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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy

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MessageSujet : The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Dim 19 Juin - 16:22


Monstre
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Monstre

Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
Personnage sur l'avatar - Anime : Tsukishima Kei Ω Haikyuu!!


Moonlight drive
burning through the skies a thing of fire connected with our minds and called us higher crawled across the skies and called our name we are the children of the sun we came to be and to become we are the children on course to where we're from ©alas.


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the colourama in your eyes

       

Il y avait avec toi le vieux de la boutique, celui que tu regardes faire avec patience, avec admiration. C'est peut-être l'une des rares personnes en ce monde que tu veuilles bien respecter ; c'est peut-être l'une des rares personnes dans ce monde que tu veuilles bien admirer. T'es pas du genre à te prendre la tête pour ce genre et t'es pas du genre non plus à te dire supérieur aux autres mais t'as tendance à penser que personne ne vaut rien ; vous êtes tous les mêmes et finalement vous ne méritez pas grand chose. Alors c'est vrai, le vieux, tu le regardes un peu avec des étoiles dans les yeux, tu le regardes un peu fier comme un enfant le jour de noël et tu apprécies chacun de ses gestes, il y a même des fois où il doit te demander de partir parce que tu deviens un peu chiant, parce que t'es un peu gênant, parce que merde tu n'as pas mieux à faire de ta vie que rester ici à regarder un vieux bosser sur du bois ? Tu devrais sortir et t'éclater et ça te fait rire quand il te dit ça parce qu'il ne sait pas ; tu as l'impression qu'il ne te connaît pas. C'est à peine s'il t'appelle par ton prénom et peut-être que des fois, c'est blesses. Il n'a jamais vraiment jugé ta personne, il ne t'a jamais dit de changer de style, d'être normal, d'y faire quelque chose et tu te dis que finalement, il n'a peut-être pas bien regardé ; un jour il se rendra compte de qui tu es vraiment et peut-être qu'il prendra peur. Ce jour n'est pas encore là mais au fond de toi, tu te le dis, tu as peur. Peur qu'il te laisse, peur que la seule chose qui te raccroche à cette pauvre vie s'échappe. Un soupir et tu ajustes un bonnet sur tes cheveux -actuellement- platine. Une veste en cuir, un pantalon bien trop troué pour que ce soit permis, un t-shirt froissé et tes lunettes, te voilà parti. Il t'a dit d'aller faire un tour ; il est tard et tu ne sais pas vraiment où aller, mais tu vas y aller. Tu as attrapé ton violon, parce qu'on ne sait jamais. Peut-être te posteras-tu dans le parc, ou peut-être te perdras-tu dans des bras ; tu ne cherches pas vraiment, tu te laisseras porter par le vent.

Le vent. Il souffle légèrement. La température n'est pas désagréable mais l'air te dérange alors tu enfonces tes mains dans les poches de ton perfecto, violon sur le dos. C'est le soir qui tombe mais les nuages recouvrant la ville ne permettent pas d'observer les étoiles ; c'est d'une tristesse son nom pour toi dont le ciel est une passion. Il n'y a qu'à en juger par l'encre sur ton corps, si l'on ne comprend pas que tu as une légère obsession avec l'astrologie, l'astronomie, on ne comprends plus vraiment rien. Tu soupires. Tu aurais aimé au moins apprécier les étoiles, quitte à t'emmerder toute la soirée. Tu n'étais pas d'humeur à sortir, tu n'étais pas d'humeur à faire la fête. Il y avait comme un poids lourd sur ton coeur, il y avait comme une drôle de chose qui te pesait sur l'estomac et voilà que tu te mettais quelque peu à paniquer. Tu te dis que tu avais besoin d'être seul, tu ne sais où aller et tes pas te guident. On dit que les enfants marchent toujours dos au soleil et peut-être que c'est encore le cas aujourd'hui ; s'il y avait eu du soleil. Ton regard s'est porté sur l'étendu d'eau et tu t'es dit que ce n'était pas un si mauvais endroit. Calme, paisible, on entendrait presque l'eau chanter et tu t'y plais. Tu te dis que personne ne viendra te déranger mais que tu ne dérangeras pas non plus, un bon compromis. Tu fais tes pas sur le début du sentier -tu ne sais pas trop où tu es à vrai dire, mais c'est pas comme si ça t'importait vraiment. Tu te dis que t'es bien là, tu te dis que personne ne pourra venir t'embêter, tu te dis que si tu veux tu peux même aller te foutre les pieds dans l'eau et tu te dis que même si c'est interdit, tu n'en as pas grand chose à faire. C'est pas comme si on allait te réprimander à cette heure-ci n'est-ce pas ? Tu poses l'étui de ton violon, le sort et le pose sur ton épaule. Tu respires. Des fois, tu te demandes pourquoi tu continues, pourquoi tu t'accroches à ce souvenir, pourquoi est-ce que tu te fais du mal. Tu te dis qu'au fond, ce sont les seuls bons moments qui te restent en mémoire, c'est le souvenir d'une famille heureuse, d'une famille souriante, c'est le seul souvenir avant qu'ils ne te prennent pour un monstre -et si seulement ils savaient. Tu te dis que jouer maintenant que tu es seul, ça n'a plus vraiment d'importance, tu te dis que tu ne vois plus l'utilité et pourtant, tu continues. Tu te dis que c'est la seule chose que tu sais faire de bien, alors autant le faire. Comme si tu perpétuais la mémoire de Camille, comme s'il vivait à travers tes notes, comme s'il était là avec toi et t'as son visage endormi qui te traverse l'esprit. C'est un peu de la torture que de te souvenir de lui mais tu te dis que si tu ne le fais pas, tu as comme l'impression que personne ne sera là pour le faire. Nouveau soupir, tu fermes les yeux. Tu voudrais rentrer au fond, tu voudrais retrouver, dormir sur le canapé que tu squattes comme un abruti, tu voudrais travailler, te vider la tête, ce n'était pas le moment de te faire sortir et pourtant, tes doigts glissent sur les cordes de l'instrument, des notes de la sonate pour violon de Debussy se fait entendre dans le silence du crépuscule.

(c) khάη

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Lun 20 Juin - 14:17


Humain
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Humain

Personnage sur l'avatar - Anime : Elizabeta Héderváry (Hungary) - Hetalia: Axis Powers.


You’ve got to take your mind off him
But not with aspirins


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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive


« Murphy ne fait pas ça », « Murphy ne rentre pas trop tard », « Murphy tu me fatigues à désobéir tout le temps, tu vas avoir des ennuis si tu ne m’écoutes pas. »

Les années qui me séparent de mon enfance ne sont pas parvenues à effacer la voix de ma mère de ma tête. La mélodie de son timbre, le son de ses mots, les intonations de ses syllabes… Je me souviens encore de tout mais je ne respecte toujours rien. Qu’importe ? Je suis une grande fille maintenant. Il faut croire que mes quelques périodes sidérales de plus n’ont pas suffi à me faire devenir adulte. Ni grande d’ailleurs, d’après le reflet de la fille que me renvoie la vitrine en face de moi. Elle est bien habillée, un peu trop stricte, presque hautaine. Je me dis que c’est le chignon qui fait ça. C’est facile de blâmer le chignon. Beaucoup plus que de se remettre en question. D’autant plus que c’est à cause d’eux. Quelle idée ils ont eu de me faire cette coiffure aujourd’hui ! Parfois, j’ai l’impression qu’ils s’amusent à me faire ressembler à ma mère. Souvent, je réalise que ce n’est pas de leur faute. J’ai toujours trouvé ma mère très jolie mais lui ressembler ne me va pas.

J’enlève mon rouge à lèvres à l’aide du dos de ma main. Le rendu de la manipulation est sûrement peu esthétique mais je m’en fiche. De toute façon, la pénombre habille bien mieux la laideur que le maquillage.

Sur cette pensée, je me détache de mon alter égo pour continuer ma marche nocturne. Comme tous les jours, j’emprunte rues et ruelles au hasard dans le but de rendre chaque trajet unique, différent du précédent et du suivant. Tous les chemins mènent à Rome après tout. Pourquoi je marche ? Parce que je n’aime pas les transports en commun. Je déteste la proximité avec les autres qui va avec. Cette répulsion que même la pluie n’entrave pas me fait perdre une bonne heure chaque jour et une partie de mon salaire. Je n’arrive bien souvent pas à résister à ce que je peux voir dans les boutiques lors de ma déambulation. Certains matins et le plus souvent à la fin du mois, je m’autorise le confort d’une banquette de taxi. J’aime beaucoup observer en silence le chauffeur. Concentrés sur la route, ils ne remarquent souvent pas mon inquisition. Voir sans être vue, n’est-ce pas délectable ? Lors de cet exercice, je m’autorise à imaginer ce que peut être leur vie en dehors du véhicule. Bien souvent, ma fantaisie limitée ne conduit qu’aux mêmes conclusions. C’est pénible d’être si peu imaginative.

Je reprends mes esprits. Je m’aperçois que mes pensées m’ont immobilisée, encore. Suis-je donc ce genre de personne incapable de faire deux choses à la fois ? C’est affligeant. Pour ne pas être trop sévère avec moi-même, je mets ça sur le dos de la fatigue. C’est facile d’accuser la fatigue.

Les lumières des boutiques encore ouvertes éclairent le trottoir et appellent les promeneurs du soir comme des papillons de nuit. En bonne proie bien trop facile à avoir, je me fais harponner par une épicerie et ressors de celle-ci avec mon diner : Sandwich, eau gazeuse, gâteau au chocolat, assiette en carton et couverts en plastique.

« Tu devrais manger plus sainement, et prendre le temps de faire de vrais repas Murphy. »

Je devais et je devrais encore. Mais je ne le faisais et ne le fais pas. J’aime manger sur le pouce. J’aime les choses grasses et malsaines et je suis sincèrement convaincue qu’il n’existe pas de meilleure façon de décupler le plaisir qu’en utilisant la culpabilité. Imputation de l’hédonisme pour justifier mon refus de l’autorité. C’est tellement facile d’incriminer le plaisir. C’est affligeant.

Puis vient le jour où la voix de l’autocratie devient plus masculine, plus rauque. « Murph’, je me suis inquiété. Tu étais où ? », « Murph’ arrête de passer par ce chemin, la nuit c’est dangereux ». Mon fiancé avait raison. Et pourtant quelque chose en moi me forçait à désobéir. Cette même petite chose qui rendait ma mère folle lorsque j’avais 15 ans et que je me suis mise à fumer, à boire et à rentrer tard le soir. Puis vint le jour où la voix s’essouffle, se fatigue, disparaît. Aujourd’hui, il n’y a plus de voix pour me guider ou me réprimander. Je peux donc bien faire ce que j’ai envie de faire. Je devrais m’en réjouir ? Oui. Mais derrière cette liberté indûment glorieuse il n’y a qu’une triste réalité : Plus personne n’est là pour veiller sur moi.

La nuit est déjà bien installée lorsque j’arrive près de la rivière. D’habitude à cet endroit, c’est le claquement des bouteilles en verre ou les rires gras des fêtards qui me signalent que je ne suis pas seule. Aussi inhabituel qu’agréable, ce soir, c’est une douce mélodie classique qui traverse la pénombre pour me faire signe. Tel un métronome, le bruit de mes talons accompagne la complainte du violon. Sa lamentation criarde dérange, obnubile. Je me retrouve piégée dans ce mélange d’émotions que l’on ne partage qu’avec des notes et pas avec des mots. Alors que j’aimerais le rejoindre dans sa jérémiade, je me retrouve bien bête, muette, aphone, tout simplement incapable de jouer d’un instrument. La seule chose que je peux essayer de faire est de comprendre et d’envier. Alors je m’exécute. J’enlève mes chaussures, je reste penaude derrière la silhouette mélomane. Le bitume est chaud et le contraste avec l’air frais est saisissant.

Quelques minutes me furent nécessaire pour réagir lorsqu’il eut finit de jouer, et c’est probablement avec autant de surprise que lui que je me suis entendue taper dans mes mains pour l’applaudir.


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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Lun 20 Juin - 15:10


Monstre
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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Il y a dans ton regard quelque chose d'absent. Il vole autour de toi les fantômes de ton passé. Les pleurs de ton violons sont accompagnés des voix enchanteresses, des souvenirs perdus. Tu as l'impression que tu te fais bien plus de mal qu'autre chose, tu as l'impression que jamais tu ne pourras survivre à tout ça. Ca ne fait pas si longtemps, si tu comptes sur tes doigts, que tu es ainsi seul, que tu fais le fort. Le vioc t'a souvent répété que tu avais le droit de craquer, de te mettre à pleurer. Il t'a souvent dit que tu n'avais pas besoin de te cacher derrière cette allure de racaille, de petit rigolo. C'est bien comme ça, mais ça serait certainement mieux autrement. Il est toujours de bon conseil, le vioc, mais tu ne l'écoutes jamais. Comme un adolescent rebelle, t'aimes bien faire le contraire de ce qu'on te dit. Tu as l'impression que ça peut t'apporter des choses, tu as l'impression qu'on peut survivre comme ça. Mais tu te rends compte que ce n'est pas seulement avec lui, c'est avec tout le monde. On pourra te dire droite que tu partiras à gauche et l'on pourra te dire noir que tu diras blond. Esprit contradictoire, t'as presque envie de fâcher le monde qui t'entoure. T'es pas vraiment le genre de gosse qui se trouve être pour la paix ; tu ne sais pas trop ce que tu veux. Peut-être que tu veux qu'on te dise que tu existes. D'une certaine manière, peut-être que tu cherches à attirer l'attention, un peu plus. Un peu comme les enfants, ceux qui font des bêtises et à qui on cherche des excuses parce que vous comprenez, un enfant turbulent c'est forcément parce qu'il semble avoir besoin d'intention, c'est simplement parce que les parents sont mauvais, qu'ils ne s'occupent pas assez bien de lui. Tu leur rigoles bien au nez, à ces gens-là, parce que toi « t'as mal tourné », c'est comme ça qu'ils disent, et pourtant tu en avais de l'attention. Peut-être même un peu trop. Beaucoup trop. C'est comme ça qu'ils disent aussi, quand on tourne mal. Trop d'attention, et le gosse sent oppressé, perdu, harcelé alors forcément, faut qu'il aille foutre la merde ailleurs. Quand t'y réfléchis, tu te dis qu'il n'y a pas forcément d'excuses, en fait. Ils ne savent pas. On ne sait pas ; toi non plus tu ne sais pas pourquoi t'es comme ça. Tu leur dirais bien qu'ils ont raison, c'est parce qu'il y avait trop de pression, mais ça serait leur faire trop plaisir et t'as pas envie de faire plaisir à ces gens que tu t'amuses à traiter de con. Jouer te fait tout le temps penser. Trop, certainement, et tu ne sais plus très bien ce que tu fais. Si l'on t'entendait, certains diraient que ce n'est pas trop ça, que tu fais celui qui sait jouer mais tu dois encore avoir l'air d'un début. Si seulement l'on t'entendait.

On t'a entendu. Tu le sais. Tu entends quelqu'un frapper dans ses mains alors que tu as arrêté, alors que tu as fermé les yeux, alors que tut 'es dit que tu voulais profiter de l'air frais qui s'était levé, alors que tu voulais profiter du soudain silence qui reposait autour de toi, comme s'il te remerciait d'avoir enfin fait taire tes pleurs. Mais une nouvelle fois, il fut brisé. Clap, clap, le bruit des mains qui s'entrechoquent, clap, clap qui raisonne dans l'eau calme de la rivière et tu ne sais pas si tu dois te retourner, si tu dois partir, si tu dois faire quelque chose. T'as pas l'habitude que l'on t'écoute ; que l'on t'entende peut-être, mais que l'on y fasse attention au point de t'applaudir, trop rarement pour que tu t'y fasses. Un rire s'échappe pourtant de tes lèvres et te prêtant au jeu -est-ce un jeu ? tu te retournes vers le bruit et à la façon d'un grand joueur, tu t'abaisses en une révérence, un peu forcée, un peu drôle, qui colle pas si bien avec ton allure, mais qu'en as-tu à faire ? Tes lunettes glissent quelque peu sur le bout de ton nez et tu viens les repositionner alors que tu te redresses, alors que tu laisses échapper un ; « Merci », un vrai, avec un sourire qui éclaire tout ton visage, ou presque, autant que la lune puisse le montrer. « Je m'attendais pas à ce qu'on m'écoute. » tu l'avoues, presque honteux et tu retournes poser le doux instruments dans l'étui qui était à tes pieds, tu te baisses, t'en prends soin, tu ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose. C'est ta seule bouée. « J'aurais fait quelque chose de mieux. » c'est ce que tu dis en te relevant, c'est ce que tu dis en souriant encore, c'est ce que tu dis en la détaillant et alors tu te rends compte qu'elle n'a pas l'air dans son assiette, ou peut-être est-elle tout simplement fatiguée ? tu ne sais pas, tu ne veux pas savoir. Ou peut-être que si alors, tu l'inviterais presque à s'asseoir avec toi, là au clair de lune, à parler, sans savoir qui elle est, ce qu'elle vaut ; mais tu t'en fous un peu à vrai dire, de qui elle est vraiment. T'aimes pas avoir un poids sur le coeur et tu es certain que tu n'es pas le seul. De nouveau, ta voix vient s'élever dans le silence, comme s'il n'attendait plus qu'à être brisé en mille morceau ; « Dure journée ? » et tu la regardes encore, de tes yeux perçants, et tu te dis qu'elle pourrait faire un effort, ça ne va pas à une jolie femme que de porter ainsi son maquillage, ça t'amuserait presque et tu te dis que si elle est comme ça, elle s'en fout un peu aussi. Dans la nuit, tous les chats sont gris.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mar 21 Juin - 18:15


Humain
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Humain

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Je me suis sentie soudain d’une grossièreté incroyable. Dans cette situation, l’expression de la politesse ne devait sûrement pas être l’ovation de la prestation. Cette acclamation qui avait semblé pourtant évidente à mon subconscient me paraissait à présent méprisable. Le respect que je portais à son œuvre aurait dû se traduire par un silence discret. Le simple fait d’accepter que la beauté de son œuvre ne m’était clairement pas destinée était une bien meilleure façon de lui rendre hommage. Il était évident qu’il était venu là pour être seul, qu’il ne voulait pas être dérangé par la pollution des autres. Cette même pollution que je fuyais tous les jours et que je venais lui affliger. Le pauvre. Sans m’en rendre compte, je venais de détruire la symbiose entre lui, son instrument et la nuit. Son désir de solitude ne pouvait pas répondre de l’hypothétique. Parce que bon, on ne vient pas jouer du violon au beau milieu de nulle part, en pleine nuit, pour le simple plaisir de la reconnaissance. Mon inopportune présence et ma réaction déplacée n’avaient-elles pas détruit tout ce qui venait de se produire ? Ou au contraire. Peut-être que ce jeune homme qui ne parle qu’avec des notes pouvait également parler avec des mots ? Il se retourne, visiblement peu contrarié de mon interruption. En tout cas si il l’est, il le cache bien.

Je balaye son corps de mon regard machinalement. Décidément, la politesse me fuit quand il fait nuit. Je suis surprise de la conclusion de mon inspection. L’homme au violon n’est rien de plus qu’un jeune homme, je ne m’attendais pas à ça. D’ailleurs, à quoi je m’attendais ? Maintenant que j’y pense je ne sais pas vraiment. Quelqu’un de plus vieux sûrement, ou en tout cas quelqu’un de « pas comme lui ». En y réfléchissant bien, un premier de classe n’aurait jamais osé s’aventurer dehors en pleine nuit, et une petite racaille n’aurait jamais su jouer au violon aussi bien que lui. Alors qui est-il ? Ce mystère que même mes consternants préjugés ne savent pas résoudre m’intrigue.

Quelque chose d’autre trotte dans mon esprit. De quoi ai-je l’air ? Car si je ne me suis pas gênée pour le détailler, il en va de même pour lui. La journée de travail a sûrement fait des dégâts. De plus, l’obscurité a surement entravé un peu nos visions et nos conclusions. Non seulement les préjugés étaient de sortie, mais en plus ils sont fondés sur une base non tangible. C’est affligeant. C’est beaucoup trop humain. Extrapoler est notre seconde nature. Sans quoi on ne peut pas assouvir ce besoin de curiosité, parfois malsaine, parfois morbide, parfois humaine. Il y a alors un paradoxe dans tout ça. En recherchant la vérité, on la néglige.

Si je suis surprise de le voir, ou plutôt de le découvrir, lui aussi semble troublé. Non seulement par ma présence mais visiblement aussi par mon allure. Son regard fixé sur moi me fait presque vaciller. Je repense à mon rouge à lèvres. Si j’avais su qu’on me regarderait de soir est ce que je l’aurais massacré de la sorte ? La réponse est oui, je pense. Il arrive un stade où l’apparence devient secondaire. Quand on a plus la motivation de plaire, de faire semblant. Faire semblant, ou ne pas faire semblant de ne plus vouloir être soi. Vouloir devenir ce qu’on imagine être la norme, ce qu’on imagine être ce que les autres attendent de nous. Moi je n’attends plus grand-chose des autres.

Au fond de moi, je sais bien qu’il n’aurait jamais pu faire quelque chose de mieux. Si il avait su que j’étais juste derrière lui, à épier ses pensées tourmentées, il n’aurait jamais joué de façon aussi vraie. Il aurait fait du parfait, du classique, du commun, du déjà-vu. Ce qu’on peut aller voir en payant une place de concert. Ce qu’on peut rencontrer quand on va à une audition pour le conservatoire. Pas ce qu’on a envie d’entendre dans la nuit, près d’une rivière quand on rentre du boulot. C’est donc aussi convaincue que j’espère convaincante que je me suis entendue lui répondre :

Je vous assure, c’était parfait.

Il a une familiarité déconcertante. Est-ce que ma journée a été dure ? J’ai l’impression de parler à un ami de longue date. Est-ce vraiment si flagrant que je suis maussade ? Maintenant qu’il m’y fait penser : Est-ce qu’une journée peut être autre chose que dure ? J’ai l’impression que « dure journée » est devenue pléonasme dans mon quotidien depuis bien longtemps. J’ose me proclamer « adulte » et « grande fille » mais sur mes talons de femme je ne suis rien de plus qu’une adolescente en crise, dégoutée par la vie et ses perspectives. Que peut on répondre à ça ? La vérité implique alcool et détails, la feinte implique mensonge et une chose est sûre, je ne suis pas une menteuse.

Oui un petit peu. Je suis fatiguée. Pour vous aussi ?

Ou comment éviter le mensonge par une omission. Toujours est-il que le prononcer me conditionne. Je me sens lourde, faible.

Je peux m’assoir un peu ?

Ma question n’a pas de sens car je n’ai pas osé rajouter « à côté de vous ». J’imagine déjà son désarroi alors j’ai détourné mon regard pour ne pas le constater. Comme si je lui avais laissé le choix. Je m’impose à lui encore une fois. Je m'assoie. Il a intérêt d’être bonne poire. Je me demande si je ne vais pas regretter mes paroles. Mais après tout, qu’est ce qui m’empêche finalement d’avoir 15 ans encore une fois ? De m’assoir, ou bien de m’écrouler, autant de fatigue que de dépit. De fermer les yeux et de laisser la tristesse prendre le dessus. De laisser jaillir tout ce que je retiens pour ne pas flancher pendant la journée, pendant mes longues et vides soirées. Qu’est ce qui me retient de tout lui déballer ? De lui raconter comment un affreux site internet a gâché ma vie. M’a ôté mes futurs enfants, ma future maison, ma future voiture.

Mes années en plus surement. Son sourire franc, sincère. Sa naïveté apparente et son contraste avec la mélodie qu’il venait d’exécuter. Sa légèreté sonnait faux, et je n’ai pas le droit de lui faire porter le poids de mes erreurs.

Ce n’est pas habituel de croiser un musicien ici à cette heure. La plupart du temps, c’est plutôt des fêtards nocturnes bien éméchés.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Jeu 23 Juin - 0:14


Monstre
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Elle t'a dit que c'était parfait mais tu ne sais pas si tu peux la croire et tu ne sais pas si tu dois être d"accord avec elle ou si tu dois simplement prendre ça comme un compliment que l'on fait normalement, que l'on fait habituellement, que tout le monde peut entendre. Tu ne sais pas s'il y avait vraiment un côté parfait, un côté poli à ce que tu venais de faire. T'as l'impression qu'il n'y avait que des sentiments en vrac, tu as l'impression qu'il n'y avait que des morceaux de toi un peu perdu partout dans cette musique, un peu perdu partout dans la mélodie. Tu ne sais pas si parfait est le bon mot parce que tu sais que cette perfection est marquée d'erreur, tu sais que ce n'est pas vraiment ce que tu aimes entendre non plus. Ca aurait pu être meilleur, parce que ça peut toujours être meilleur -c'est une phrase que tes parents te sortaient souvent mais ce n'est pas parfait, loin de là, le sans faute, zéro défaut, ce n'est pas ton truc. Mais peut-être aussi que c'est son interprétation du parfait, peut-être que ces faiblesses, peut-être que ce tiraillement, elle le voit comme une perfection, peut-être qu'elle le voit comme quelque chose qui le rend vivant. Est-ce qu'être vivant, c'est être parfait ? Et tu as laissé ta question en suspend pour quelques instants, pour de longues minutes. Si être vivant se résume à être parfait pourquoi est-ce que tu te retrouverais à être ce que l'on fuit le plus, pourquoi est-ce que tu te retrouverais à être ce que l'on appelle avec une habilité quelconque et une déformation de vocabulaire impressionnante « monstre ». Tu ne te vois pas comme ça et peut-être que parmi les monstres, certains sont d'une cruauté sans nom, mais tu n'es pas de ce genre-là et l'étiquette qu'ils t'ont mis sur le dos a tendance à te gratter, du genre plutôt fort, à te laisser des traces et des rougeurs. Tu aimerais dire au monde que ce n'est pas parce qu'on est différent que l'on est forcément méchant mais tu sais que le monde ne comprendrait pas, tu sais que le monde s'en foutrait et même si c'est d'une tristesse sans nom, tu t'y es longtemps résigné. Tu ne feras certainement jamais comprendre à personne cette distinction ; pourtant, tu n'es qu'un humain comme un autre s'ils te regardent comme ça, et tu n'es pas vraiment différent d'eux, alors pourquoi faire autant de différences, pourquoi chercher à vous séparer quand tu es certain que d'une certaine manière, vous pourriez vivre ensemble. Mais peut-être es-tu utopiste, peut-être te fais-tu des idées et peut-être que tu es un peu idiot à espérer. C'est quelque chose qu'on ne peut pas t'enlever et même si tu aimerais te changer, tu as une foi en l'Homme qui peut se montrer déconcertante ; ou peut-être est-ce parce que tu n'as plus foi en toi, plus foi en les autres que tu te mets à espérer que tes rêves deviennent réalité ? Qu'est-ce que tu en sais vraiment et crois-tu qu'il est vraiment l'heure d'y penser ? Un signe de tête humble, presque gêné pour la remercier, de peur qu'elle continue.

Mais elle n'a fait que répondre à ta question, une question banale, une question que tu as posé sans réfléchir ; tu t'es simplement dit qu'elle n'avait pas l'air si bien, qu'elle avait l'air un peu perdue, un peu déboussolée, un peu saoulée. Elle avait l'air de plein de choses et de rien en même temps et c'est peut-être ce qui t'a perturbé, ce qui t'a interpellé. Tu avais presque besoin de savoir pourquoi, et t'avais presque envie de lui demander pour son rouge à lèves ; amant dévastateur ou simple ras-le-bol, tu ne sais pas mais tu ne dis rien, parce qu'après tout, ce ne sont pas tes affaires, après tout, tu n'as pas besoin de savoir et tu es certain que c'est ce qu'elle te répondrait aussi si tu essayais de t'aventurer sur ce pauvre chemin quelque peu sinueux. Tu te dis que si elle le veut, elle parlera d'elle-même, si elle a besoin de vider son sac, de crier aux vents et aux eaux ce qui ne va pas, qu'elle le fasse ; tu l'écouteras se plaindre comme elle t'a écouté, tu lui dois bien ça et même si sa voix ne sera pas parfaite peut-être comprendras-tu la perfection au travers de la douce mélodie de ses complaintes. « J'ai certainement connu mieux. » mais comme beaucoup te dis-tu, on connait tous des hauts et des bas, des journées qui semblent plus ou moins avoir mal tournées. Toi, aujourd'hui ça allait, mais il y avait le vioc et ses pensées à la con, le vioc et ses mots qui blessent. C'est à cause de lui que tu es ici mais peut-être devras-tu lui dire merci. Tu ne t'attendais tout de même pas à ce qu'elle s'intéresse à toi, qu'elle te retourne la question mais ce qui t'a peut-être le plus étonné c'est quand elle a demandé si elle pouvait s'asseoir, sous-entendant que ce serait à côté de toi. C'est vrai que tu avais repris cette position sans vraiment réfléchir, peut-être aussi comme une invitation, tu ne sais pas vraiment. T'as pas vraiment eu le temps de parler qu'elle s'était déjà installée et pourtant tu as laissé échapper ; « A vos aises, princesse » princesse qui n'avait rien de moqueur, rien de dragueur ; c'était plutôt joueur, plutôt amusant, amusé. T'avais souris légèrement, t'avais pas cherché à la faire fuir, tu voulais simplement la voir sourire. C'est un truc chez toi, on te le dit souvent. T'essayes de faire ce genre de choses complètement stupides, t'essayes de montrer aux gens qu'il y a toujours pire et si tu pouvais lui montrer à elle qu'elle n'est pas seule, c'est tout ce dont tu as besoin. Alors vous êtes là, comme deux abrutis, deux idiots, assis dans l'herbe au bord d'une eau certainement trop fraîche pour y mettre les pieds dedans -et puis pourquoi ne pas essayer après tout ? Il n'y a que la brise légère qui secouent vos cheveux blonds et le bruit de vos pensées qui s'emmêlent.

C''est elle qui brise le silence et ce qu'elle dit te fait doucement rire. Tu as hoché de la tête, pour acquiescer, parce que tu le sais, parce que tu t'en doutes, parce que... « Je fais parti un peu des deux, aujourd'hui c'était le musicien, peut-être que demain ce sera le fêtard. » as-tu avoué avec un rire, avec un sourire. Elle a simplement eu de la chance de te rencontrer dans un bon jour, elle a simplement eu le cul de te voir sobre et plutôt agréable. T'as encore souris, t'as passé une main sur ton visage et t'as finalement dit ; « Mais tu n'as pas non plus l'air de faire partie d'une catégorie ou de l'autre, hm ? » question à moitié posée, question dissimulée. « Voir une femme seule dans cet endroit, ce n'est pas forcément rassurant, si j'avais été toi je ne l'aurai pas fait. » loin de toi des proposes misogynes, des propos qui la rabaissent bien au contraire, tu admirerais presque son courage à venir se faufiler par ici, tu saluerais presque sa force ou peut-être la force de sa défaite mais toujours est-il qu'elle ne semble pas effrayée, qu'elle ne semble pas vraiment décidée et alors, tu fouilles dans les poches de ta veste pour en sortir un paquet de kleenex -t'es le genre de gars à qui on volait toujours des mouchoirs parce que tu en avais tout le temps, puis tu lui as tendu un des morceaux de papier avec un petit regard, avec un petit sourire ; « Pour le rouge à lèvres. Dans le noir, t'as un peu l'air du joker et c'est pas franchement rassurant. » l'as-tu taquiné, as-tu rigolé. Tu ne l'as connais pas et tu es pourtant du genre déjà trop familier. C'est un défaut certains disent, toi tu prends plutôt ça comme une qualité. Vous auriez eu l'air bien con, tous les deux, si vous deviez vous contenter de regarder le reflet des étoiles dans l'eau sans savoir quoi dire sous prétexte que vous êtes des inconnus ; pour toi, vos regards ce sont croisés et beaucoup disent que les yeux sont les miroirs de l'âme alors au fond, c'est un peu comme si vous vous connaissiez.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mar 28 Juin - 9:49


Humain
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Humain

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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive


Ma réponse était peut être « bateau », passe partout et va nulle part mais la sienne n’est pas bien mieux. Qui peut se vanter de vivre « le plus beau jour de sa vie ». Qu’est-ce que ça peut bien être de toute façon ? Le mariage ? Les cérémonies sont fatigantes. Le jour où on a son diplôme ? Il y a les études secondaires ensuite. Le plus beau jour d’une vie n’existe pas. Et quand bien même il existerait, on ne le verrait pas passer car dans notre tête, le futur s’annonce toujours « beaucoup mieux ». Car bientôt on aura ça, bientôt on aura plus ça. Et prochainement notre vie sera comme ça, sans tarder notre vie ne sera plus comme ça. Je vois les humains insatiables, éternellement insatisfaits. Ma vision du bonheur est limitée à sa non existence. Je veux bien l’admettre, d’un côté, c’est triste ; Mais d’un autre, je ne perds plus de temps à espérer que le plus beau jour de ma vie arrive. Espérer c’est perdre du temps et perdre le présent.

Je ne suis peut-être pas un modèle de satisfaction. Mais maintenant que je sais que les petites choses de la vie sont précaires, j’y prête beaucoup plus attention. Je n’attends pas les dernières fois pour apprécier le quotidien, ni le dénouement pour estimer l’exceptionnel. Finalement c’est sûrement ça ma chance dans l’histoire, voir le bon côté de la médaille rouillée : A force de voir le mauvais côté des choses, j’ai appris à en apprécier les soupçons de bon.

Je me demande quel genre de journée il a passé. Quel genre de journées passe-on quand on est un garçon de … 20 à 25 ans je dirais ? Il étudie ? Il a peut-être eu de mauvais résultats. Ou alors c’est un manuel ? Visiblement, il sait se servir de ses deux mains et en faire quelque chose. Encore une fois, je me risque à le caractériser. Je ne devrais pas et je le sais. Même ses intonations rebelles et ses facilités de langage ne m’aident pas, je suis convaincue d’aller dans une mauvaise direction à chaque fois.

Je me suis donc assise à côté de lui. Il m’épate. Comment réussir à être si léger et souriant quand on ne va pas bien ? Peut-être que j’ai surestimé ses problèmes, ou sous-estimé les miens. Ou alors sa force de caractère surmonte et de très loin la mienne, ce qui est plus probable. Finalement cette marche que je me suis prise dans la gueule n’est sans doute pas insurmontable. J’ai tout simplement à plus lever le pied… Et lever le pied c’est bien son truc. Il me fait sourire et ça fait du bien. C’est agréable de ne plus se préoccuper des convenances, de parler aux gens sans avoir de but précis ou d’objectifs. Depuis ma séparation, j’ai perdu la quasi-totalité de mes amis. Certains préféraient Neal et sont devenus mal à l’aise au moment de m’adresser de nouveau la parole, d’autres ne savaient pas lequel de nous deux choisir, d’autres encore se sont retrouvé dégoutés, lassés de ma tristesse interminable et des refus à la chaine que je donnais à leurs invitations. Faute d’avoir des relations amicales, je n’ai plus l’habitude des rapports humains cordiaux. Alors lorsqu’il s’est mis à me tutoyer, au début, j’ai été un peu surprise. Toutefois, je me dis que ça me convient bien. Les codes n’existent pas pour ce genre de situation. Ou plutôt si, ils existent mais je les avais déjà bafoués en venant m’assoir près de lui ou en l’applaudissant quelques instants auparavant.

Mais tu n'as pas non plus l'air de faire partie d'une catégorie ou de l'autre, hm ?

Il a raison. Mes préjugés n’incluaient pas de case pour moi. Leur limite n’avait même pas besoin d’être cherchée auprès du jeune homme, il suffisait de me regarder pour en comprendre leur astigmatisme.

Malheureusement, je ne suis pas musicienne. Etant petite, je n’ai jamais accepté de passer du temps sur une chaise à débuter. Il me fallait tout, tout de suite et parfaitement.

Je marque une pause. J’ai un peu honte de ce que je viens de dire et pourtant qu’est-ce que je peux y faire ? C’est trop tard pour changer le cours des choses maintenant. Je ne peux plus revenir en arrière, avoir 8 ans de nouveau et être plus docile. Et quand bien même je retournerais en arrière, est-ce que je changerais les choses ? Est-ce que j’aurais une raison de changer ?

Et puis ça fait bien longtemps que je n’ai pas fait la fête.

Je n’ose pas le regarder. Il va me prendre pour une vieille fille qui ne s’amuse jamais. Il va me prendre pour ce que je suis vraiment tout compte fait. Comme pour essayer de justifier mon manque de fun, je continue :

C’est juste un chemin que j’emprunte parfois quand je rentre du travail. D’habitude je ne m’arrête pas et il ne m’est jamais rien arrivé. Alors, « Que Sera Sera ».

Il me parle de mon rouge à lèvres et me compare au joker. Je suis surprise car je pensais en avoir retiré la plus grande partie, même si je ne suis pas allée jusqu’à vérifier l’exactitude de cette information. Je comprends mieux pourquoi il m’a dévisagée quelques minutes plus tôt. Lui avait donc une excuse autre que l’impolitesse. Je m’inquiétais de mon apparence… mais j’étais très loin d’imaginer ressembler à ça. Enfin je m’en fiche. Il n’y a pas d’enjeu, pas de risques. Alors je rigole. Je rigole franchement et avec un peu de sa légèreté contagieuse. Ce soir, je suis plus proche de lui que je ne le suis en ce moment de certains de mes amis de longues dates. C’est étrange et grisant à la fois. Sans réfléchir, je pose mon regard dans le sien et essaye de feinter une expression de visage malveillante en ajoutant :

C’est ma technique pour ne pas me faire agresser.

Puis, sans vraiment me lever, je m’approche de l’eau pour me contempler dedans. J’aperçois le barbouillage rouge sur ma joue. Je pousse un petit soupire. Il a raison, ce n’est vraiment pas très saillant. Je plonge ma paume dans l’eau glacée et frotte un peu ma peau pour faire partir les restes de la femme qui est allée travailler aujourd’hui.

La vôtre ne semble pas vraiment au point. Le violon ne donne pas envie de fuir au contraire. Et j’en suis la preuve vivante !

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Jeu 30 Juin - 10:16


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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Moonlight drive
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Un rire s'échappe d'entre tes lèvres quand tu l'entends te dire qu'elle n'a jamais été très patiente avec un instrument. Tu ne te moques pas, loin de là, loin de toi cette idée. Tu ne peux d'ailleurs que compatir à ce qu'elle te dit et tu en as hoché la tête ; « Si tu m'avais vu au début... » as-tu laissé échapper avec un petit sourire. Parce que c'est la vérité, si seulement elle t'avait vu la première fois que tu as posé ton archet sur le violon ; tu as cru pleuré. Tu as été aussi comme ça, un sale gosse, du genre à vouloir tout, tout de suite. Tu voulais que le son qui en sorte soit beau, tu ne voulais pas l'entendre grincer, fort, trop fort. Tu ne voulais pas voir les autres grimacer et tu ne voulais pas avoir l'impression de tuer une personne chaque fois qu'une note sortait. Si tu t'étais écouté, tu aurais laissé tomber ça aussi. Parce que ça ne marchait pas, parce que tu n'avais pas l'air bon, parce que ça ne voulait pas marcher et que tu voulais le faire chanter immédiatement, toi. Alors tu peux comprendre, qu'elle se soit découragée, qu'elle n'ait pas eu envie, qu'elle n'ait pas continué. Se mettre face au nouveau, accepter sa nullité apparenté, ses erreurs, ses faiblesses, c'est quelque chose de dur, quelque chose de compliqué, quelque chose qu'on a pas envie de faire et tu ne lui diras rien là-dessus si ce n'est que tu comprends, oh oui, bien sûr que tu comprends. T'as voulu toi aussi plus d'une fois jeter ton violon par terre et gentiment le piétiner parce que franchement ; ça n'allait pas, mais au fond quand tu réfléchis tu te rends compte que la musique c'est peut-être un peu ce qui t'a aidé, peut-être un peu ce qui t'a sauvé mais aussi ce qui t'a doucement lié à Camille, un peu plus depuis qu'il t'a quitté. Vous étiez un beau duo, que disait votre mère avec son sourire d'hypocrite quand elle te regardait, quand elle n'avait pour toi que des jugements. Tu ne doutes pas de son amour, pas vraiment à vrai dire, mais tu sais que tu n'étais qu'une déception dans sa vie, quelque chose qu'elle aurait préféré ne pas mettre au monde si elle avait su que tu tournerais comme ça. C'est un peu pour ça que tu préservais ton frère, un peu pour ça que tu le forçais à garder le chemin, à y marcher sans rien dire ; il ne fallait pas te suivre, tu étais bien perdu déjà et sûrement qu'il était déjà impossible à cette époque de te faire regagner le sentier tracé par les soins de ta destiné.

Ca fait longtemps qu'elle n'a pas fait la fête et ça te fait froncer un peu les sourcils, puis tu te rends compte que tu ne sais rien d'elle. Tu as juste l'impression qu'elle est jeune, tout du moins elle l'est autant que toi, peut-être plus ? Tu ne sais pas, mais tu n'as pas le droit de la juger, tu n'as pas le droit de lui dire qu'elle doit s'amuser, profiter. Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé dans sa vie, tu ne sais pas pourquoi est-ce qu'elle n'a pas fait la fête depuis longtemps et tu ne sais même pas si elle a vraiment envie de la faire. Un haussement d'épaule a accompagné ses paroles et tu aurais voulu lui dire que ce n'était pas bien grave parce qu'il n'y a pas que ça dans la vie mais tu te souviens toi, combien de fois noies-tu ton chagrin dans les bras d'un corps ou d'un verre, voire les deux qui se mêlent ? Combien de fois te dis-tu que tu devrais arrêter mais te voilà recommencer, à te secouer,  à te saouler ? Tu n'as aucun droit, rien à dire sur tout ça et surtout pas à elle, ça tu en es certain. « Advienne que pourra. » réponds-tu sur un ton léger à son expression qui te fait sourire. Et enfin tu l'entends rire. Tu serais presque fier de toi, à vrai dire, parce qu'elle n'avait pas vraiment l'air d'humeur à rire ce soir et peut-être as-tu réussi à faire voler quelques pièces trop lourdes de son coeur. Et elle plaisante. Et ça te fait rire. Tu ris doucement ou peut-être fortement, tu ne sais pas, juste librement très certainement et c'est plaisant. « Ohhh et c'est que ça a l'air de plutôt marcher n'est-ce pas ? Tu dois en faire fuir plus d'un, regarde, même moi je suis prêt à partir en courant là ! » et tu la taquines. Tu ne sais pas vraiment si tu as le droit de te le permettre, tu ne sais pas vraiment si tu as le droit de faire ce genre de choses avec des personnes que tu ne connais qu'à peine, voire que tu ne connais pas du tout, parce que tu ne peux pas dire que tu la connaisses la blonde. Tu ne sais même pas comment elle s'appelle et pourtant, ça n'a pas l'air de te déranger, pourtant cet anonymat à presque quelque chose de plaisant, de grisant. Se dire qu'il n' y a pas besoin d'identité pour apprécier quelqu'un, se dire qu'on a pas besoin de faire sembler. Tu n'as pas forcément envie de savoir comment elle s'appelle, qui elle est et d'où elle vient, peut-être que tu as juste envie de rire et de la faire rire, peut-être que tu as juste envie de sourire et de la faire sourire, de t'amuser et de l'amuser. A cet instant, dans le soir, avec la lune pour seule témoin de vos efforts, tu veux simplement être toi-même.

« Votre ? Eh !  J'suis pas si vieux. Tu. C'est très bien, le tu... Eh. Ca te dérange, que je te tutoie ? J'ai pas d'mander, c'est.. Par habitude, j'sais pas, je me suis senti à l'aise mais.. » et tu hausses les épaules, peut-être un peu gêné de l'intimité que tu t'étais permise, peut-être un peu confus de l'avoir, qui sait, froissé quelque peu avec tes mots. Pourtant, ça n'eut pas l'air de la déranger alors tu ne sais pas, tu ne comprends pas vraiment mais un rire traverse tout de même tes lèvres alors que tu remontes les manches de ton vêtements ample délivrant tes avant-bras tatoués mais surtout te libérant d'une certaine chaleur ; malgré la nuit et la brise, on pouvait sentir l'été bien présent, toujours là pour te rappeler qu'il existait. « C'est vrai, je devrais peut-être changer de techniques m'enfin ce n'est pas comme si c'était désagréable non plus, j'aurais pu attirer pire comme personne, je crois bien, non ? » et tu rigoles de nouveau, tu rigoles légèrement, tu rigoles doucement. « J'ai toujours trouvé le joker très attirant personnellement. » et le sourire amusé qui se dessine sur tes lèvres vient accompagner un clin d'oeil grossier et simplement joueur, simplement amusant avant qu'un rire ne traverse à nouveau la barrière de tes lèvres. Tu ne sais pas, tu ne comprends pas, mais ça fait toujours bien.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Ven 1 Juil - 0:23


Humain
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Quand je l’écoute, une seule chose me vient à l’esprit : On est tous pareil. Sauf que certains ont la force de continuer, de persévérer comme lui ; et d’autres non, comme moi. Le monde est fait de contrastes. Moi, j’ai toujours fait partie du groupe des faibles, de ceux qui abandonnent. Déjà au sport à l’école j’étais recalée avec les nuls. Je pense que j’ai toujours échoué dans tout ce que je ne choisissais pas de faire. Peut-être que j’aurais dû plus insister pour retenir Neal, peut-être que j’aurais dû m’accrocher pour ne pas échouer. Comme pour le piano finalement. Sauf que le piano lui, à l’inverse de mon ex fiancé, était plus docile. Il n’avait pas son mot à dire. Si j’ai échoué au niveau facile, il était évident que j’allais rater le niveau supérieur.

Alors on est tous les deux pas très doués. Remarque, je me suis peut-être mépris, il se pourrait que toi, tu cherchais plutôt à attirer quelqu’un ?

J’aime la tournure de la conversation. J’aime taquiner les gens, lancer des piques mais surtout qu’on me les renvoie. Car quand je suis la seule à plaisanter, je passe pour la brute que je ne suis pas. C’est une des raisons pour lesquelles je me sens déjà bien avec lui. Son rire est contagieux, je me laisse porter et lui rend, comme une gamine qu’on amuse et qui n’a aucune retenue. J’aimerais m'en rapprocher plus mais malheureusement, je ne suis jamais "libre". Par conséquent et surement, j’ai toujours eu beaucoup de mal à tutoyer les gens. Est-ce la faute de mon éducation ? C'est une réponse facile. Il ne faisait pas exception à la règle, et ce malgré la situation improbable et notre proximité précoce. Il semble s’en vexer. Comment lui expliquer que ce n’est pas de sa faute, que « ce n’est pas toi, c’est moi », tout simplement ?

J’ai du mal à tutoyer les gens. Ne prends pas ça personnellement, d’accord ?

Je suis un peu gênée. J’espère qu’il ne sera pas trop offusqué. J’ajoute maladroitement :

Ce n’était pas du tout pour ton âge, ou pour "comment je me sens maintenant et ici", je t’assure…

Je lui souris pour me rattraper et reprends avec une voix que j’espère enjouée :

Allons-y pour le tutoiement !

Je suis quand même surprise. D’habitude les gens ne se froissent d’être pris pour des vieux que quand ils le sont vraiment. Et ce n’est clairement pas son cas. J’espère qu’il n’est pas trop contrarié mais il n’en a pas l’air.

Il remonte les manches, je ne résiste pas à glisser mes yeux sur sa peau lorsque j’aperçois de l’encre sur celle-ci. J’ai toujours été fascinée par les tatouages. Peut-être parce que je n’ai jamais eu le courage de m’en faire faire un, probablement parce que c’est un peu comme s’approcher un peu plus de l’âme de celui qui les porte. Je passe une main dans mes cheveux pour relever une mèche qui m’empêche de voir complètement ce que je veux observer. Mais ce n’est finalement pas cette irruption capillaire qui coupe court à mon inquisition. Il reprend la parole.

Est-ce que je me suis rapprochée sans m’en rendre compte pour mieux examiner ou est-ce lui qui a fait un mouvement vers moi, toujours est-il que quand je me redresse, mon visage se retrouve en face du sien.

C'est vrai, je devrais peut-être changer de techniques m'enfin ce n'est pas comme si c'était désagréable non plus, j'aurais pu attirer pire comme personne, je crois bien, non ? J’ai toujours trouvé le joker très attirant personnellement.

Je rougis, je frémis. Est ce que c'est un compliment ? Quand bien même ça n'en est pas un, le doute me suffit. Je me rends encore une fois compte que ça fait trop longtemps que je ne me suis pas sentie vivante, ou même considérée, et que ça fait du bien. Quand on y pense, ma vie est paradoxale. Tous les jours, des gens sont chez eux, les yeux posés sur leurs écrans et ils m’écoutent, ou alors ils ont juste ma voix en bruit de fond. Cette relation froide ne me réchauffe pas le cœur. Qui pourrait penser que « la fille de la télé » est à la fois si seule alors que présente dans tous les foyers. Personne. Je ne veux blâmer quiconque, j’ai ma part de responsabilité. Mais c’est toujours plus facile de condamner que de se remettre en question. Je souris, bêtement. C’est idiot mais je m’en veux presque d’avoir retiré la trace rouge sur ma joue quand il a fini sa phrase. Sous mes grands airs, mes grandes résolutions, je reste humaine. J’aime savoir que je plais. Mes cheveux volent avec la légère brise et chatouillent mon visage. Intérieurement, je les remercie. Je me sens moins dévoilée. D’un certain côté, la transparence me fait peur. Pourtant c’est absurde. Je sais que je n’ai rien à craindre.

J’ai envie de le prendre dans mes bras pour le remercier, il ne comprendrait vraisemblablement pas. Il prendrait d’ailleurs surement peur. Alors j’aimerais pouvoir articuler quelque chose pour lui répondre, pour lui faire autant de bien que ce qu’il venait de me faire avec ses simples mots… Mais je suis muette, je me retiens. S'il avait su viser juste par chance, je suis incapable de savoir ce que lui voulait entendre. Faute de pouvoir faire parfaitement, je préfère ne pas faire. C’est affligeant. Le merci restera donc éteint entre mes lèvres et la gratification embryonnaire dans mes pensées. Je me dis que ce n’est que partie remise, que je n’oublierai pas et que j’essayerai de lui rendre plus tard. Plus tard ? Est-ce qu’il y aura simplement un « plus tard » ? Après tout, nous ne partageons rien de plus que cet instant nocturne. Et s’il n’y avait pas de plus tard ?

Merci…

Je ne sais pas si il a compris. Est-ce que cette politesse avait un sens pour lui ? Après tout, il peut le prendre pour la satisfaction que j’ai de ne plus ressembler à "rien", ou pour son humour. J’aimerais ajouter que c’est un "merci" plus général mais je ne sais pas comment le formuler. C’est un comble, j’articule à la perfection tous les soirs pour être audible, mais je ne sais pas mettre de mots sur mes pensées. Je ne suis qu’une petite marionnette qu’on fait parler.

Je baisse les yeux, je ne veux pas voir le résultat de mes paroles. Je n’assume pas les conséquences de mes mots. Inévitablement, mon regard retombe sur son bras le plus proche de moi. Je replonge dans ma contemplation que mes divagations avaient détournée.

Je pourrais voir ton tatouage, s’il te plait ?

C’était plutôt direct. Je pointe mon doigt en direction de son avant-bras droit pour lui indiquer –non pas la localisation du dessin que j’imagine il connait par cœur mais- la raison pour laquelle je lui demandais ça. Ce n’était clairement pas une justification suffisante mais elle me suffisait. J’avais besoin de cette familiarité, j’avais besoin de renouer avec ce que j’avais perdu, et de lui prouver que je n’étais pas juste cette fille, qu’on croise sans la voir, qu’on regarde sans la voir. J’avais besoin qu’on me réponde. Que ce soit un non ou un oui ça m’est égal. J’avais juste besoin de me sentir vivante.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Ven 1 Juil - 13:06


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Quand elle te demande si tu cherchais à attirer quelqu'un, tu laisses échapper un rire. Peut-être qu'elle n'a pas totalement tort dans ce qu'elle dit là et peut-être que tu voulais vraiment attirer quelqu'un mais certainement pas ce qu'elle croit. Tu jouais pour les fantômes de ton passé, tu jouais pour qu'ils viennent hanter ton présent. Peut-être que oui, tu jouais pour attirer quelqu'un. Peut-être que tu jouais pour attirer Camille, pour avoir son fantôme, ses souvenirs. Peut-être que tu jouais pour le faire venir, pour qu'il t'accompagne, pour qu'une nouvelle fois tu le rencontres. Plus que tu ne voudrais l'avouer, plus que tu ne le diras à qui que ce soit, il te manque et ce manque te ronge un peu, beaucoup. Regarde ce que tu es devenu pour lui, rien, pas grand chose, un monstre comme ils disent tous, qui doit se cacher, qui ne doit pas effrayer l'homme et pourtant, tu voudrais lui montrer peut-être, à elle ou à un autre à quelle point les cornes qui poussent douloureusement sur le haut de ton crâne sont majestueuses et à quel point ton regard qui brille comme l'or est envoûtant. Mais tu ne peux pas, parce qu'elle partirait certainement en courant, parce qu'elle devra aller voir ailleurs, parce que tu n'as juste pas le droit de lui montrer. T'es pas fier de cette forme et tu l'endures, tu l'endures tellement fort puis des fois, tu te dis que c'est peut-être le seul souvenir de Camille, le vrai. Celui qui restera à vie. Tu ne peux l'oublier parce que cette forme montre à quel point tu as merdé, te rappelle que c'est de ta faute s'il est maintenant au fond d'un trou à manger les pissenlits par la racine. Alors oui, finalement, peut-être que les pleurs de ton violon étaient pour tes larmes qui ne coulent plus et peut-être que tu le faisais pleurer pour attirer ces gens que tu ne peux plus voir. Peut-être qu'elle a raison et peut-être que tu avais un but précis, plus précis encore que celui de t'évader, que celui de profiter. Quand elle commence à te tutoyer, tu t'en veux un peu en vérité. Tu as l'impression de l'avoir forcée à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas et ce n'était pas vraiment ce que tu désirais. C'est simplement que le vouvoiement, ça te ramène quelques années en arrière dans ta famille où il fallait encore dire père et mère et où le vouvoiement était quelque chose de forcé. Alors c'est vrai que dès que tu peux l'éviter, tu le fais. Tu cours pas après la politesse et peut-être moins encore dans des situations comme celle d'aujourd'hui où toutes les barrières semblent avoir été franchies, où toutes les lois semblent abolies. Tu n'as pas vraiment envie de la forcer à faire quelque chose qui ne lui va pas mais elle semble te rassurer et ça te rassure aussi, quelque peu, au fond, t'es comme calmé. Tu te dis que tu n'as rien brisé.

Elle réagit à tes mots et malgré toi, c'est plaisant. Tu te dis qu'elle n'est pas insensible, qu'elle ne fait pas semblant, qu'elle est vivante elle aussi. Tu te dis que tu arrives au moins à la faire rire et tu te dis aussi qu'elle a une meilleure mine qu'il y a quelques minutes. C'est parce que rire et sourire, ça redonne des couleurs. C'est parce qu'elle semble un peu ailleurs, peut-être que tu lui accordes du répit, une part de rêve, quelque chose dont elle avait besoin mais qu'elle n'osait prendre parce que seule, c'est pas vraiment drôle. Alors tu te dis que peut-être tu l'aides et si tel et le cas, tu es bien trop heureux de te sentir utile, bien trop heureux d'avoir de l'importance. Quand on est un homme parmi les autres, quand on n'a pas vraiment d'histoire, pas vraiment de quoi se faire remarquer, quand on ne changera pas l'humanité, se dire que l'on a changé ne serait-ce qu'un peu la soirée de quelqu'un, c'est toujours flatteur, toujours plaisant et le merci qui traverse ses lèvres te fait un peu plus plaisir encore. T'as le coeur qui bat un peu, un peu trop peut-être mais tu as l'impression que c'est la première fois qu'on te dit merci sans aucune raison, comme ça, juste parce que tu plaisantes, juste parce que tu fais le con, jusque parce que t'es toi et que tu sais faire rire. Ca te va. C'est plaisant. C'est grisant. T'as envie d'en rire presque, mais tu ne dis rien. Tu ne sais pas trop quoi répondre. De rien serait bien trop prétentieux, et autre chose serait lui demander des explications que peut-être, elle n'a pas envie de donner. Si elle le veut, elle le fera mais tu ne veux plus l'obliger à rien, tu ne veux pas la forcer à te raconter une histoire que peut-être elle veut laisser en suspend, que peut-être elle veut oublier. Ca te va aussi, il faut dire que tu as presque l'impression d'en savoir plus sur elle que ce qu'elle ne sait sur toi, et ce n'est pas vraiment équitable.
Presque, parce que soudainement, elle semble prendre intérêt pour ton tatouage. Celui sur l'avant-bras droit. La lune. T'as un sourire qui se dessine sur ton visage. Et tu tends l'avant bras, pour le lui montrer plus clairement, et puis tu tends l'autre bras aussi, pour lui montrer le soleil, parce que les deux vont ensemble. Et tu les regardes aussi et tu ne sais pas trop quoi dire alors tu hausses les épaules ; « Ca t'intéresse, les tatouages ? » demandes-tu. « Ceux-là. C'est mes premiers. Je les ai fait quand... » tu les as fait quand, hein Jude ? Et tu regardes au loin, quelques instants, un peu comme dans les films dramatiques. « Je l'ai fait quand mon petit frère a été débranché. » et en parler te tue un peu plus à chaque fois. « La lune, c'est pour moi. Parce que je suis du genre à n'apparaître que la nuit et j'ai besoin des autres pour m'faire rayonner. C'est un peu idiot dit comme ça mais de moi-même, je n'ai rien d'extraordinaire, un peu transparent comme la lune en plein jour. Le soleil c'était.. C'est pour lui. Parce qu'il était tout mon contraire. » et parce qu'au fond, c'était celui qui te faisait rayonner. Mais ça, tu ne peux pas vraiment le dire, pas comme ça. Ca serait expliquer bien trop de choses et tu ne t'en sens pas capable. « Si ça te plaît, j'peux te montrer les autres ! » dis-tu alors, presque plus passionné par tes tatouages en eux-même que parce qu'ils veulent dire. « J'en ai un sur les côtes, et un le long de la colonne vertébrale » et un sourire se dessine sur tes lèvres ; « Si ça te dérange pas que je me foute à poil, bien sûr. » et tu te remets à rire doucement, librement.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Sam 2 Juil - 12:03


Humain
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Humain

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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive


Je suis surprise mais il coopère. Visiblement, il n’est pas du genre à se braquer pour un manque de politesse ou des propos trop directs. Au contraire. Ce serait plus la bienséance qui le met mal à l’aise. C’est étrange… Encore que. La bienséance n’est rien d’autre qu’un moyen de rendre les gens mal à l’aise. Il faut savoir quoi faire, ne pas faire et à quel moment. Même lorsqu’on connait les codes il est difficile de s’y tenir. Son non conformisme est intéressant. La monotonie est ennuyante. Je suis contente de me retrouver en face de quelqu’un qui ne me ressemble pas.

Il me tend ses bras, je profite du spectacle sans cette fois me sentir dans l’illégalité ou l’espionnage. De malfrat à visiteur, il n’y a qu’un pas et quelques mots. La lune que j’avais déjà aperçue est belle, sobre. Elle a l’air presque triste, éteinte. Ou alors c’est dans ma tête, c’est à cause de l’ambiance que je me dis ça. Malgré nos rires et nos sourires, il semble toujours planer quelque chose de triste au-dessus de nos têtes. Est-ce à cause de moi ? Mais surtout est-ce la raison pour laquelle mes amis m’ont fui ces derniers temps ? Je continue mon inspection sur son autre bras, où se trouve un soleil. Mais je n’ai pas le temps de le détailler qu’il commence à m’expliquer leur signification.

Je sens les larmes me monter aux yeux quand il prononce ces quelques mots. Je me demande si j’ai bien compris. Je me demande comment il fait pour en parler. Le fait que je ne sois qu’une inconnue doit certainement l’aider. On se confie toujours beaucoup plus facilement à l’étranger, à l’éphémère. Il n’y a pas d’avant. Pas de remords ou de regrets avec moi.  Il n’y a pas non plus de conséquence ni de résultat. La discussion est là, elle reste là. J’essaye de retenir les larmes mais c’est vain, je pleure. Pas à grandes larmes mais suffisamment pour qu’il le remarque je crois. J’essaye de me retenir mais plus je le fais et pire c’est. Je suis trop sensible. Alors je laisse couler. Si je pleurs, je me dis que je le fais pour deux. Il n’a pas l’air d’être du genre à verser des larmes et en ce moment, ses yeux ont l’air secs. Peut-être que j’extériorise ce qu’il n’arrive pas à extérioriser. A travers combien d’épreuves il est passé sans broncher ? Quel nombre d’épreuves ou de quelle intensité ? Même sans avoir la réponse, je me sens stupide. Je n’avais pas du tout surestimé ses problèmes au contraire. Comment ai-je pu croire que ma petite vie minable était atroce ? Je me morfonds dans ce que je me fais comme idée du malheur mais je suis loin de tout ça. Je suis ridicule. Jamais je ne pourrais lui avouer ce qui me rend abattue, ou partager avec lui mes problèmes. La peine qui me déchire le cœur était tellement insignifiante par rapport à ce que lui avait dû endurer. Malgré tout ce soir c’était lui le soleil pour moi. Lui qui m’avait redonné le sourire, et lui qui avait trouvé les mots pour me faire rire. Je ne le voyais pas comme il se voyait que s’en était presque déroutant. J’hésite à lui répondre quelque chose. Que dire à part se lancer dans des propos mielleux inutiles, ou de grands débats sans fin, sans intérêts surtout. Mais le pire dans tout ça c’est que c’est de ma faute. Il était peut être mal à cause de la même raison, mais il n’avait certainement pas besoin que je vienne remuer le couteau dans la plaie.

Je m’en voulais.

Il coupe court à l’explication, me propose de voir ses autres tatouages en me désignant où ils se trouvent. J’ai l’impression qu’il se cache sous l’encre des autres dessins et derrière son humour. Je le trouve drôle, je souris. Même si sa proposition est alléchante, je me garde de lui demander plus de détails. Ma curiosité me pousse à le faire et à ne pas rester sur ma faim, mais ma raison me dit de ne pas lui faire plus de mal. Je n’ai pas le droit de l’agresser gratuitement et je n’en ai clairement pas envie. Il m’apparait d’un coup si fragile. Alors que quelques minutes auparavant c’était moi qui tenait ce rôle. Finalement, ce qui me paraissait beaucoup trop tentant avant me semble soudain évident. Timidement, je passe mes bras autour de lui et pose ma tête sur son épaule. Je constate que son pull est bien trop large pour lui. Je me demande pourquoi. Mais je me demande surtout pourquoi est-ce que je l’ai enlacé. Probablement pour le remercier, pour lui signaler que ce soir, j’étais prête à pleurer les larmes qu’il ne semble pas avoir. Je ne m’étonnerais pas qu’il me repousse. Je pense que je n’en serais même pas vexée.

Dans cette situation, je me surprends moi-même. Je n’aurais jamais cru être ce genre de personne. Je n’aurais jamais cru être capable de prendre dans mes bras quelqu’un que je venais à peine de rencontrer. Ce soir, je ne suis plus vraiment moi ; Et est-il vraiment lui, puisque je ne suis pas capable d’appréhender la lune en lui ? Pour ma part, je suis donc une ébauche du joker, une confidente nocturne. Je suis la Murphy que j’étais avant, ou presque. Celle qui se souci des autres au point de passer outre ses propres problèmes. Dit comme ça, on pourrait se dire que c’est louable. Mais derrière toute bonne cause il y a satisfaction personnelle. En se concentrant sur les problèmes des autres on apprend à se détourner des siens, à les minimiser. Ça ne veut pas dire que autrefois j’étais calculatrice et vénale, je crois ; car la paix que j’en retirais était plus une conséquence qu’un objectif. Néanmoins, cette fois, je ne me suis pas enlevé un poids en essayant de le consoler et en le prenant dans mes bras. J’ai agi sans réfléchir.

Je repense à ce qu’il vient de me dire. Je me demande si je dois accepter qu’il me montre ses autres tatouages. Si tous ont une signification douloureuse, il serait cruel de faire passer ma curiosité avant le mal que ça pourrait lui infliger. Aussi, je préfère choisir une réponse plus diplomate, où je lui renvoie poliment le choix. J’imagine que ça va l’énerver, mais je préfère vexer que blesser.

Oui ses tatouages me plaisent.

Ils sont vraiment très réussis.

Oui, j’ai bien envie de voir les autres.

Pour ce qui est des autres, je ne voudrais pas abuser, ne t’en fais pas.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Dim 3 Juil - 18:07


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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Moonlight drive
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Tu n'es pas le genre de personne qui parle de son passé parce qu'elle veut s'attirer les bonnes grâces de quelqu'un, parce que tu veux qu'on te prenne en pitié. Déjà, tu n'en parles pas vraiment, pas beaucoup, c'est encore un sujet tabou. Il est dur pour toi d'accepter que tu ne reverras jamais ton frère, encore maintenant, encore après quatre ans. Et en même temps, il y a cette partie de toi un peu morte un peu ailleurs qui fait comprendre à tout le reste que ce n'est qu'un rêve désespéré, qu'il n'est pas possible de le revoir vivant. Et tu le sais. Alors peut-être est-ce pour ça que tu as pu lui dire comme ça, peut-être est-ce parce qu'elle n'est rien d'autre que l'inconnu, rien d'autre que cette partie de la vie qui sait la vérité mais qui saura aussi l'emporter avec elle. Tu ne sais pas. C'est sorti tout seul, tu n'avais pas vraiment calculé, tu n'avais pas cherché à raconter ton histoire mais tu sais que si tu ne l'avais pas fait, elle t'aurait certainement demandé tout ce que ça voulait dire. Tu aurais très bien pu lui mentir, tu aurais très bien pu lui raconter des cracks. Tu aurais pu dire que tu es simplement passionné d'astronomie, d'astrologie, d'astres tout court et peut-être qu'elle t'aurait cru et pourtant, tu n'en as pas eu envie. Tu ne sais pas ce qui provoque cela, tu ne sais pas pourquoi. Peut-être l'adrénaline de la nouveauté, peut-être simplement parce que l'inconnu appel toujours au savoir, parce qu'on a toujours envie de se confier à des personnes qu'on ne connaît pas, parce que leur jugement est différent et parce que parfois, il n'y en a pas du tout. On a pas peur du regard de travers, on a pas peur de savoir ce qu'ils pensent de nous et on se dit qu'au pire, c'est pas très grave, on ne les reverra jamais. Tu te dis que peut-être tu ne la reverras jamais, alors tu t'en fiches, alors t'avais besoin de le dire. Ce soir, tu en avais gros sur le cœur, bien gros peut-être trop et ça pesait lourd. Avoir prononcé ces mots, ce fut quelque chose de libérateur, tu t'es senti presque détendu, presque mieux mais tu sais que ce n'est qu'une illusion et qu'une fois la blonde partie, une fois la nuit revenue, tout te reviendra dans la face. Pour l'instant ça.
C'est ce que tu croyais. Tu croyais que ça allait, tu croyais que ça passerait, tu croyais qu'elle te sourirait simplement, qu'elle acquiescerait tes paroles, qu'elle dirait peut-être désolé et c'est tout. C'est d'ailleurs tout ce dont tu aurais eu besoin. Un regard compatissant. Un sourire triste. Peut-être une main sur ton épaule, peut-être des mots qui se veulent rassurants, qui se veulent compatissants mais tu as obtenu bien plus que ça, tu as obtenu bien plus que tu ne pourrais jamais espérer. Elle a versé des larmes. Des larmes que tu ne verses plus. Celles qui se sont séchées dans ta gorge, celles qui ne veulent plus glisser de t on regard, celles qui se sont dit qu'elles arrêteraient de couler. Elle s'est laissé aller, elle a pleuré et tu n'as pas su quoi faire. Pas vraiment. Un peu perdu, un peu perplexe, un peu ailleurs, tu aurais voulu la consoler mais tu ne sais pas comment faire, tu ne sais pas si tu peux la prendre dans tes bras, tu ne sais pas si tu peux lui dire d'arrêter, tu ne sais même pas si tu peux lui dire que ce n'est pas grave. Tu es perdu, déconcerté. Tu n'as jamais vu pleurer quelqu'un comme ça, pour les autres, pour toi. Personne n'a jamais pleuré pour toi, tu peux en être certain et il fallait qu'une inconnue le fasse, il fallait que cette ombre venue dans la nuit soit, en vingt-deux ans d'existence , soit la première à verser une larme pour ta pauvre existence. Mais si seulement elle savait, si seulement elle connaissait ton histoire, peut-être qu'elle ne pleurerait pas comme ça, peut-être qu'elle ne verserait pas ces larmes que tu ne crois pas mériter, que tu es certain de ne pas mériter. La lune te va bien, penses-tu, le soleil lui allait bien et quoi qu'il se passe, quoi qu'ils disent, tu ne pourras pas t'empêcher de le penser.

Tu as voulu cacher tes sentiments, tu as voulu te cacher derrière ton sourire, tu as voulu te cacher derrière ton humour mais tu as comme l'impression qu'elle a su lire en ce que tu voulais lui dire, elle a su lire à travers toi, elle a su lire entre les lignes, elle a su te livre comme on lit un livre. Elle a passé ses bras autour de toi et tu n'as rien dit, tu n'as pas bronché. Tu n'es pas nouveau quant à des bras qui t'enlacent, féminins, masculins, peu importe tant qu'ils t'enlacent et pour t'as sentir ton cœur se serrer. Pas parce que c'est elle qui t'a pris dans ses bras non, mais plus pour la raison. Peut-être qu'elle n'en a pas vraiment, peut-être que tu vois des choses là où n'y en a pas, peut-être que tu te fais des idées, peut-être n'est-ce qu'une impulsion et pourtant tu trouves l'étreinte rassurante, apaisante, comme pour calmer tes larmes qui coulent de ses yeux. Tu as fermé les yeux, quelques instants et tu as posé ta tête contre la sienne, tu as enlacé son corps en retour, légèrement, une de tes mains venant se loger à l'arrière de son crâne pour caresser sa chevelure, pour la calmer, pour qu'elle arrête de s'inquiéter, qu'elle arrête de pleurer, pour la calmer. Etreinte fraternelle, paternelle, tu ne sais pas trop, tu t'en fiches bien de la façon dont ton corps s'est collé au sien pour faire cesser ses sanglots. Tu ne mérites pas ça et les mots bloqués dans le fond de ta gorge ne veulent pas sortir, et tu voudrais lui dire merci mais tu ne t'en sens pas capable, mais tu n'y arrives pas, t'as envie de pleurer mais ça non plus, tu ne t'en sens pas capable, ça non plus tu n'y arrives pas et pourtant, peut-être faudrait-il que tu en verses des larmes. Toutes celles que tu as retenu, toute celles que tu crois disparues. « Merci... » laisses-tu échapper lorsqu'elle te dit qu'ils sont réussis mais peut-être que comme elle tout à l'heure, ton remerciement est rempli d'un tout autre sens, peut-être que tu essayes de faire passer tout ce que tu viens de ressentir, une vraie gratitude. Tellement grande que tu ne sauras jamais si merci est suffisant. « Je n'ai pas vraiment envie de te refaire pleurer... » dis-tu alors essayant de prendre un ton un peu léger, essayant de la rassurer mais c'est dur, c'est compliqué et tu es venu prendre son visage entre tes doigts et tu gentiment essuyé ses joues avec la manche de ton pull que tu venais de rebaisser cachant ainsi le soleil qui y était dessiné comme tu cacherais des souvenirs mauvais. « Ca ne va à personne les larmes, tu sais ? Et tu n'avais pas... Tu n'avais pas à pleurer pour moi, tu sais ? Je ne le mérite pas, tellement pas... Si tu savais. » oui si elle savait, peut-être qu'elle n'aurait pas pleuré et alors t'es venu déposer un baiser sur le haut de son front, dans un geste simple et protecteur sans arrière pensées aucune. Simplement pour la remercier, encore. « Je suis désolé. » as-tu alors dit, et doucement, tu as rajouté d'un ton léger. « Ca nous fera une occasion de nous revoir. » et même si tu ne sais pas si c'est la vérité, pourquoi pas ? Après tout, tu as l'impression qu'elle en sait bien plus que certaines personnes proches de toi -as-tu simplement des proches ? Et tu lui souris alors, un grand sourire qui se veut brillant, un grand sourire qui se veut rassurant, un grand sourire qui dit merci, qui dit que ça va, qui dit qu'elle ne doit pas s'inquiéter. Tu vas bien. En tout cas, tu essayes.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Lun 11 Juil - 10:27


Humain
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Humain

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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive



Je me demande pourquoi il n’a pas menti. Parce que j’ai l’air gentille surement ? Ha. Qu’est-ce que c’est pédant comme phrase « J’ai l’air gentille ». Enfin toujours est-il que je ne dois pas vraiment effrayer les gens. Je suis le genre de personne à qui on demande son chemin dans la rue, qu’on interpelle pour savoir l’heure ou quémander une cigarette - même si je ne fume pas, il faut bien essayer- ou le genre de personne à qui on raconte sa vie. Bien souvent, je me retrouve plongée dans le passé trépident d’une personne âgé qui attend à côté de moi au ciné, au supermarché, dans le métro. Malgré ses cheveux extrêmement clairs, il n’a pas encore l’air sénile. De plus, lui arrive bien à se cacher sous l’humour et la bonne humeur. Il doit en avoir l’habitude. A l’instar de personnes âgées qui n’en ont plus, il ne doit pas encombrer ses proches de ses problèmes. C’est surement le genre de personne qui préfère garder le poids des soucis sur ses propres épaules et là, il savait que les miennes ne les porteraient pas.

Je suis désolée…  Je pleure vraiment beaucoup… et…

Et quoi ? Et j’ai eu un élan d’empathie pour ce jeune homme en face de moi ? Couplé à ce sentiment de honte compte tenu de mes propres problèmes trop superficiels ? Je ne devrais pas partir sur ce terrain-là. L’empathie le ramènerait à ses souffrances et la honte aux miennes et à leur ridicule. Je n’étais pas prête à glisser d’un côté ou de l’autre.

Et… c’est en quelque sorte une façon pour moi de m’exprimer je crois, les larmes.

Je souris, puis je ricane. Je me moque un peu de moi en entendant mes propres mots. Je suis comme ça depuis tellement longtemps. « T’es trop émotive Murphy », j’ai entendu ça tellement de fois… Et puis, à partir du moment où les larmes sont là, pour l’avoir vécu bien trop de fois, il n’est juste pas possible de les arrêter. Le pire, c’est quand on essaye de me consoler et de me dire de ne pas pleurer. Ça démultiplie l’envie et ça a donc l’effet totalement inverse de celui escompté.

C’est un peu pathétique excuse-moi…

Je repense à mon père, mon frère, mes profs. Tous ces gens qui en voulant m’aider, me réconforter ou même simplement en me parlant me renvoyaient à des complexes, des pensées pessimistes ou des idées noires que je broyais en permanence. Un mot, une phrase, une expression, une dispute. Il suffisait de peu pour me voir pleurer. C’est comme si je n’étais jamais vraiment sortie de cette période de déprime infinie construite tout au long de l’adolescence. Je ne me suis jamais vraiment débarrassé de la mauvaise estime de moi-même et des larmes qui l’accompagnent. Je trouve toujours que les autres sont bien mieux que moi. Qu’ils ont plus de valeur, plus de raison d’être et de raison de faire. Alors que mes actes me paraissent tous soit ridicules, soit inadaptés, ceux des autres trouvent toujours une bonne justification à mes yeux ; Ou plutôt, je trouve toujours une bonne justification aux autres, et pas à moi.

Je n'ai pas vraiment envie de te refaire pleurer...

Alors tous ses tatouages avaient une signification aussi triste que les 2 premiers ? J’ai du mal à y croire. Ça ferait beaucoup trop de souffrance pour ce mélomane, ce serait beaucoup trop injuste. J’inspire un grand coup. Je regrette de ne pas pouvoir les voir tant par curiosité –malsaine j’imagine- que pour le simple plaisir de contempler de la chair, de la peau et de l’encre. Il était mignon, touchant. C’est inévitablement inavouable mais il me plait bien ce soir, au bord de la rivière. Je baisse les yeux et fixe le sol. J’essaye de me reconcentrer sur autre chose car d’un coup, je culpabilise. J’ai l’impression qu’avec cette pensée, je viens de bafouer sa souffrance.

Il m’embrasse le front. C'est comme si j'avais de nouveau quelque chose comme 6 ou 8 ans. C’est étrange. Je me dis qu’il faudrait que je retourne voir mes parents plus souvent. Avant, il a essuyé mes joues avec son pull. Après ma bouche, c’est mes yeux qui ont dû prendre cher. Je pense que « j’aurais dû mettre du water proof ». Ha Ha. J’ai toujours trouvé que cette phrase ne m’allait pas. Elle correspond aux autres filles, aux grandes filles ; Aux femmes qui veulent rester classes en toutes circonstances. Moi, je m’en fiche un peu. J’en ai assez d’être classe. Au boulot, c’est une de mes principales préoccupations : Il ne faut pas commettre d’impaire, il ne faut pas être décoiffée par un mouvement parasite et encore moins détruire son maquillage comme une sagouine à cause d’un geste inopportun. Du coup, quand je peux lâcher un peu prise, je ne m’en prive pas. Seulement ce soir je le regrette. J’ai l’impression que ce look de femme désabusée ne fait que rajouter une ligne sur l’ardoise de mes torts, et du noir sur sa manche. Lorsque je m’en rends compte, j’écarquille les yeux et lui attrape le bras pour faire un constat de l’ampleur des dégâts.

Tu me donneras ton pull que je le mette au pressing… La manche est toute noire !

Je n’ai pas vraiment pensé aux détails du plan que je viens d’énoncer. Après tout, je ne sais toujours pas son nom, encore moins son adresse. Comment est-ce que j’allais lui rendre ? Je reprends sa phrase avec un petit rire :

Ca nous fera une occasion de nous revoir.

Une autre solution, plus simple, aurait été de le laver dans la rivière en face de nous. Enfin « laver », atténuer la tâche plutôt, pour qu’elle soit plus simple à retirer ensuite. Mais il peut aussi aller se baigner. Je lui fais part de ma réflexion pour le taquiner un peu :

Autrement tu peux aller te baigner.

C’est vrai que l’opportunité d’aller dans la rivière est alléchante. La nuit est chaude et si on omet les conséquences très chiantes d’une baignade sans serviette de bain et loin de sa douche, c’est une super idée. De toute façon j’imagine qu’il a compris la plaisanterie. L’eau a peut-être l’air belle d’ici, mais je sais bien que ce n’est pas vraiment le cas : Combien de fois avais-je du faire des alertes, des reportages sur la pollution de cette rivière ?

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Sam 16 Juil - 0:06


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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Tu ne trouves pas que pleurer soit pathétique, tu en trouves pas que ce soit une façon de s'exprimer qui doit inspirer la pitié, tu trouves ça même plutôt respectable. Toi, tu as oublié comment pleurer, tu ne sais plus ce que c'est que de faire couleur tes larmes sur tes joues, tu ne sais plus ce que c'est que de ressentir le coeur se serrer, les sanglots envahir la gorge à s'en étouffer, ne plus rien voir à cause du trop plein d'eau dans le regard. Alors, elle n'a pas besoin de s'excuser pour ça, elle n'a pas besoin de s'excuser parce qu'elle s'exprime, parce qu'elle vit, parce qu'elle est comme elle est. Tu ne comprends pas ces personnes qui s'excusent de se montrer sous le vrai jour, qui s'excusent parce que soudainement, elles ont laissé parler leurs émotions ; tu aimerais être aussi vaillant qu'eux, tu aimerais être aussi fort et pouvoir laisser parler ton coeur aussi au lieu de n'en faire qu'à ta tête, au lieu de jouer les forts. Parce que c'est tout ce que tu fais, à vrai dire, c'est jouer au fort, faire semblant, t'écraser quand ça ne va pas et pourtant tu fais croire que tu es encore debout, que tu sais, peux tenir alors que la vérité est tout autre. Tu admires un peu la jeune femme qui est en face de toi, parce qu'elle a réussi à pleurer pour toi, parce qu'elle s'est laissée aller, parce que merde, elle est vivante et le montre. Des fois, tu as un peu l'impression d'être mort à côté de ce genre de personnes et tu aimerais avoir à t'excuser aussi parce que tu pleures trop au lieu de devoir t'excuser parce que tu ne sais pas pleurer, ça c'est pathétique. C'est ignoble à dire et les gens vous regarde de travers. Un peu trop. T'as l'impression d'être un monstre et quelle ironie du sort, quand tu te rends compte que ce n'est pas si loin de la vérité pour ne pas dire que ça l'est ; un monstre c'est ce que tu es, malgré toi, et voilà que tout ce que tu ne voulais pas se transforme en réalité, en ton quotidien. Alors elle, elle a raison de s'exprimer, elle a raison de se monter, elle a raison de dire les choses et même si c'est à sa manière, même si c'est d'une façon que les autres ne comprennent pas, même si ce ne sont que des larmes sur sa peau, qu'est-ce que ça peut faire ? Elle le fait et c'est déjà assez bien respectable comme ça. Tu devrais très certainement prendre exemple sur elle, tu devrais faire pareil. Laisse-toi aller, pleure un bon coup, hurle à la lune, dis quelque chose, quelque chose que tu penses vraiment, quelque chose qui te pèse sur le coeur, quelque chose qui rend tes épaules tellement lourdes que tu ne peux pas te relever ; dis-le, libère-le, libère-toi, peut-être que ça ira. Va-t-elle mieux, à pleurer pour toi ? Se sent-elle bien ? Libérée d'un poids ? Et tu t'en veux un peu plus de l'avoir fait lâcher des larmes, tu as comme l'impression que soudainement tes mots s'étaient transformés en quelque chose de bien trop lourd pour elle. C'est de ta faute. Tu aurais très certainement dû te taire, tu aurais très certainement dû réfléchir avant de lâcher ta vie sur un coup de tête en pensant que la lune seule serait gardienne de tes secrets. Tu aurais dû penser à elle, penser à son état, penser qu'elle n'avait certainement pas besoin de ça. A chacun ses problèmes, à chacun sa vie et voilà que tu avais soudainement l'impression de l'accabler de la tienne. Ce n'est pas ce que tu voulais et oui, tu te sens coupable, et oui tu voudrais encore t'excuser, un peu plus, toujours plus, mais que sont vraiment des excuses ? De simples mots qui vont voler, encore et se perdre, toujours.

Soudainement, elle attrape ton bras, comme ça. Tu ne comprends pas sur le coup, elle a l'air choquée, comme si tu avais insulté les dix dernières générations de sa famille et plus encore. Tu as comme l'impression que c'est grave, t'es pris un peu de panique ; te serais-tu transformé à moitié ? S'est-il passé quelque chose que tu n'as pas vu ? Es-tu devenu à moitié monstre sans savoir te contrôler ? Fallait-il rajouter des choses à la liste de ce que tu ne peux plus faire ni même manger ? tu te demandes alors si un baiser sur le front est quelque chose qui va t'être aussi interdite sous peine de te transformer en un cerf devant l'humanité toute entière. Mais non, rien de tout ça n'est arrivé et son choc ne vient que du mascara qui a coulé sur ta manche, celui qui a coulé avec tes larmes. Sur le coup, ça te fait doucement rire, parce que tu ne t'y attendais pas. Ce n'est qu'une futilité, pour toi, ce genre de choses. Ce n'est que matériel. Ce n'est pas bien grave, ça se lave et puis au pire, tu l'aurais jeté. Mais elle a l'air d'y tenir, à ce que ton pull soit propre et tu ne peux pas lui dire non, tu ne te sens pas la force, tu ne t'en sens pas capable ; tu ne sais pas pourquoi, tu as presque l'impression de lui faire plaisir avec cela ? Certainement que c'est un peu prétentieux de ta part, et peut-être même que ce n'est pas du tout ça, peut-être même que ça l'emmerde. Tu te sens quelque peu perplexe, partagé et les mots qui suivent te rassurent. Un nouveau rire traverse alors tes lèvres et tu secoues doucement la tête ; « C'est ma réplique ça ! » que tu as gentiment plaisanté en donnant un doux coup d'épaule à la blonde, assez fort pour qu'elle ne bouge qu'à peine, aussi doux que la caresses de la brise. Quand elle te propose d'aller te baigner, une moue se dessine sur ton visage et tu secoues négativement la tête -un peu comme un enfant devant des brocolis. « Ils disent partout qu'elle est pas trop faite pour ce baigner, cette rivière. J'ai pas envie de finir en monstre marin ou un truc du genre, avec des verrues partout. » et tu ne peux t'empêcher de rire alors que tu as mimé le dit monstre à la belle qui se trouvait à tes côtés. T'as vraiment l'impression de retomber en enfance. Alors, ce que tu fais, c'est que tu enlèves ton pull pour te retrouver en t-shirt, mais malheur à toi, voilà que le tissu vient avec l'autre et que tu te retrouves à moitié nu, dévoilant tes côtés tatouées tout autant que ton nombril et tes tétons percés. Un léger froid s'empare de toi et tu t'empresses d'abaisser la chose, bien qu'on puisse maintenant distinguer les barres de fer au niveau de tes boutons de chair au travers du tissu fin qu'était ton t-shirt. Tu lui tends le pull tout sourire et tu lui dis alors ; « On garde encore le mystère de nos doux prénoms, charmante inconnue, et on attend de voir si on se recroise par hasard au clair de lune ? » tu ne peux que laisser échapper un nouveau rire ; « Je serai certainement là à chanter quelque chose du genre... » et tu te racles la gorge avant de prendre une voix bien trop aiguë dont tu essayes d'étouffer les rires ; « Mon amouuur, je t'ai vu au beau milieu d'un rêveee, mon amour un aussi doux rêve est présaaage d'amour... » et tu ne peux continuer sans te mettre à rire comme un idiot. Décidément, ce soir, tu avais vraiment l'impression d'avoir dix ans à nouveau et merde, qu'est-ce que ça pouvait faire du bien.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Jeu 21 Juil - 23:05


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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive


Il me pousse, je vacille à peine. De loin, on pourrait croire que c’est parce que je suis forte. De près, on voit bien qu’il a seulement voulu me préserver. Je fais comme si ça n’avait pas été le cas, je fais semblant de tomber. Je me redresse quand même au dernier moment et me retient de geindre un « mais heu ! » devenu reflexe - J’ai un frère, j’ai eu l’habitude de feinter, d’imiter la douleur pour envenimer une chamaillerie. C’était un coup bas, je le reconnais. Mais dans une guerre où tout est permis, les coups bas sont les meilleures armes. Il gesticule, un monstre marin plein de verrues prend vie sous mes yeux encore humides qui se plissent car je rigole. Je me laisse berner par son imitation ridicule et écarquille les yeux pour ne pas le laisser seul dans la comédie. Et puis, même s’il n’a vraiment rien de monstrueux, je me sens obligée d'articuler ensuite :

Tu n’es pas très effrayant comme monstre…

Il enlève son pull. Je ne résiste pas et je le regarde faire, ou plutôt je le regarde tout court. Je découvre sa peau tatouée et percée que je pensais ne pas pouvoir voir. La première chose à laquelle je pense est qu’il a dû avoir mal au moment de se faire faire tout ça… Et c’est la seule chose à laquelle je pense d’ailleurs ; Car même si j’ai eu le temps de voir l’ensemble, je n’ai pas pu en revanche détailler quoi que ce soit. Il a rapidement rabaissé son haut. Je suis un peu frustrée, un peu troublée. Il me tend son gilet, je l’attrape délicatement et commence à le retourner afin le plier proprement ; Et puis je me dis que je vais passer pour une folle, une maniaque, alors j’arrête. Pourquoi plier son pull ? Pour lui montrer que je vais en prendre soin ? Il n’a pas l’air de s’en soucier, ou d’être comme ça. Et puisqu’il le confit si facilement à une inconnue, c’est qu’il ne doit pas y être attaché plus que ça, à ce tissu ; Ou alors qu’il me fait une confiance aveugle, ce qui serait inquiétant. Non pas que je sois une mauvaise personne mais après tout, il aurait pu tomber sur pire ce soir. Et moi aussi mine de rien. J’ai eu de la chance qu’il ne soit effectivement pas très effrayant, comme monstre. Si monstre il est. Il n’en a rien de ce qu’on raconte aux enfants pour les rendre sage ou leur faire finir leurs légumes.

Garder du mystère dans une société ou les réseaux sociaux ont détruit toute once de signification à ce mot, en voilà quelque chose d’inhabituel. A l’heure actuel, les gens se contentent de quelques clics, de mentions j’aime et de listes d’amis. Il n’y a plus ni plaisir ni existence dans et de la recherche de l’autre. Plus de discussions où progressivement on se découvre mutuellement, ou progressivement on se trouve des centres d’intérêts communs, des divergences.

Et donc son idée me plait.

J’aimerais lui dire oui, mais j’ai peur de perdre à ce petit jeu. Quand il rentrera chez lui, il allumera sa télé et découvrira mon visage en grand sur l’écran. Je ne pense pas me tromper en annonçant mon indiscutable défaite mais si je regarde ailleurs que mon nombril, il se pourrait que lui aussi soit « célèbre ». Si ça se trouve, quand je lirais les informations demain avant d’aller les présenter, il sera dans la liste des nouveaux talents à aller applaudir en concert. Et si c’était le cas, est-ce que je le reconnaîtrais ? Et est-ce que lui me reconnaitra, à la télé ? Je suis tellement différente sur l’écran (en tout cas de mon point de vu). Quand je me regarde (ce que j’évite de faire), je ne vois qu’une autre fille, une autre femme que j’ai vaguement l’impression de connaître. Celle que je ne suis pas, celle qui râle contre son mascara.

Je serre le vêtement dans mes mains. Il n’est finalement ni en boule ni plié, il est un peu des deux. J’ai trouvé sans le vouloir un compromis. Je suis sûre qu’il ne remarquera même pas ce genre de détails et pourtant je suis fière de moi. Jusqu’à ce que je pense qu’il va falloir le laisser. Partir. Rentrer. Je m’imagine seule chez moi. Après ces rires et cette bonne humeur ; Après cet échange humain inédit depuis si longtemps pour moi, différent de toutes les conversations mécaniques qui régissent ma vie actuellement. Toute seule face aux souvenirs, face aux réminiscences d’un passé joyeux qui fait mal à présent ; Celui qui rappelle qu’on a raté, que c’était mieux avant et que ça ne reviendra plus. Je n’ai pas envie et pourtant, il le fallait bien. Je n’allais pas dormir dehors. C’est pas comme si on peut vraiment rester ici toute la nuit jusqu’aux premières lueurs du jour. Mais c’est pas non plus comme si il avait dit qu’il fallait partir tout de suite maintenant. Encore que. Je doute un peu. Il a certainement un travail, ou du moins une occupation, j’imagine. Il faut bien aller dormir. Et puis quelle heure est-il ? Je suis incapable de le dire.

Se revoir. Et si on ne se revoyait pas ? Et si je repensais à cette soirée dans quelques semaines, le pull encore dans mon entrée, en me demandant si je n’avais pas tout simplement fantasmé de vivre quelque chose, et si je n’avais pas tout inventé.

Il rigole, je reste pensive. Je murmure mécaniquement la suite des paroles « Refusons tout deux que nos lendemains soient mornes et gris » et en prend soudainement conscience. Pas de belle, de princesse ou de prince ce soir, et pourtant cette petite phrase devrait pouvoir s’appliquer parfaitement non ? Pourquoi ne pas devenir un peu plus comme lui et un peu moins comme moi ?

Je m’allonge et respire un grand coup. Je repense à son torse, ses tatouages.

J’ai pas envie de rentrer chez moi.

Pas besoin de dire pourquoi. Et puis du coup, je viens de lui ouvrir la porte si il veut partir. Mais est-ce qu’il oserait me dire « Ok, à plus alors, moi je vais me coucher ». Je doute. Comme je n’aime pas séquestrer les gens avec moi, je rajoute :

Tu veux rester là ? Partir faire autre chose ?

Même si c’est vrai qu’entre ma tête de joker démaquillée à l’eau et lui qui n’a plus de pull, on ferait fureur ailleurs ! De toute façon, ma proposition ne le forçait pas à rester avec moi, même si j’aimerais bien que ça soit le cas.


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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mar 26 Juil - 12:07


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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Dans un murmure tu peux entendre la suite des paroles que tu aurais très bien pu chanter un peu mieux et tu ne sais pas trop comment le prendre, c'est gentil, drôle, appréciable, tu te dis qu'elle aurait pu te rire au nez et te dire que tu n'as plus l'âge de toutes ces conneries mais ce n'est pas ce qu'elle a fait. Depuis le début, tu vois bien qu'elle se prête au heu et tu ne sais pas si tu la forces ou si seulement elle a envie mais c'est quelque chose de plaisant que de voir quelqu'un qui ne se soucie de rien ; ni de ce que tu peux dire, ni de ce que tu peux penser. Tu te dis que peut-être c'est toi qui la traîne avec toi, peut-être qu'elle n'est pas vraiment elle-même ou au contraire ? Voilà qu'elle se révèle, se libère, voilà qu'elle devient quelqu'un qu'elle voudrait être et c'est ce que tu aimes. La nuit est toujours pleine de mystère, passés les douze coups, les gens deviennent bien plus bavards, ils sont là à croire que leurs secrets seront gardés par la lune et que l'astre brillant qu'est le soleil ne viendra jamais les déranger et leur rappeler leurs tourments d'un matin sans étoile. Tu souris, un peu, parce que tu te dis que c'est un peu votre cas, n'est-ce pas ? Vous voilà à parler au claire de lune sachant très bien qu'elle vous observe et vous entend -est-ce que Camille t'entend lui aussi, est-ce qu'il est fier de toi ? Avoir évoqué le souvenir de ton frère ne le rend qu'un peu plus présent dans ta complainte de ce soir et tu ne sais pas si tu dois laisser cette mélancolie, ce spleen s'emparer de toi comme la douleur s'empare de ton cœur. Tu étais là pour pleurer son fantôme, tu étais là pour lui faire entendre tes maux et c'est elle qui a applaudis tes malheurs. Peut-être est-elle bien tombée, peut-être ne sait-elle pas qu'elle t'a sauvé d'une pluie certaine qui s'abattrait sur ton cœur comme elle pouvait s'abattre sur la pluie. Oh, tu voudrais lui dire merci. Merci pour ça, merci pour tout, merci pour ce soir mais comprendrait-elle vraiment de quoi tu veux parler, saurait-elle interpréter tes parles qui ne sont que pauvre en mot, bien trop pour pouvoir dire tout ce que tu ressens ? Le soir change les sentiments disent-ils, ils disent aussi que ça rend sensible et tu ne peux pas les contredire. Il y a toujours cette envie de crier à la lune comme un loup le ferait, s'exprimer comme ça ou peut-être est-ce simplement toi qui semble te fixer sur cet astre qui ne brille que grâce au soleil. Peut-être vois-tu ton reflet dans sa lumière pâle, peut-être te vois-tu toi là-haut et pourtant tu n'as rien à voir avec cette planète qui a fasciné pendant tant d'années et qui encore maintenant et l'objet d'admirations que tu ne peux connaître. Ce n'est pas comme si on te regardait avec les yeux qui brillent et ce n'est pas comme si tu étais fascinant, tu n'as rien d'extraordinaire et comme tout homme, tu as les pieds sur terre. C'est certainement suffisant diront-ils et pourtant tu aurais aimé marquer les esprits comme on marque la peau des esclaves au fer rouge.

Elle ne veut pas rentrer dit-elle alors qu'elle a laissé tomber son corps contre l'herbe. Elle ne veut pas rentrer dit-elle sans rien ajouter de plus à ses mots que son regard. Et tu la comprends. Oh tu la comprends tellement. Tu ne veux pas vraiment rentrer non plus, c'est fatigant que de parcourir le monde pour se retrouver chez soi, seul. T'es pas vraiment seul, toi, mais c'est tout comme. Il n'y a que ton esprit pour t'occuper et ton esprit, il n'est pas très bon. Vil personne que la Pensée, là pour te faire chavirer. T'as sourit, parce qu'on aurait un peu dit une enfant à qui les parents auraient exprimé le désir de s'en aller et ainsi, elle aurait exprimé son refus. Une enfant, une enfant te dis-tu alors que certainement elle a une ou deux années de plus que toi, alors que très certainement tu es celui qui est le plus enfant de vous deux. Mais ses paroles brisent de nouveau le silence et voilà qu'elle dessine des idées et des hypothèses dans les airs. Bouger ? Partir ? La quitter ? L'entraîner avec toi ? Tu ne sais que faire si ce n'est passer ta nuit à rêver, rien qu'un peu, encore et voilà que tu es venu prendre place à côté d'elle. A quand remonte la dernière fois que tu t'es allongé sur le sol comme ça ? Alors tu as doucement, gentiment, comme si tu n'avais plus envie de déranger les étoiles qui dorment, demandé ; « Tu savais qu'on pouvait partir très loin sans bouger d'ici ? » et c'était ta façon de dire que toi non plus, tu n'avais pas envie de partir, tu n'avais pas envie de bouger. Tu as alors tendu ton doigt vers le ciel, un sourire aux lèvres, et montré quelques étoiles sans savoir si elle le verrait ; « Là, y a Cassiopée, la constellation du poisson, de Pégase, d'Andromède... » et tu sais qu'elle ne verrait peut-être pas la moitié des constellations que tu essayes de lui montrer mais étaler ta science de temps en temps, ce n'est pas trop mal n'est-ce pas, et tu rigoles un peu ; « J'adore les étoiles. » expliques-tu avant même qu'elle ne pose la question ; « J'viens ici, souvent, pour les voir. Le ciel est dégagé et personne ne vient te déranger mais... C'est vrai que je ne l'avais pas fait depuis un moment... » depuis la mort de Camille, n'est-ce pas ? Et voilà son fantôme qui revient toujours autour de vous, doucement, virevoltant, comme s'il était vraiment là, peut-elle sentir la lourdeur de ton fardeau ? « Je m'emporte. » as-tu soufflé comme une excuse, comme s'il y avait de quoi t'en vouloir. Et soudainement intéressé, t'as quitté ta contemplation du ciel pour la regarder elle, et les étoiles brillent dans ses yeux, brillent sur sa peau et ça te fait légèrement sourire -qui a dit que le soleil était le seul astre à faire briller ? « Dis, dis, c'est quoi ton signe astrologique ? » à défaut de connaître son prénom, peut-être peux-tu cerner quelques traits de sa personnalité que tu n'aurais pas encore vu ? Et tu te dis que c'est un peu enfantin comme question, t'es un peu idiot de croire en ce genre de choses alors tu te rattrapes un peu vite, comme si tu avais trébuché ; « Juste par curiosité hein.. » Juste par curiosité, bien sûr.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mar 2 Aoû - 10:39


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Il s’allonge. J’essaye de garder ça pour moi mais je suis soulagée de ne pas avoir à rester seule -ou plutôt de ne pas avoir à redevenir seule, de me faire délaissée encore une fois. Ce n’est certes pas comparable mais ça reste blessant et je me connais trop bien. Comme toujours, je suis le problème des triturations de mon esprit. A la place de la « non réflexion saine et normale pour tous », des séries d’interrogations et de remises en question se seraient invitées dans ma tête. Du coup, j’aurais très certainement passé le reste de la soirée à me demander ce qui cloche chez moi, la raison qui l’aurait fait fuir. « Est-ce qu’il est parti à cause de ce que j’ai dit ? De ce que je n’ai pas dit ? De ce que j’ai fait ? De ce à quoi je ressemble ou ne ressemble pas ? ». Je sais que je suis ridicule, mais je ne peux pas m’en empêcher. C’est comme se regarder dans un miroir lorsqu’on se fait du mal sans être capable d’agir pour se sauver. On voit une autre personne dans le matériau froid prendre le dessus sur notre corps et notre esprit. La distance entre ces deux réalités conduit à une autodestruction externe, en voilà quelque chose de paradoxal.

Un bref coup d’œil et je constate qu’il est toujours là à côté de moi. Je suis presque surprise. S’il m’avait entendu réfléchir, il serait peut-être parti pour de bon en se disant que je suis bien trop bizarre et que ça fait un peu flipper. Mais je décide de limiter l’autolyse pour ce soir afin de ne pas gâcher ma soirée.

Tu savais qu'on pouvait partir très loin sans bouger d'ici ?

J’ai envie de répondre « D’accord, emmène-moi alors ! » mais j’hésite et puis après j’ai l’impression qu’il est trop tard pour cette phrase, alors je me tais. Et je suis déçue d’avoir raté cette occasion. Je suis des yeux les courbes de son épaule, j’arrive jusqu’à son bras tendu en l’air qui me montrer des étoiles et des constellations que je connais mais que je ne regarde plus. Des nids d’étoiles que je ne prends plus le temps de regarder, un peu comme si nous formions un vieux couple eux et moi. On compte sur la présence de l’autre sans en profiter. Et puis un jour quelque chose vient à nous séparer et que le manque devient insoutenable. Je regrette presque de faire subir ça à ces astres lumineux. Je devrais les contempler plus souvent moi aussi. Depuis combien de temps je ne l’ai pas fait ? Des souvenirs surviennent. Je me revois 15 ans en arrière à la campagne avec mon père. On avait froid, le sol n’était pas confortable, mais la contemplation de la voie lactée était si délicieuse que nous restions stupidement dehors dans l’inconfort ; et quand petit à petit, nos yeux s’habituaient et nous offraient le privilège d’en voir plus, on se disait qu’on avait bien mérité ça. Puis arrive l’heure d’aller dormir, les draps des vacances, le sommeil léger de l’insouciance.

Je voyage avec lui dans la galaxie, je redécouvre peu à peu les formes que mon papa m’avait un jour apprises. Je me promets de ne pas pleurer en repensant à ces moments. Parce que je serais ridicule encore une fois et puis parce que ces souvenirs sont joyeux, parce que je dois arrêter de verser des larmes sans aucunes raisons. Je me tourne vers lui pour me reconcentrer sur autre chose, sur une réalité agréable et douce. Je me retrouve les prunelles dans les siennes car il avait déjà la tête tournée vers moi. Je sens mes joues rougir. J’espère que l’obscurité aura dissimulé cet instant de faiblesse que je préfère garder pour moi tant j’ai honte. Bon sang, je n’ai plus 13 ans quand même si ?

Il « s’emporte » comme il dit et semble s’en excuser. Moi je trouve qu’il aurait dû continuer et ne pas se couper dans son élan juste pour ça. Son emportement était vivant, sincère. Je veux le rassurer, lui faire comprendre qu’il n’a pas besoin de se justifier de s’être laisser aller.

Moi aussi j’adore les étoiles.

Dis, dis, c'est quoi ton signe astrologique ? Juste par curiosité hein..

Je réponds machinalement.

Cancer.

A peine j’ai fini de prononcer ce mot que je me demande ce que ça signifie. Je ne crois pas vraiment en ces choses-là, un peu parce que je suis cartésienne, un peu parce que je suis peureuse. C’est toujours bien plus facile de ne pas se fier au non tangible.

Et toi ?

Je lui retourne la question mais je ne pense pas que ça va m’apporter quoi que ce soit d’avoir la réponse, si ce n’est peut-être que j’aurais une indication sur les mois de l’année où je pourrais potentiellement avoir à lui fêter son anniversaire si on se revoit. Du coup, sans le formuler, j’ose espérer qu’il rebondira sur ma rhétorique et m’en apprendra un peu plus car je suis curieuse, faute d’être cultivée.

Un coup de vent et mes cheveux s’envolent, atterrissent sur mon visage. Comme je ne vois plus rien je les pousse à l’aide de mes doigts, sans chercher à remettre de l’ordre dans l’indiscipline générale. Dans mes gesticulations provoquées par ces circonvolutions capillaires, j’aperçois l’instrument de notre « rencontre » -un bien grand mot pour d si courts instants. Une idée me traverse l’esprit et, avant que mes neurones n’aient eu le temps de se connecter pour juger de l’adéquation de mes propos, elle me traverse aussi les lèvres :

Dis, tu pourrais m’apprendre à jouer du violon ?

Je n’ai pas utilisé « les mots magiques ». Je ne l’’ai pas fait exprès. Je n’ai pas tourné 7 fois ma langue dans ma bouche avant de parler -ça m’apprendra. Je préfère toutefois corriger mon impolitesse, je m’empresse de rajouter, comme si ça allait changer quelque chose à la réponse du jeune homme :

S’il te plait ?

Je le regarde encore mais je n’ai plus la force de fixer ses yeux. J’appréhende. Mes iris balayent son visage sans se poser sur un point en particulier. J’utilise cette technique d’évitement comme une lâche, car je n’assume pas vraiment ce que je viens de demander.

En échange…

En échange quoi ? Je n’ai pas grand-chose à lui proposer. Je n’ai pas grand-chose à offrir. Quand je pense à ça je me dis que c’est pathétique.

Je peux t’apprendre à faire des cookies ?

Toute ma valeur ajoutée en si peu de mots. J’ai honte. J’ai presque envie de rire de moi et de ma proposition en solde. Alors je lui souris sincèrement. L’offre n’est peut-être pas très alléchante mais tant pis. Si ça doit ne rester qu’une blague, ça aura au moins eu le mérite d’en être une presque bonne.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Jeu 4 Aoû - 21:25


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Cancer, te dit-elle, tu n'es pas surpris. Tu ne dirais pas qu'elle en a le caractère mais tu as bien l'impression que les points principaux sont là. Tu as perdu ton regard dans les étoiles, tu leur as souris, légèrement. Cancer, te dit-elle et ça ne t'étonne pas non plus que vous vous entendiez plutôt bien, comme ça, du premier coup. Tu as presque honte de dire que tu crois à ce genre de choses -mais pas l'astrologie que l'on peut voir dans les magasines, pas celle que les « mediums » disent prédire, non. Tu crois à celle des affinités quelconques et des caractères qui se décrivent dans les étoiles, en général. Elle te retourne la question, tu as un nouveau sourire. « Balance. » as-tu répondu, tu es balance. Ascendant et signe lunaire du Verseau. Tu ne t'étales pas vraiment sur le sujet et pourtant, tu rajoutes comme un peu dans le vide ; « Ca dit souvent que les balances et les cancers sont faits pour être proches... » et tu as légèrement rigolé. Tu as l'impression d'être l'une de ces bonnes femmes qui ont décidé qu'il était bien de faire le potin sur le dernier article d'astrologie sortie, et toi, tu as quoi aujourd'hui comme malheur, Ginette ?. Tu n'as pas vraiment regardé ce que l'on te prévoyait en ce jour mais tu es certain que ce n'était certainement pas ce type de rencontre. Une rencontre sans nom particulier, une simple confession au bout de la lune, la tête dans les étoiles, à marcher sur les nuages. Ca te va, tu n'es pas bien difficile, tu dois avouer ; il n'y a pas meilleur que le mystère et cette situation semble te plaire alors quoi faire de plus ? Tu ne chercheras plus vraiment à briser votre anonymat, cela se fera probablement seul au moment des embrassades, quand il va falloir se dire au revoir. Tu pourras, peut-être, avoir la chance de son prénom glissé dans le creux de ton oreille, qui sait ?

Elle brise de nouveau le silence et ses mots te surprennent très probablement. Tu n'es pas certain d'avoir compris, alors tu as pris appuie sur tes coudes pour te redresser, tu l'as regardée. Elle, le violon, le ciel, les alentours. Tu n'es pas sûr que ce soir une bonne idée, tu n'es pas certain qu'elle puisse jouer. Tu es idiot, bien sûr que non, elle ne pourra pas jouer. Le violon, ce n'est pas comme une guitare. Ce n'est pas trois accords pincés sur une corde et deux doigts qui permettront de faire sortir un son mélodieux ; même toi encore avec tes années d'expériences tu as par moment du mal à faire pleurer ton tendre objet, alors elle ? Pourtant, tu ne te sens pas le coeur à refuser. Parce qu'elle te dit s'il te plaît, peut-être, ou parce qu'elle a l'air sincère, vraie. Elle a croisé ton regard plusieurs fois avant de le détourner et tu voudrais qu'elle relève la tête, il n'y a rien de honteux dans ce qu'elle vient de demander mais peut-être est-ce ton air quelque peu perplexe, quelque peu sonné, choqué qui l'interpelle ? Il faut dire que tu ne t'attendais réellement pas à une telle question qui te secoue un peu ; la dernière personne a t'avoir demandé cela, ce fut Camille et il l'avait demandé parce que, bien qu'inscrit au conservatoire, il ne semblait pas capable d'apprendre avec quelqu'un d'autre que toi. Il se mettait là, sur le lit de ta chambre, il te regardait de ses grands yeux ronds et suivait le mouvement de ton archet sur les douces cordes de l'instrument bougon avant d'essayer de faire la même chose. Tu n'as jamais cherché à apprendre le violon à quelqu'un d'autre depuis, personne ne t'avait demandé tu dois avouer. Elle semble se débattre avec ses idées, elle semble ne pas trop quoi savoir échanger contre son apprentissage mais à vrai dire, même les cookies qu'elle te propose et qui te font rire sont bien vain quand il s'agit d'échange. Lui apprendre le violon, c'est lui apprendre ton langage, c'est lui apprendre comment tu t'exprimes, peut-être est-ce lui apprendre à te comprendre ? Tu as regardé la rivière en face de toi, peut-être pour être fort, peut-être pour empêcher les larmes menaçantes, peut-être parce que c'est ainsi que tu fuis toi aussi les responsabilités sous lesquelles elle veut te placer, pourtant tu parles bien plus vite que tu ne penses ; « C'est dur le violon, tu sais ? Et je ne suis pas vraiment un bon professeur, je n'ai jamais été doué pour enseigner... » tu n'as jamais été doué pour grand chose en général, de toute manière, n'est-ce pas ? Tu es venu te mettre en tailleur, récupérant l'étui du dit instrument que tu as ouvert. Tu l'as regardé ; depuis quand tu te le traînes, ce doux bijou ? Il est beau et tu te souviens encore des économies qui sont passées dedans. Quand tu était petit, tu détestais ça. Tu détestais que l'on te force à exploiter un dit don, que l'on te force à faire quelque chose que tu ne veux pas mais le temps passait et plus l'instrument semblait t'être indispensable ; comme une vision de toi et lui, vous ne faisiez plus qu'un et lorsque les cordes pleures c'est que ton coeur se serre.

« Je veux bien essayer, mais je ne sais comment faire... » elle abîmera certainement celui que tu tiens entre tes mains, mais n'est-ce pas ton métier que de les réparer. « Tu sais... La dernière personne à qui j'ai appris les bases, c'était mon petit frère. Ca remonte un peu... » et tu rigoles, légèrement. Le fantôme de Camille semblait bien présent ce soir, il semblait être avec toi et peut-être que la blonde en face de toi était une forme de ce passé qui refait surface. Tu lui as souris, tu lui as tendu l'instrument ; « Tu veux essayer maintenant ? Fais attention. » Tu le lui donnes, tu veux bien. Tu t'en fiches après tout, ce n'est pas ce qu'il manque les violons, à la boutique -mais tu avoueras que celui-là a une douceur et une valeur toute particulière ; « Il n'était pas très doué au début, mon p'tit frère j'veux dire. Moins qu'moi. Alors il venait souvent dans ma chambre pour regarder, tu sais, j'crois que c'est le meilleur des apprentissages. » mais tu supposes qu'elle ne veut pas se mettre si sérieusement que ça. Des fois, tu as un peu l'impression que parler de Camille te fait du bien, ça t'apaise. « Et pourtant, une fois qu'il maîtrisait la chose, il était tellement plus doué et gracieux que moi... J'ai continué à jouer pour lui, un peu. » Beaucoup. « Pour faire de la belle musique, n'importe laquelle, il faut un but, je pense. » et tu exposes ton point de vue alors que tu aides la blonde à se positionner sur l'instrument. Tu poses ses doigts, tu essayes en tout cas, dans un accord de base, le plus simple. « Tu n'as plus qu'à faire glisser l'archet sur les cordes. Comme ça... » et tu t'es mis en face d'elle, prenant la pose comme si tu tenais toi-même le morceau de bois, tu as essayé de mimer ce qu'elle devait faire -sans savoir si elle comprendra. Tu ne retiens pas un rire quand tu annonces ; « Le premier son est souvent une souffrance, ce qui suit est de l'agonie mais avant de savoir faire pleurer un violon, il faut savoir passer par la douleur. » Jouer du violon, c'est alors un peu comme faire son deuil, il faut savoir passer par chaque étape pour s'en sortir sans tracas.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Jeu 11 Aoû - 1:22


Humain
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Humain

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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive




Ça dit souvent que les balances et les cancers sont faits pour être proches...

Je suis bien obligée de le croire sur parole, c’est pas comme si j’avais les connaissances de vérifier ou de contester quoi que ce soit. Il aurait aussi pu dire ça pour être gentil que ça aurait été pareil dans mon esprit. Mais je ne peux pas penser qu’il a flairé l’ignorance en moi et qu’il en a profité pour… Etre gentil ? Généralement quand on ment, ce n’est pas pour être sympa si ? Ou alors je ne comprends décidément pas grand-chose aux autres, ce qui est possible aussi. Mais ne voyons pas le mal partout et arrêtons de m’auto-flageller. Il a l’air de s’y connaître plus que moi en tout cas. Ce n’est pas une grande surprise. Je ne peux pas vraiment dire que j’y connais quoi que ce soit. Et puis s’il a posé la question, c’est que la réponse doit l’intéresser ?

Du coup, éclairée de cette nouvelle information, je me pose de nouvelles questions. Des questions d’ordre métaphysique il en va de soi. Quoi d’autre ? Ha. Du genre « est-ce que notre rencontre était prédestinée par les astres ? » ; « Est-ce que c’est pas un peu risible comme question, est ce que ça fait pas un peu trop film à l’eau de rose pourave pour mères célibataires ? » ; « Est-ce que sous prétexte qu’on soit de signes complémentaires, sans le vouloir, il ne m’avait pas dégagé après mes applaudissements inopinés comme il aurait dû le faire en voyant ma tête de dépravée du maquillage ? ». Mais trêve de questions, vient le moment des réponses. Enfin de LA réponse, celle que je veux vraiment avoir et que j’attends. C’est pas que les préoccupations astrologiques ne m’intéressent pas mais… Je reconnais que j’ai un peu du mal à saisir jusqu’où va ce genre de pré-formatage astral et que ça court-circuite un peu mon esprit cartésien.

La réponse tant attendue ne me plait pas tellement. Je suis un peu déçue. Il semble réticent, les traits de son visage le trahissent. Ne serait-ce pas moi qui invente sa réaction ? Ce serait trop beau.

C'est dur le violon, tu sais ? Et je ne suis pas vraiment un bon professeur, je n'ai jamais été doué pour enseigner...

Il me confirme ce que je pensais. Qu’est-ce que c’est d’autre à part une bonne façon de me dire non ? Celle qui est polie, politiquement correcte. Alors j’encaisse mais je souffre un peu. Je m’en veux (est-ce que j’arriverais un jour à ne pas ressentir ça pendant plus de 30 minutes ?). Je me rends compte (trop tard) que je n’aurais pas dû lui demander ça.  J’ai envie de m’excuser, de partir en courant et de rentrer chez moi, pour une fois. J’ai envie de me cacher, je faire replay et de recommencer. Mais il continue en me parlant de son petit frère… Ce qui ne m’aide pas à aller mieux. Quelle idiote je suis ! Quelle prétention j’ai eu. Qu’est-ce qu’il m’est passé par la tête ? J’ai envie de m’enterrer vivante dans le sol et de ne plus en ressortir tant qu’il est encore là. Il aurait suffi de 2 mots de plus pourtant. J’aurais pu dire « un jour » ou « plus tard ». De cette façon, personne n’aurait été engagé puisque la date de péremption de la demande est infinie. J’ai tout gaché. Plus de légèreté. Plus de « cancer et balance ». Bravo Murphy. T’es très douée dans le genre, c’est un métier non ? C’est une seconde nature chez toi ou quoi ?

Il me tend son précieux instrument, je l’attrape aussi délicatement que je peux et pourtant je me trouve tellement brusque et gauche. J’espère qu’il ne l’a pas remarqué et que c’est (encore une fois) dans ma tête.

Vraisemblablement, son violon était en plus un objet de valeur. Il était évident que dans les mains d’une débutante il n’était pas sa place. Il devait avoir mal au cœur rien que de me voir les paumes sur le délicat bois lustré. Ce même bois qui me brule les mains tant je me sens délinquante de le toucher. Mais je le garde, parce qu’il a bien voulu jouer le jeu lui, et que je ne peux plus reculer. C’est trop tard pour réfléchir aux conséquences de l’instant. Et en plus il y met du sien. Il s’applique, prend sur lui et m’aide même à placer le violon correctement entre mon visage, mon épaule et mon bras. Je ne mérite pas tant, alors je suis gênée. Terriblement mal à l’aise. La sérénité n’aura pas duré longtemps. Il place mes doigts et me dit de me lancer. Ma main tremble, je suis stressée… Je ricane nerveusement. Qu’est-ce que ça serait si je jouais devant un public ? Je m’applique, j’imite son geste et le violon me répond. Je sursaute. Le son est tel qu’il l’avait décrit. Un peu nasillard, un peu lamentable. Le même violon qui tout à l’heure prononçait de magnifiques vocalises était devenu enroué dans mes mains.  Des mains inaptes, des mains de feignante qui n’a jamais pris le temps d’apprendre et de faire des efforts.

Je souris. Je suis contente ? Je ne sais pas trop. Je crois que le stress, l’envie de bien faire et le sentiment d’usurpation m’ont empêché d’en profiter. Et puis il y a la culpabilité, encore. La désolation de l’avoir encore replongé dans ses vieux démons, de lui avoir fait du mal. Doucement, je retire le violon de ma joue, puis de mon épaule. Et aussi doucement, dans des gestes quasi sacrés de délicatesse, je pose l’instrument sur les genoux du jeune homme.

Merci… Merci beaucoup.

Je souris, pour le remercier un peu plus. Mais je suis crispée. Je me demande si ça se voit. Surement que oui. Vu comment je suis douée pour dissimuler une crise de larmes, il ne faut pas trop s’attendre à du grand Molière pour ce qui est des crispations. Le truc, c’est que plus je le pense et moins je suis détendue. Je n’ai pas envie qu’il me voit comme ça.

Je n’ose pas reparler des cookies. Il ne m’a même pas répondu. J’étais donc si affligeante ? J’ai presque envie de bouder, mais ça n’aggraverait que mon cas, et je suis sûre qu’il n’a pas besoin de ça. Est-ce qu’on boude quand on a mon âge ? Non surement pas… Surtout avec un inconnu. Pourtant c’est si facile de bouder. Les enfants ont ce privilège et ne s’en rendent même pas compte. C’est du gâchis ! Enfin, je n’arrive pas à cacher ma déception… Alors plutôt que de lui montrer, je me retourne vivement et lance, histoire de changer de sujet :

Oh une étoile filante !

Qui clignote en rouge et qui ne file pas vraiment. Oui monsieur. C’est une nouvelle espèce d’étoile filante, très répandue surtout en période estivale. Sa lumière a attiré mon œil je n’y peux rien. De toute façon j’aurais très bien pu en voir une vraie juste à côté ! Mon doigt pointe dans sa direction mais l’espace est vaste, et c’est la saison. Est-ce que je me justifie là ? Je viens de mentir quand même ? Je soupire discrètement. Mon cas s’aggrave et ça continue :

Il faudrait faire un vœu…

Un vœu… Je repense à Neal et à son site à la con. Alors je rajoute directement :

Enfin les vœux. Quelle belle escroquerie !

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mar 16 Aoû - 23:16


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Monstre : Eikthyrnir Ω Hybride cerf à l'aura enchanteresse, aux bois majestueux et au regard perçant. Bête des dieux, il fut chanceux quant à sa malédiction et peut-être s'attire-t-il certaines foudres bien qu'il n'ait rien choisi. Causes de la transformation encore inconnues, les carottes font parties du lot des choses qu'il ne peut plus manger.
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Moonlight drive
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Le violon pleure. Il pleure si fort entre des doigts que tu ne sais pas quoi dire. Tu ne t'attendais en rien à un bruit qui se rapproche de ce que tu sais faire et quand tu repenses à tes durs débuts tu te dis que finalement, ce n'est peut-être pas si mal mais tu avoueras que l'entendre ainsi grincer des dents te fait un peu mal, d'une certaine manière tu as l'impression qu'il souffre. Et tu ne blâmeras Murphy pour rien de tout celà, parce que ce n'est pas de sa faute, parce qu'elle n'y est pour rien, elle, si le violon ne veut pas chanter. Ce n'est pas comme si elle savait jouait, ce n'est pas comme si tu lui avais appris la meilleure des techniques pour savoir jouer, ce n'est pas comme si elle était une surdouée. Elle aurait pu, peut-être, elle aurait pu te surprendre mais elle est comme toi. C'est une femme, un humain, une personne normale qui a foulée la Terre sans rien demander à personne. Elle n'a pa de super-pouvoirs, elle n'est pas hyper douée, hyper lucide. Et peut-être que c'est un peu se moquer de toi que de dire que vous êtes les mêmes -ou peut-être est-ce lui faire déshonneur ? parce que tu n'es pas normal, Judicaël, tu es bien loin d'être normal. Enfant d'homme te voilà devenu monstre parce que ton égoïsme d'humain n'a jamais été assouvi. Sauvez-le avais-tu dit et tu en pleures encore quand tu penses que ta superstition t'a perdu. Tu ne sais toujours pas pourquoi ce voeu n'a pas été exaucé et tu te dis que peut-être, c'est parce que Camille ne le voulait pas. Peut-être avait-il décidé de t'en vouloir, peut-être avait-il décidé de te faire payer pour cet accident qui lui a coûté la vie. Oh oui, tu te sens coupable pour la mort de ton frère et il y a de quoi, n'est-ce pas ? Banale histoire de l'un qui presse l'autre un jour de pluie, une voiture qui roulait bien trop vite et le corps inerte sur le bitume. Tu voudrais pleurer si fort son corps et pourtant, tu ne sais plus le faire. Murphy a pleuré pour toi, tout à l'heure. Murphy, elle a laissé échapper ces larmes que tu n'as jamais voulu montrer. Elle te les a montrées comme pour te dire que tu as le droit toi aussi de te montrer faible, si faible qu'il faille pleurer. Et peut-être que quand elle repose avec douceur le violon sur tes genoux, peut-être que quand elle sourit, peut-être que quand elle te dit merci comme elle le fait, elle te donne un peu envie de pleurer. Elle te rappelle que dans la vie, on ne peut pas être toujours fort, qu'il faut savoir accepter les autres, s'accepter soi-même, qu'il faut savoir rire de ses faiblesses mais les laisser pleurer. Murphy, elle t'apprend un peu la vie en l'espace de quelques instants, elle te montre à quel point on peut être humain et toi, t'as l'impression de le redevenir, ne serait-ce qu'un peu, que quelques instants et c'est un doux rêve éphémère que tu essayes d'effleurer du bout des doigts mais à peine tends-tu la main que ce rêve s'efface ; il n'est plus et tu resteras un monstre.

Tu observais le visage de la belle, tu te disais que tu ne méritais très certainement pas d'être là avec elle et pourtant, c'était le cas, quand soudain elle fit un mouvement brusque auquel tu ne t'y attendais pas. Elle s'exclame sur une étoile filante et peut-être que l'ambiance lourde l'avait menée à cette diversion. Tu te sens un peu coupable de ruiner ainsi votre entente ; est-ce seulement vraiment de ta faute ? Tu voudrais en sourire un peu, en rigoler parce que tu crois avoir compris que ce n'était qu'une diversion et pourtant tu as levé ton nez au ciel ; qui sait ? Peut-être que mère L'une se décidera à arrêter de polluer le ciel afin de laisser les étoiles briller. Cette diva qui vous inonde de la sa lumière ne semble pas décidée à disparaître et certainement qu'elle ne laissera sa place qu'au soleil sans en avoir trop le choix et tu l'imaginez déjà bouder l'autre Astre. Drole de couple qu'ils sont, tous les deux, à se courir l'un après l'autre sans jamais se rattraper, si peu souvent que lorsque celà arrive, l'exploit n'en est que plus merveilleux. La lune qui se fait aussi grande que le soleil, la lumière qui disparaît et votre monde plongé dans l'obscurité. Mais tu te perds et t'éloignes de la jeune femme avec ces pensées qui t'échappent. Elle te parle d'un voeu, tu ne dis rien et ton silence se dirige vers le ciel. Si seulement elle savait ce que les vieux t'ont fait, elle n'en parlerait très certainement pas si facilement. Tu te demandes si tu as eu de la chance, avec le tien de voeu, si certains sont devenus des monstres sanguinaires qui ont tué leurs familles ou d'autres choses du genre ; toi qui n'est devenu qu'un cerf innocent, majestueux presque -sans te vanter, dont l'aura est ce qu'il y a de plus tendre, tu ne sais pas s'il en est le cas des autres "monstres" que tu peux croiser -sans même savoir qu'ils le sont. Mais voilà qu'elle en rajoute une couche et qu'elle parle d'escroquerie. Tu ranges ton violon une nouvelle fois dans son étui tout en acquiesçant avec un sourire ; « Tu ne crois pas en les vœux ? Pourtant, l'Homme a tendance à y croire, à ce genre de choses. Tu sais, les vœux et tout, comme si ça allait vraiment se passer... » et tu as haussé les épaules légèrement avant de laisser échapper un petit rire ; « Moi j'y crois tu sais ? Tout le monde dit que je suis très superstitieux et ce ne doit pas être faux, mais j'y crois. Tu peux toujours souhaiter quelque chose mais plus que de se réaliser, je pense qu'un voeu marche un peu comme.... Un prêté pour un rendu ? » Et tu ne sais pas si elle suit vraiment ce que tu veux dire, si elle comprend. Certainement, elle n'est pas idiote. « Tu me diras que c'est un peu comme ça que tout marche dans la vie, n'est-ce pas ? Tu donnes pour recevoir. Faire un voeu revient peut-être au même ? Et quand tu ne donnes pas assez... Tu es puni. S'il est réussi, peut-être se passe-t-il quelque chose dans ta vie ? En contrepartie. » Et tu as un peu rigolé ; « Je te dis ça tu sais, mais je suis tout de même premier à faire un voeu quand je vois Ike étoile volante ou autre chose que l'homme a désigné comme portebonnehur ! » Et tu rigoles un peu parce que finalement, celà prouve ton idiotie. « Allez. Ferme les yeux et fais un voeu ! N'importe ! Tu ne peux pas manquer une occasion comme ça. » et doucement tu rigoles ; jamais tu ne l'aurais poussé à faire un vrai voeu, il n'y a qu'à voir ton enfer, et tu en pleures encore les restes.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Ven 2 Sep - 4:25


Humain
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Allons bon. Il croyait aux vœux. Est-ce une espèce de double de Neal que j’ai en face de moi ou c’est mon cerveau qui ne tourne pas rond ? Tout le monde sur cette fichue planète trouvait donc normal de demander quelque chose à on ne sait pas vraiment qui ou quoi et d’espérer que ça marche ? Le « quoi » étant pour certains un site internet pourri dont personne ne sait l’origine et qui sert à nourrir les histoires des adolescents pour halloween. Non je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire. Je ne veux pas me retrouver à être la seule démente parmi les  croyants. Non, certainement pas. Je préfère nier. Tout. Et rejeter l’aliénation sur eux (une des premières étapes de la folie chronique, paradoxalement). Comment j’ai pu douter une seule seconde de la non-véracité de l’histoire. Depuis quand on meurt parce qu’on écrit un souhait sur internet. Je veux dire, si c’était vrai, ils en parleraient à la télé… J’EN AURAIS DÉJÀ PARLE A LA TÉLÉ ! Je serais au courant quand même ! Et si les gens mourraient à cause de ça… Il y aurait des morts inexpliqués à tout bout de champs. Des adolescents qui crèveraient à ne plus savoir où les enterrer non ? Je suis idiote. J’aimerais faire un vœu sur ce site finalement. J’aimerais savoir si je suis normale et si je ne suis pas quelque chose comme une espèce en voie de disparition à ne croire et faire confiance en rien (même pas en moi-même). C’est quand même dingue. En tout cas si c’est lui qui commence à me parler de ce site je crois que je ne tiendrais pas. Mes nerfs vont lâcher. Je vais me mettre à rire, à pleurer ou à je ne sais pas quoi… Mais certainement pas quelque chose de digne ou normal. Il parle de prêté pour un rendu. Je ne vois même pas ce que j’ai à prêter. Ma dignité ? N’est-elle déjà pas en location chez quelqu’un d’autre avec les conneries qui sortent à la vitesse de la lumière de ma bouche ? Et si comme moi, on a rien a prêté, on a rien à recevoir non plus alors. Je suis donc condamnée à être la laissée pour compte de la vie ? Mon problème c’était ça  alors: La pauvreté de mon âme improductive.

Pour ce qui est de la « vie » avec un grand V, je suis d’accord avec lui. Mais j’envisage plus ça comme une vision bouddhiste (vive les échéances à long termes) pour me laisser dans un état d’esprit stable que comme une histoire de demande en ligne. Je pense à mon karma quand j’ai envie de faire quelque chose de « mal » et ça réussi plutôt bien à refreiner mes envies de délinquante du bac à sable. En tout cas, il semble bien productif en parole sur le sujet –est ce qu’il a déjà été aussi bavard depuis qu’on s’est rencontré ?-. Contrairement à moi, il n’y a pas de rancœur dans sa voix quand il parle de vœux… Et si j’ai bien compris son point de vu… Qu’est ce que je devais faire pour limiter la casse dans ma situation ?

Je n’allais quand même pas VRAIMENT faire un vœu… Le seul vœu que je pouvais faire à l’heure actuelle c’était d’effacer les dernières minutes pour soulager mon karma. Je suis déjà en train d’imaginer les 150 années de malheur qui vont me tomber sur la tronche si je fais ça sans réellement avoir vu d’étoile filante. Le solde des points qu’on cumule peut être négatif ?  Mentir, encore ? Le mensonge entraine le mensonge. Et avec tout ça, je suis pas prête d’en gagner des points pour faire des vœux. Je ferme les yeux. Ma culpabilité me brule les paupières. Je me sens si honteuse et hypocrite… Alors je pose mes prunelles dans celles du jeune homme et je décide de la jouer honnête, « au cas où ».

C’est pas un peu tard ? Et puis c’était peut être juste un satellite après tout… Je sais pas vraiment. J’ai surement rêvé…

Bon OK. Mon honnêteté à ses limites - à savoir ma lâcheté. Je n’allais quand même pas avouer que j’avais menti pour me détourner d’une situation où j’étais mal à l’aise… Encore que ? Qu’est-ce que j’avais à perdre. S’il fallait gagner des points pour rattraper mes précédentes gourdes, c’était maintenant ou jamais.

En fait pour être franche… Je n’ai pas vu d’étoile filante… Désolée. Je voulais juste changer de sujet car je m’en voulais de t’avoir mis mal à l’aise avec cette histoire de violon.

Je ne peux plus le regarder mais je continue de parler, comme si la vérité devait s’accompagner d’un flux de parole assez important pour la faire passer convenablement. La sincérité, ce gâteau trop sec qu’on essaye tant bien que mal d’avaler à l’aide de wagons-citerne d’eau.

C’est que je ne voulais pas te blesser tu comprends. J’ai juste dit ça comme ça et… Je n’ai pas mesuré ma bêtise au moment où je l’ai dite tu vois…

Je fais une pause pour soupirer, fatiguée de moi-même.

Alors si tu ne m’en veux pas trop… Je ne vais pas faire de vœu et je te prie d’accepter mes excuses pour avoir menti et t’avoir embêté avec le violon.

J’hésite à me lever et partir sur ces paroles. Je ne sais pas très bien si nos échanges pourront être « normaux » après ça.

Si tu as envie que je parte, je comprendrais… Et même toi… Enfin je veux dire, il fait pas très chaud alors bon faudrait peut-être qu’on tarde pas trop si on veut pas attraper froid et tout…

J’ai l’impression d’être une personne entièrement différente. Est-ce que je suis devenue schizophrène ? Pas besoin d’avoir un doctorat en psychologie pour remarquer que j’ai perdu le self contrôle que j’avais (ou pas) avant.
Je me mordille la lèvre, anxieuse, prête à sauter et à me remettre sur mes pattes au moindre de ses mots. Car au moins, pour déguerpir, j’étais douée.

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MessageSujet : Re: The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy
Mer 7 Sep - 11:41


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the colourama in your eyes

       

Elle t'a menti. C'est ce qu'elle avoue, là, n'est-ce pas ? Elle dit qu'elle n'a pas pas vu d'étoile filante et toi tu as laissé tes yeux se reposer sur le ciel après avoir haussé tes sourcils, puis les épaules. Tu n'es pas déçu, ni même choqué, tu n'es rien de tout ça et l'impassibilité de ton visage traduit peut-être l'indifférence de ton cœur. A vrai dire, tu ne sais pas trop si tu dois bien le prendre ou non et tu te dis que si tu commences à mal prendre ce genre de choses, il en est fini de cette drôle de rencontre nocturne et hors de question d'y mettre fin comme ça, sur une mauvaise note -une fausse note. Et elle se justifie encore, elle a fait ça parce qu'elle t'a mis mal à l'aise. Alors c'est de ta faute ? C'est parce que tu as semblé mal quelques instants, c'est parce que tu t'es posé un peu trop de questions ? Et tu as laissé encore tes yeux dans les étoiles, dans esprit dans les nuages. Tu t'excuserais bien mais les mots ne semblent pas vouloir faire leu trajet jusqu'à tes lèvres, non, ils ont en marre un peu de se frayer un chemin ici et là alors qu'il n'y a pas à le faire ; il n'y a pas à t'excuser parce qu'elle a raison. Tu t'es peut-être senti un peu mal à l'aise mais, à vrai dire, c'est un peu plus que ça, du genre triste. Abattu. Tu l'es depuis son arrivée, de toute manière et si elle avait réussi à alléger ton humeur il est vrai qu'essayer de lui enseigner deux trois trucs sur ton bel instrument avait ravivé des souvenirs encore brûlant sur lesquels tu ne savais tirer un trait -et il n'est pas toujours agréable que tu te souviennes d'une chose ou d'une autre, parce que tu as ce drôle de sentiment qui serre ton cœur, parce qu'il y a Camille un peu partout, dans chacun d'eux ; et c'est même lui dont tu t'es souvenu alors que le bruit grinçant du violon entre les doigts de la blonde avait raisonné entre les murs du monde. Mais tu ne veux pas qu'elle s'en veuille, tu ne veux pas qu'elle se blâme, tu ne veux pas qu'elle dise quoi que ce soit de ce genre parce que ce n'est pas sa faute, oh non, c'est bien loin d'être sa faute et tu voudrais le lui faire comprendre, parce que Dieu, on ne peut pas se sentir coupable de tout. Oui, tu aimerais lui faire comprendre, mais tu restes muet et c'est elle qui parle à ta place.

Elle s'excuse encore, elle s'excuse de tout et tu as presque l'impression qu'elle s'excuse de cette soirée et tu ne veux pas, oh non, tu ne veux pas qu'elle s'excuse ainsi pour des choses qui ne sont pas vraiment vraies, pour des choses que toi tu ne regrettes pas, pour des choses qui ne t'ont pas dérangé ; c'est la vie, n'est-ce pas, que de se faire déranger, ronger par les fantômes du passé ? Et si le tien est bien trop présent, elle ne peut pas le savoir, parce que tu ne lui as pas dit, non, pas comme ça et tu te rends compte que tu aurais pu être un peu plus bavard, que tu aurais pu continuer à raconter ne serait-ce que quelques bribes de ta vie mais que peux-tu faire maintenant ? Les dés sont jetés, Destinée a l'air de s'amuser et Murphy semble de nouveau au bord des larmes -ou bien est-ce toi qui semble prêt à te mettre à te pleurer ? Tu ne veux pas qu'elle s'en veuille, non et tu ne veux pas non plus qu'elle pense que tu lui en veuilles parce que ce n'est pas le cas, oh non, bien loin de là alors, tu as peut-être un petit sourire taquin sur tes lèvres quand tu as baissé les yeux sur elle et tu as un peu secoué la tête de droite à gauche comme pour lui dire « non », non je ne te pardonne pas, non t'excuses pas, on ne sait pas, tout est encore un peu flou et il n'y a que toi qui est au courant de ce qui se passe là-haut. Et alors tu as tendu le bras et comme tu aurais attrapé Camille par les épaules, tu la tiens avec une certaine doucement tout de même et tu as noué là ton bras autour de son cou alors que l'autre est venu sans ménagement sur le haut de son crâne pour frotter de son poing fermé la touffe de cheveux qui se trouvait là -et oh oui, tu sais que ce n'est pas très agréable, tu sais que ce n'est pas vraiment ce que l'on fait à une fille mais ça te fait rire et si ça te fait rire, c'est très probablement tout ce qui t'importe, n'est-ce pas ?

« Ecoute, tu n'as pas à t'excuser pour ça, ni même pour quoi qu'ce soit, ok ? J'peux comprendre que tu aies eu envie de changer de sujet et c'un peu ma faute aussi, hm ? Je savais que ça ne me ferait pas que du bien et j'ai dit oui quand même, parce que j'pensais te faire plaisir et au final, j'ai plus l'impression de t'avoir fait paniquer qu'autre chose. » Et tu rigoles un peu, bien que ce ne soit pas drôle, et tu rigoles un peu comme pour détendre l'atmosphère alors que tu desserres ton étreinte, ton bras toujours sur les épaules de la blonde. « Alors sache que tu ne m'as aucunement embêté, parce que ça ne m'embête jamais, ça me fait même plaisir, j'aime bien quand les gens s'intéressent mais il est vrai que ce soir... Je n'étais pas très bien, mais... Tu es arrivé et c'est allé mieux ? » que tu dis alors dans une sorte de révélation et tu as haussé les épaules, légèrement ; « Je ne m'attendais pas à rencontrer quelqu'un ce soir, vraiment pas et je pensais que les seules personnes qui me parleraient seraient celles qui m'auraient dit de faire taire mon satané violon parce que c'est casse-couille quand même, tu vois ? » tu rigoles alors une nouvelle fois -parce que tu ne fais que dire la vérité. Et tu as encore une fois haussé les épaules ; « J'ai pas vraiment envie que tu t'en ailles, ni même de partir, j'suis bien ici là, comme ça, j'sais pas.. J'suis détendu mais.. Tu as l'air d'avoir eu une dure journée, tu sais ? Et je comprendrais que tu veuilles me laisser. » tu souris légèrement, c'est à elle que tu souris, c'est aux étoiles que tu souris et tu ne sais pas trop pourquoi tu souris ; ce n'est pas comme s'il était joyeux de ce séparer, n'est-ce pas ? Et tu dis alors ; « De toute manière, on doit se revoir, non ? C'est toi qui a mon pull. » et voilà que tu pouffes doucement.

(c) khάη

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The colouroma in your eyes, it takes me on a moonlight drive Ω Ft. Murphy

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