ashton, mon père, était retourné à Ottawa et avait fait les préparatifs nécessaires pour la venue de ma mère. Et comme convenu, il l’avait appelé. Mais le coup de fil n’a pas abouti. Alors il a envoyé une lettre, bien sûr pas au domicile de Futaba mais de ses parents. Et cette lettre n’a reçu aucune réponse. S’était-elle perdue ou était-ce de la malveillance de la part de mes grands-parents qui voulaient garder leur fille près d’elle ?
Quelle que soit la vérité, ça a conduit au résultat qu’on a là. Ma mère est restée chez ses parents tandis que mon père, lui, a fini par rencontrer une autre femme et à l’épouser.

Je ne travaillais pas. Je n’allais pas à l’école. Je passais mes journées à m’occuper de la maison et à explorer Ottawa. C’est si différent de mon Japon natal, la façon dont se comporte les gens me choque encore parfois, même si ça fait des années que j’y suis à présent installé.
Le Japon me manque de temps à autres, même si j’ai peur d’y retourner. J’ai tout abandonné, là-bas. Il n’y a plus rien pour moi. Ayant le mal de pays, il me vint bientôt une idée fixe, saugrenue. Je voulais importer un morceau de Japon dans ma patrie d’accueil.
Je voulais ouvrir un restaurant à sushi, comme celui dans lequel j’avais travaillé. Certes je n’avais pas terminé ma formation, mais je savais comment il fallait travailler et je me disais qu’il n’y avait aucune raison pour que ça ne fonctionne pas.
J’en ait parlé avec ma nouvelle famille et bien que dubitatifs, ils ont accepté de m’aider financièrement. Nous avons trouvé un petit local, tout petit, mais suffisant. Le restaurant dans lequel je travaillais au Japon n’était pas de beaucoup plus grand. À la location, le local n’était pas le plus cher. Il fallait aussi l’aménager et surtout, acheter les matières premières. Si le poisson qu’on peut trouver à Ottawa est de qualité satisfaisante, il est presque impossible de trouver du riz correct et d’autres ingrédients indispensables. Il nous a fallu les faire importer du Japon, avec les frais que ça engendrait.

Puis, enfin, le lancement du restaurant. C’était un jour de stress, des curieux étaient venus pour voir ce que je valais, il fallait que je sois à la hauteur. Et surtout, je ne pouvais pas me permettre de déshonorer ma famille qui avait tant fait pour moi.
Et tout se passa bien, fort heureusement. Les clients étaient heureux, appréciant les sushis que je confectionnais, d’une main experte, avec les meilleurs ingrédients. Le succès continua, me permettant d’avoir de bonnes rentrées d’argent pour le restaurant.
Mais tout ceci ne devait être que l’attrait de la nouveauté qui s’essouffla bientôt, quelques mois après l’ouverture. Des clients, je n’en ai plus que quelques-uns par jour. Cependant, je ne néglige pas pour autant la qualité de mes sushis, continuant de prendre les meilleurs ingrédients pour pouvoir préparer les meilleurs sushis, et je continuerais, même si je ne devais avoir qu’un client par an.

Un client par an, je le servirais aussi bien que n’importe que si j’en avais une centaine par jour. Malheureusement, je risque de ne plus avoir la possibilité de servir ne serait-ce qu’un client. Les factures tombent et les dettes s’accumulent alors que l’argent ne rentre pas.
Chaque soir je crains de m’endormir, de me réveiller le lendemain et de voir que j’ai ruiné la famille qui a été si bonne avec moi, de les voir en difficulté à cause de mes idées saugrenues… Je les ai déçus et déshonorés, comme je l’ai fait avec la famille de ma mère.
Chaque jour est un cauchemar où je me demande comment je vais payer mes dettes. Mon père et Grace m’aident comme ils peuvent sans que j’ai à demander, sans demander de contrepartie. Leur sollicitude me touchait énormément et le fait qu’ils croient en moi et en mon restaurant m’aida à ne pas baisser les bras.

Je sais très bien d’où vient le problème, je sais pourquoi les gens ne viennent pas dans mon restaurant. Mes sushis ne sont pas meilleur que d’autres et au prix des ingrédients, je ne peux pas m’aligner sur les prix de mes concurrents. Si les ingrédients ne parviennent pas à faire la différence, il n’y a que mon talent qui est en cause. Je ne suis pas assez bon.
Néanmoins, je travaille dur, faisant de nombreux essais, répétant et perfectionnant encore et encore mes gestes, mes sushis. Mais le temps que je parvienne à un niveau permettant de me faire sortir la tête de l’eau, je serais déjà noyé et les Waterford avec.

Où j’en ai entendu parlé, je ne sais pas. Probablement au détour d’une rue, cette rumeur m’est remontée aux oreilles. Elle parlait d’un site Internet qui exaucer ses souhaits. À l’époque, je trouvais ça stupide. Ce devait assurément être un canular, un site ne pouvait pas exaucer les vœux. Seuls les dieux en sont capables, mais ils n’écoutent plus les humains depuis des lustres.
Mais dans la situation dans laquelle je me retrouvais, cette histoire me revint en mémoire. Et si ça fonctionnait vraiment ? Je n’avais rien à perdre. Un soir, que j’étais seul dans ma chambre, que je regardais mes factures, mes revenus, et que j’essayais de trouver une solution, j’étais au bord du désespoir. Il fallait un miracle. Alors je me rendis sur ce site. Je contemplai la page noire un long moment, entre espoir et scepticisme.
« Une chance sur deux. »
J’avais une chance sur deux de voir mon souhait exaucé ? C’était bizarre. Mais je décidais de tenter et cliquai, souhaitant de tout mon cœur devenir un maître dans la conception des sushis, encore meilleur que le maître que j’avais à Matsuyama.

Rien ne changea. Ce devait être un canular. Assurément. J’étais toujours le pauvre minable chef sushi autoproclamé et mon restaurant resta toujours aussi vide tandis que mon désespoir croissait de jour en jour.
Mais je me rendais compte que je devenais plus agressif. J’avais toujours eu une part de violence en moi, part qui avait été assourdie à mon entrée à l’université. Et elle s’était réveillée, plus active et violente que jamais.
J’ai commencé à prendre la moindre petite remarque comme une agression personnelle, étant continuellement sur le point de sauter à la gorge de tout le monde pour n’importe quelle broutille. Mes proches disaient que je leur faisais peur et j’essayais de me calmer, d’être moins agressif.

Puis un jour… Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Nous étions juste à table, tous ensemble, à manger et discuter calmement puis un trou noir. L’image suivant que j’avais, c’était du sang. Beaucoup de sang, partout. Les cadavres inertes de ma famille sur le sol de la salle à manger.
C’est moi qui l’ai fait, je le savais même sans m’en souvenir. Il ne me restait qu’une sensation, celle de mes griffes mutilant leur corps. Je les avais assassinés de sang-froid. J’étais un monstre, un assassin.
J’ai été celui qui a appelé la police, leur racontant des mensonges quant aux circonstances de l’événement. J’ai dit que j’avais quitté la table pour me rendre aux toilettes et qu’en revenant, j’avais entendu des cris puis les avait vu en sang. Paniqué, j’avais cherché à les sauver avant de me rendre compte qu’ils étaient tous morts. Vu mon état de choc, la police n’avait aucun mal à me croire.

Je leur aie offrit une sépulture décente que la vente de leur maison me permit de payer. Parce que je ne pouvais pas vivre dans une maison où j’avais tué ma famille, je l’ai revendue, l’ayant hérité avec tous les autres biens de Grace et mon père.
Maintenant, je vis dans mon restaurant qui a gagné au moins quelques mois d’espérance de vie grâce à l’héritage qui m’a permis de rembourser mes dettes. Je travaille beaucoup mais sort souvent le matin et tard le soir pour prendre l’air, même si je préfère rester confiné dans mon restaurant.

Monstre
Quand je me suis transformé en monstre pour la première fois, j’avais eu une violente altercation avec Layla qui m’avait reproché de ne pas lui faire d’autres repas japonais que des sushis. Bien entendu, je m’étais très rapidement enflammé et lui avait crié dessus. Des envies de meurtre m’étaient venues, mais pour ne pas y laisser libre court je suis vite parti me réfugier dans ma chambre.

Posant mes mains sur le bureau et le fixant en tentant de me calmer, je remarquais que mes ongles poussaient d’une demi-dizaine de centimètres, devenant des griffes pointues, acérées et une sorte de brume bleue à l’air enflammée semblait émaner de mes mains. Relevant la tête, sous le coup de la surprise, je relevai la tête vers le miroir accroché devant mon bureau et vis, en premier, que mes yeux avaient changé de couleur, devenant dorés, ensuite dans mon dos, de longs cheveux, plus longs que ce que j’avais déjà, et émergeant de ceux-ci, sur le haut de mon crâne, une paire d’oreilles typées chien ou chat, couleur chocolat. Derrière moi, neuf queues, similaires à celles que j’ai pu voir sur les renards, mais celles-ci de couleur dorée et blanche.

Ça ne dura qu’un fragment de seconde, mais j’eu le temps de remarquer toutes ces transformations. J’eu du mal à le croire mais en même temps je savais que c’était la réalité, que j’étais bel et bien ce monstre que j’avais vu et qui me faisait penser aux légendes que me racontait mes grands-parents, ces légendes sur les yōkai, plus particulièrement aux Kitsune, ces yōkai ressemblant à des renards...

J’étais devenu un monstre colérique, en proie à des accès de violence et à une soif de sang qui fait ressortir mon apparence de monstre. Quand ça m’arrive, je me cloître dans la petite pièce qui me sert de chambre, retenant mon envie de tuer.

Je ne veux plus refaire le même massacre… Plus jamais…



Le Joueur

◮ Prénom/Surnom : Thyerus
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◮ Comment as-tu trouvé le forum ? Bien, vraiment bien !
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MessageSujet : Re: Jiro Waterford, japonais émigré
Jeu 9 Juin - 11:01


Humain
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Humain

Personnage sur l'avatar - Anime : Elizabeta Héderváry (Hungary) - Hetalia: Axis Powers.


You’ve got to take your mind off him
But not with aspirins


‘‘
BON ! Je viens de finir de lire  yay

J'avais hâte de le faire et je ne suis pas déçue !

Bien évidemment, je vais te valider !

La fiche est très belle, très bien écrite...
J'étais trop triste pour la (vraie) maman de Jiro au début... Et puis ça m'a fait voyager ces rizières et tout !

Sinon je trouve ça cool les petites remarques drôles (en tout cas qui m'ont fait rire) que tu as placé par ci par là. J'adoooore lire ce genre de trucs.

Enfin voilà ! Je dirais à Murph' de pas trop s'approcher des restau' de sushis /PAN/. Je te mets ta couleur please
Et puis quelques liens utiles (c'est KDO).

Petits liens utiles
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Jiro Waterford, japonais émigré

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